Razer a passé ces dernières années à parfaire sa formule à un point qui faisait qu’elle était essentiellement imbattable. Non pas qu’elle n’avait pas ses problèmes, mais surtout qu’elle offrait parfaitement ce que l’on attendait de la marque de bout en bout, sans mauvaise surprise.
Des années rafraîchissantes pour un constructeur qui a souvent lutté contre des petits problèmes de chauffe ou de durabilité çà et là. Mais hélas, avec le Razer Blade 16 de 2026, nous avons le sentiment que la marque a fait un pas en arrière sur le point le plus amélioré de sa carrière jusque là.
Fiche technique
| Modèle | Razer Blade 16 (2026) |
|---|---|
| Taille de l’écran | 16 pouces |
| Définition | 2560 x 1600 pixels |
| Technologie d’affichage | OLED |
| Processeur (CPU) | Core Ultra 9 386H |
| Puce graphique (GPU) | NVIDIA GeForce RTX 5090 |
| Mémoire vive (RAM) | 64 Go |
| Mémoire interne | 2048 Go |
| Apparence | Metal |
| Système d’exploitation (OS) | Microsoft Windows 11 |
| Poids | 2100 grammes |
| Hauteur | 14,9 mm |
| Fiche produit |
La machine est prêtée par Razer pour ce test.
Design
Vous connaissez les Razer Blade ? Vous connaissez ce Razer Blade 16. La formule de design du constructeur aux trois serpents n’évolue toujours pas, et c’est tant mieux. Comme Apple, dont il s’inspire librement depuis la création de sa partie PC portable, le constructeur « par les joueurs pour les joueurs » offre avant tout la prévisibilité d’un châssis superbement bien construit et d’un portable terriblement bien fini.

Toujours ce châssis métallique aux contours arrondis et à la qualité de fabrication indéniable. Toujours cette épaisseur et ce poids relativement maîtrisé pour sa configuration puissante, à 1,74 millimètre pour 2,14 kilogrammes. Il n’y a plus grand-chose à dire sur ces PC noir de jais dont le charisme n’est plus à prouver.

Clavier et pavé tactile
Razer continue de favoriser un clavier relativement classique pour une configuration dite « gamer », qui tend à favoriser surtout les créatifs aujourd’hui plus intéressés par ces PC que les joueurs acharnés. Les switchs et touches classiques sont toujours de bonne facture, avec une bonne course et un bon retour, quand les touches spéciales enfin rétroéclairées pour les claviers AZERTY continuent de nous réjouir.

Le pavé tactile, d’une très large diagonale, mériterait par contre à son prix et pour sa catégorie d’enfin passer aux technologies de retour haptique plutôt que ce clic traditionnel.
Connectique
À gauche, nous avons le droit au port d’alimentation propriétaire réversible, deux ports USB A 3.2 Gen 2, un port Thunderbolt 4 et un combo jack. À droite, nous avons le droit à un HDMI 2.1, un troisième port USB A 3.2 gen 2, un lecteur de cartes SD UHS-II plein format et un port Thunderbolt 5 pouvant atteindre une bande passante de 120 Gbps.

La sélection est très large et parfaite pour les utilisateurs visés. Ce dernier port Thunderbolt 5 particulièrement est extrêmement rare sur les ordinateurs portables de nos jours, et pourrait séduire bien des utilisateurs en quête d’une station de combat mobile pouvant se brancher en un câble sur tout un setup dédié à multiples écrans et périphériques gourmands pour l’audio ou la vidéo.

Thunderbolt 5 Dock Chroma
Dans cet ordre d’idée, nous avons aussi pu tester le Razer Thunderbolt 5 Dock Chroma. Derrière ce grand bloc à la même qualité de construction, et avec toujours une bande RGB en dessous bien sûr, se trouve un combo jack, un port USB-C 3.2 Gen 2, deux ports USB A 3.2 Gen 2, le port d’alimentation, 4 ports Thunderbolt 5 dont un port de connexion, et un port RJ45 de 1 Gbps.

Sur le côté droit, on retrouve même un lecteur de cartes SD plein format UHS-II, quand le corps peut accueillir un stockage M.2 NVMe jusqu’à 8 To par le biais d’une trappe logée en dessous du corps. Notez que le bloc d’alimentation dont il a besoin est aussi grand et large que lui, quand le Thunderbolt 5 lui-même offre une recharge maximale de 140 watts pour le PC connecté.


