
Dévoilée il y a maintenant 2 ans par Nvidia, la technologie G-Sync Pulsar s’est décidément fait attendre. Nouvelle évolution de sa norme G-Sync, celle-ci promet une clarté de mouvement proche des 1000 Hz dans certains cas, avec une cible de joueurs cependant bien précise.
Après l’avoir expérimentée lors de différents salons, lors de sessions malheureusement trop courtes pour se faire un avis définitif, nous avons enfin pu la tester en longueur sur l’un des premiers modèles G-Sync Pulsar.
Voici nos impressions de la technologie sur l’écran AOC AGON PRO AG276QSG2, un modèle LCD à 360 Hz pleinement compatible avec la technologie de Nvidia.
C’est quoi le problème avec les écrans LCD ?
La technologie G-Sync est la solution de rafraîchissement variable (VRR) de Nvidia. La fréquence de votre écran s’adapte à la fréquence d’images de votre jeu, afin d’éviter tout phénomène de déchirement de l’image. Que vous soyez à 60 FPS ou 180, un écran compatible G-Sync se synchronisera sur toutes les variations de framerate.
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Alors que sa technologie VRR permet de proposer une expérience visuelle plus propre, mais aussi plus robuste en cas de grosse fluctuation de performances, G-Sync Pulsar répond à un autre besoin. La technologie veut gommer l’un des défauts inhérents à l’affichage LCD et Oled : le flou de de mouvement.

Ce flou autour des objets en mouvement est causé par deux facteurs sur un écran LCD : la lenteur relative des transitions de cristaux liquidess et la persistance de l’image sur la rétine pendant que l’œil suit un mouvement.
Plus précisément, alors que le rétroéclairage est allumé en permanence, l’image affichée reste fixe pendant toute la durée d’une image. C’est ce qu’on appelle la méthode sample and hold, utilisée aussi bien sur les écrans LCD que les modèles Oled. Lorsque l’image suivante est affichée, les résidus de l’image précédente sont perçus comme un flou de mouvement par l’œil humain.

Pour palier à ce problème, les constructeurs d’écran ont depuis bien des années proposé des solutions basées sur la « pulsation » de rétroéclairage, en intercalant notamment une image noire avec une image classique (principe de la Black Frame Insertion de certains modèles).

Cela permet notamment de « laver » la rétine d’une éventuelle image rémanente pour repartir sur de bonnes bases. Problème, ces solutions de « Backlight Strobing » viennent bien souvent avec leurs limitations et notamment l’impossibilité d’activer le rafraîchissement variable. G-Sync Pulsar vise exactement à résoudre ce problème.
Le fonctionnement de G-Sync Pulsar
En réalité, Nvidia avait lui-même proposé sa propre technologie de Backlight Strobing avec l’ULMB / ULMB 2 (pour Ultra Low Motion Blur) sur certains écrans compétitifs. G-Sync Pulsar arrive comme une évolution, ou tout du moins une alternative plus moderne et permissive.
La technologie se base sur trois techniques interdépendantes qui fonctionnent de concert pour proposer une clarté d’image bien supérieure sur un écran LCD.
La première c’est le balayage progressif (ou rolling scan). Lors du rendu d’une image, le balayage se fait de haut en bas, alors que chaque ligne de pixels se dessine à très grande vitesse. Avec G-Sync Pulsar, L’écran est divisé en plusieurs sections horizontales que le rétroéclairage peut éclairer indépendamment. Chaque section est « pulsée » à une vitesse constante, juste avant que les pixels de l’écran LCD ne soient mis à jour pour l’image suivante.
Pour contrer le scintillement lié à la variation de la fréquence d’images par seconde, Pulsar va ajouter une brève impulsion secondaire à chaque segment de l’écran, mais seulement lorsque le taux de rafraîchissement varie. En théorie, cette impulsion supplémentaire permet de déplacer ce scintillement en dehors de la perception humaine.
Enfin, tous les écrans G-Sync Pulsar sont équipés de la fonctionnalité d’Overdrive Variable, qui ajuste le stress sur les cristaux liquide pour accélérer leur transition vers un autre état (couleur / luminosité). Ici, le réglage s’adapte à votre fréquence de rafraîchissement et s’applique section par section pour assurer une clarté de mouvement optimale dans chaque situation.

Selon Nvidia, G-Sync Pulsar divise par 4 le temps de persistance rétinienne d’image et donc, multiplie par quatre la clarté de mouvement ressentie. En théorie, l’écran 360 Hz que nous testons pourrait dépasser les 1000 Hz en ressenti une fois la fonctionnalité activée.
Et une fois en jeu, ça donne quoi ?
L’écran AOC AG276QSG2 que nous testons est un modèle 360 Hz qui bénéficie d’une fluidité ultra confortable. Tester G-Sync Pulsar sur un tel écran nous confirme que la technologie s’adresse avant tout à une cible de joueurs compétitifs à l’œil vif et exigeant.
Je l’ai personnellement testé pendant plusieurs longues sessions de jeu sur trois titres : Overwatch 2, que je pratique depuis 2016 (et qui revient en grâce en ce mois de février), Counter-Strike 2 et enfin, un jeu de gestion, Anno 117. S’il est logique de tester Pulsar sur des jeux compétitifs, la technologie peut aussi être bénéfique sur des jeux aux scènes relativement complexes et aux mouvements de caméras dynamiques.

