8 millions d’utilisateurs et 10e application la plus téléchargée : Revolut cartonne en France

Le géant sans licence

 
Revolut revendique 8 millions de clients en France et vise les 10 millions fin 2027. Derrière les records de croissance, une vraie ambition pour la néobanque : obtenir une licence bancaire française.
© Revolut

Un million de nouveaux clients en six mois. C’est le rythme affiché par Revolut, qui annonce ce 8 juillet avoir franchi la barre des 8 millions de clients en France. La barre des 7 millions n’a été dépassée qu’en janvier, ce qui donne une idée de l’accélération. La néobanque britannique en profite pour repréciser son objectif : 10 millions de clients français d’ici fin 2027.

La France est le marché qui pousse le plus vite parmi la quarantaine de pays où opère l’entreprise. Sur les trois derniers mois, Revolut dit avoir séduit plus de 500 000 nouveaux utilisateurs. Un chiffre qui parle davantage : sur le premier semestre 2026, l’application financière a été la plus téléchargée de France, devant Wero, PayPal et Impots.gouv. Toutes catégories confondues, elle pointe même à la 10e place, devant TikTok, Instagram ou WhatsApp.

Clients réguliers ou usage ponctuel : les deux profils progressent

Ce carton s’explique en bonne partie par le type d’usage. Beaucoup ouvrent un compte Revolut pour un besoin précis : payer sans frais à l’étranger, changer des devises au taux du marché, ou se rembourser entre amis. C’est ce qui fait grimper les téléchargements : une appli qu’on installe pour un voyage, une soirée ou un achat en ligne. En parallèle, une partie des clients pousse l’usage plus loin, en y logeant une épargne ou en testant le trading et la gestion budgétaire intégrée.

Reste que ces deux profils cohabitent avec une limite bien réelle. Pour une large majorité de ses clients français, Revolut demeure une banque secondaire : on y met un peu d’argent, rarement tout son salaire et toute son épargne. La raison est technique mais lourde de conséquences. La banque opère en France via sa licence bancaire lituanienne, pas française. Un IBAN qui commence par FR ne veut donc pas dire agrément français. La demande de licence, déposée auprès de l’ACPR, le gendarme du secteur, est toujours en cours d’instruction.

Un siège à Paris et un milliard d’euros sur la table

Pour changer de statut, Revolut muscle son ancrage français. La néobanque installe son siège Europe de l’Ouest à Paris, entre la Bourse et le Sentier, avec une ouverture prévue début 2027. À la clé : 400 emplois en France sur les 600 prévus pour la région, et un investissement de 1,1 milliard d’euros d’ici 2030. Près de 300 postes ont déjà été pourvus. Pour diriger l’ensemble, l’entreprise a recruté Béatrice Cossa-Dumurgier comme directrice générale Europe de l’Ouest et Frédéric Oudéa, l’ancien patron de la Société Générale, comme président.

Avec cette licence française, Revolut pourrait enfin proposer des produits taillés pour le marché local, comme le PEA. De quoi jouer sur le même terrain que les banques classiques. En attendant, l’app reste un excellent compte d’appoint pour vos paiements à l’étranger et vos remboursements entre amis. Pour y domicilier tout votre argent, mieux vaut patienter que l’agrément tombe.


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