Le PC Gamer AQUAFORGE offre un excellent équilibre entre performances et polyvalence, avec une configuration moderne idéale pour jouer en Full HD dans d’excellentes conditions.

Ce dock est ventilé de manière active, sans possibilité de régler la vitesse du ventilateur lui-même, et son prix s’élève à 440 euros. Une large facture pour un produit plus ou moins unique en son genre à l’heure où le Thunderbolt 5 n’est pas aussi largement adoptée qu’on ne l’aimerait. Pas de doute que ce produit saura être le sauveur de quelques setups à la pointe de la modernité, particulièrement pour des ultrabooks, mais il paraît quelque peu redondant face au Blade 16 de 2026 déjà bien équipé. On aurait aussi aimé y retrouver des ports HDMI ou DisplayPort nativement, plutôt que de devoir transformer les connexions USB-C TB5 en port écran.
Webcam et audio
La webcam 1080p intégrée reste plutôt mauvaise, surtout pour un PC à ce prix. Les améliorations de ces dernières années devraient également être adoptées pour un constructeur aussi premium que Razer, qui ne bouge pas vraiment sur ce point. Au moins, Windows Hello est toujours là.

Il en va de même pour l’expérience audio. Si la scène elle-même, soutenue par les technologies THX Spatial Audio, n’est pas mauvaise, le manque de basse de la configuration est évident malgré un son plutôt bien maîtrisé. Face à des Dell ou LG qui réussissent proprement cet aspect sur des formats similaires, il faut faire plus.
Écran
Le Razer Blade 16 de 2026 profite d’une dalle OLED supportant une définition de 2560 x 1600 pixels, soit un ratio 16:10. Celle-ci offre un taux de rafraîchissement de 240 Hz et n’est pas tactile ni même traitée anti-reflet. Ce dernier point aurait été apprécié, puisque le revêtement glossy utilisé ici est prône à des reflets bien marqués.

Sous notre sonde et avec le logiciel CalMAN de Portrait Displays, nous retrouvons une couverture de 169% de l’espace sRGB pour 113% de l’espace DCI-P3. En SDR, la luminosité maximale est mesurée à 485 cd/m², très convaincante, pour une température de couleurs moyenne de 6116K légèrement chaude face à la norme 6500K recherchée. Le delta e00 moyen est mesuré à 2,65, parfait, pour un décalage maximal de 6,19 bien maîtrisé sur les tons bleus royaux.

En HDR, nous retrouvons bien une luminosité en pic de 1054 cd/m² très proche de ce que promet le constructeur. La courbe de luminosité est très décalée pour les utilisateurs exigeants, mais sans inclure les erreurs de luminance, nous retrouvons un delta e00 de 1,54 tout simplement sublime.
Razer ne déçoit toujours pas sur ses dalles, et c’est bien naturel : les créatifs attendent le constructeur au tournant, et il n’a plus le droit à l’erreur sur ce point.
Logiciel
Windows de base, le moins de publicités préinstallées possibles en dehors de celles forcées par Microsoft lui-même : la promesse Razer est toujours là. Tout autant que Synapse, son logiciel de gestion fine de la configuration de son PC. Naturellement, nous retrouvons ici tout ce qui concerne le clavier et ses différentes touches personnalisables, en prime de l’éclairage RGB.

Mais nous avons également aussi le comportement du PC lui-même, qu’il soit branché ou sur batterie. Le logiciel reste assez barebones de nos jours, particulièrement alors que tous les autres constructeurs se sont améliorés sur ce point. Et il est aussi gourmand en ressources, en attendant des optimisations voulues de longue date.
Performances
Dans notre configuration de test, le Razer Blade 16 de 2026 se centre autour du Intel Core Ultra 9 386H, un SoC de 16 cœurs pour 16 threads pouvant turbo jusqu’à 4,9 GHz. Il est soutenu par 32 Go de RAM LPDDR5X à 9600 MT/s, et 1 To de stockage en PCIe Gen 4.
Surtout, nous avons le droit ici à la NVIDIA GeForce RXT 5090 Mobile au TGP de 165W très proche des 175W maximum possibles sur cette configuration. Ses 24 Go de VRAM pourront être particulièrement attirants pour les travailleurs en intelligence artificielle, quand les gamers ne les utiliseront pas nécessairement pleinement.
Benchmarks
Sous Cinebench 2024, nous retrouvons des scores de 1092 points en multi core pour 123 points en single core. Ces derniers se traduisent sous Cinebench 2026 par des scores de 4464 points en multi threads pour 503 points en single thread. Pas le meilleur constaté sur cette génération d’Intel, pas le meilleur du marché non plus, mais clairement au dessus du lot en termes de performances.