Entendez que vous n’en verrez pas forcément les bénéfices sur un jeu solo et immersif, mais les « fast FPS » ne sont pas les seuls typologies de jeu qui pourront en bénéficier.
J’ai ainsi joué une petite heure sans G-Sync Pulsar à ces trois titres, histoire de familiariser mon œil avec les 360 Hz. Si je teste ponctuellement des modèles aussi rapides, mon écran principal ne dépasse par les 165 Hz. Et il faut dire qu’avec cet écran AOC, le confort visuel offert par sa clarté de mouvement naturelle est déjà ultra satisfaisant.
La dalle de cet AOC est en effet excellente au niveau de ses temps de réponse : entre 1 et 3 ms. Et au-delà des 360 Hz, vous entrez sur le terrain des « rendements décroissants » : plus vous augmentez en fréquence, plus le bénéfice est difficile à percevoir.
En activant G-Sync Pulsar via le menu de l’écran, la dalle affiche un écran noir pendant quelques secondes, sans changer quoi que ce soit au contenu affiché. La dalle adopte alors son réglage le plus lumineux à 500 cd/m², qu’il sera possible de régler ensuite.
Les tests sur Overwatch 2, CS2 et Anno 117
Avec 10 ans de recul sur le gameplay d’Overwatch, le moindre petit gain de confort me saute aux yeux. Ici, je peux dire que Pulsar apporte une clarté visuelle indéniable, même à 360 Hz, mais qu’elle vient comme un bonus plutôt qu’un correctif majeur.
Même son de cloche pour Counter-Strike 2 qui, malgré son gameplay moins chaotique, bénéficie aussi d’une technologie comme Pulsar. À plus de 600 FPS, tout en restant en 360 Hz, la technologie apporte un confort bienvenu en plus de l’input lag quasi inexistant.

Sur un jeu comme Anno 117, aux décors denses et détaillés ainsi qu’aux travellings parfois complexes, on peut aussi y voir ici quelques points positifs. Naviguer sur une carte n’occasionne plus le moindre flou de mouvement, notamment pour des villes complexes.
S’il nous est possible de tester les temps de réponse de l’écran dans ses réglages de base (entre 1 et 3 ms), il nous est pour l’instant impossible de tester synthétiquement cette clarté de mouvement sans matériel supplémentaire.
G-Sync Pulsar adopte en effet un réglage d’overdrive variable, ce qui rend impossible la captation du temps de réponse à différentes fréquences.
Quid des fréquences inférieures ?
De base, G-Sync Pulsar se désactive au-dessous des 90 images par seconde (ou 90 Hz), avec un réglage possible à 75 images par seconde. Nvidia affirme qu’à des fréquences aussi « basses », on peut percevoir un scintillement dû à la pulsation du rétroéclairage qui se ferait trop sentir.
Nous avons testé l’écran à 240, 120 et même 100 Hz. À 240 Hz, l’expérience reste comparable à 360 Hz, avec une fluidité et un ressenti très légèrement inférieur. C’est surtout quand on avoisine les 100 images par secondes que l’apport de G-Sync Pulsar est indéniable.
Attention, vous ne gagnerez pas en fluidité avec activant Pulsar, c’est le travail de la fréquence de raffraichissement. Mais en gardant le ressenti du 120 Hz, la différence apportée par G-Sync Pulsar est bien plus flagrante. Les éléments les plus dynamiques (texte, personnages, effets) n’occasionnent plus de flou de mouvement pour un meilleur confort visuel global.
C’est je pense sur ce segment que la technologie de Nvidia sera le plus utile pour le reste du public, et non sur des dalles 360 Hz. Mais encore ici, il faudra avoir l’œil suffisamment affûté pour en apprécier l’offre.
Pour l’Oled, passez votre chemin
G-Sync Pulsar est une technologie qui se base entièrement sur la pulsation du rétroéclairage d’une dalle LCD. Or, les pixels des dalles Oled émettent eux-mêmes leur propre luminosité, sans le moindre rétroéclairage.
Si vous « éteignez » ces pixels, alors vous coupez littéralement la luminosité par deux (ou plus). Sur les écrans LCD, l’assombrissement causé par ce strobing peut être compensé d’une manière : la dalle peut surcharger temporairement le rétroéclairage pour que l’image reste lumineuse à l’œil humain.
Les écrans Oled fonctionnent eux aussi sur la base du sample and hold et pourraient eux aussi bénéficier d’une technologie comme G-Sync Pulsar. Mais leurs temps de réponse quasi instantané est déjà une force en soi et ce à n’importe quel fréquence de raffraichissement.
S’ils peuvent se reposer sur la fonctionnalité Black Frame Insertion que nous évoquions plus haut, celle-ci reste incompatible avec la moindre solution de rafraîchissement variable.
Une technologie prometteuse, mais pas pour tout le monde
Après de nombreuses heures de test, les qualités de G-Sync Pulsar sont bien là : meilleur clarté de mouvement et meilleure lisibilité, à la fois sur des FPS nerveux mais aussi des jeux de gestion. Un constat qui n’est cependant pas si flagrant à très haute fréquence, tout simplement parce que ce niveau de performance s’adresse à la niche des joueurs compétitifs.
G-Sync Pulsar corrige une vraie limitation des écrans LCD et donc à un besoin d’une bonne partie des joueurs. Si vous vous estimez sensible au moindre avantage visuel que peut vous apporter un écran, spécifiquement sur les phénomènes de flous et de ghosting, alors Pulsar saura vous convaincre.
Mais il se peut aussi que vous ne soyez pas dans la cible de Nvidia. S’il est aisément possible de relever les différences une fois G-Sync Pulsar activé sur deux écrans côte à côte, elles sont moins flagrantes une fois en jeu.
On espère sincèrement que Pulsar devienne un standard pour les écrans LCD compétitifs à l’avenir et qu’elle s’invite sur d’autres types de dalles comme le Mini-Led ou même l’Oled.
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