En 3D, nous retrouvons des scores de 6193 points sur Speed Way pour 6043 points sur Steel Nomad. On ressent bien ici la puissance additionnelle de la RTX 5090 par rapport à la RTX 5080, même si la différence n’est pas aussi marquée qu’entre d’autres modèles. Ici, ce sont les 24 Go de VRAM qui vont la vraie différence.
En jeu
Ces dernières observations se ressentent également en jeu. Par rapport à la RTX 5080 intégrée au MSI Raider 16 Max HX par exemple, on peut voir que c’est surtout sur l’activation des technologies de frame generation que la RTX 5090 gagne un peu plus de performances. Rien d’étonnant : ces technologies à haut niveau sont gourmandes en VRAM, ce dont la RTX 5090 mobile ne manque pas.
| Définition native (1600p) | Black Myth Wukong | Cyberpunk 2077 |
| PT ON, DLSS4 Equilibré, FG x4 | 175 FPS | 178 FPS |
| PT ON, DLSS4 Equilibré, FG x0 | 56 FPS | 55 FPS |
| PT ON, DLSS OFF | 27 FPS | 24 FPS |
| RT OFF, DLSS4 Equilibré, FG x4 | 202 FPS | 318 FPS |
| RT OFF, DLSS4 Equilibré, FG x0 | 66 FPS | 119 FPS |
| RT OFF, DLSS OFF | 47 FPS | 94 FPS |
Pour les créatifs
C’est pour les créatifs que cette RTX 5090 mobile apporte le plus donc, avec des scores nettement en amélioration sur l’exploitation vidéo. Là encore, la RAM a son incidence.
Refroidissement et bruit
Voilà la faiblesse impossible à ignorer de ce Razer Blade 16 de 2026. La chauffe des composants est beaucoup trop importante pour ce châssis, faisant qu’après une vingtaine de minutes de jeu, le corps lui-même devient inconfortable.
La zone où l’on pose la paume des mains atteint même facilement les 40°C, ce qui sur une surface en verre équivaut à se cramer gentiment la peau.

D’ordre général, le refroidissement du PC monte très vite dans les tours et est bruyant. Mais il en a bien besoin, tant il pourrait aisément se brûler lui-même sans ça. Le Razer Blade 16 de 2026 ne fait aucune concession sur la puissance, mais c’est à son détriment : mieux vaudrait revoir le TGP et le TDP de sa configuration pour contenir tout ça. En l’état, le Razer Blade 16 donne l’impression de tenir sur un fil, ce qui est effrayant.
Razer Laptop Cooling Pad
Razer a également mis à notre disposition un nouvel accessoire qu’il vend également séparément : le Laptop Cooling Pad. Notez que celui-ci n’est pas uniquement compatible avec les produits Razer, mais peut aussi être utilisé avec moults ultrabooks du marché dont les Macbook via trois plaques interchangeables.

Tout le principe de cette plaque est de créer une chambre de pression positive sous l’ordinateur portable pour optimiser l’afflux d’air, par le biais d’un énorme ventilateur central. Une bonne idée dans l’absolu, qui n’a rien de très original par ailleurs, à ceci près que… ce produit n’est pas agréable à utiliser.
Au bout du bout, nous sommes face à un gros bloc de plastique demandant d’être connecté à l’électricité pour avoir… un ventilateur qui fait un bruit d’aspirateur impossible à ignorer, qu’il soit en mode équilibré ou en mode performance. Tout fait très cheap, et si l’adaptabilité en temps réel de la puissance du ventilateur à la chauffe du PC lui-même est intéressante, tout cela ne suffit pas ni à rendre le Blade 16 plus viable ni à justifier l’achat à 150 euros malgré les bandes LED.
Autonomie
Le Razer Blade 16 de 2026 intègre une large batterie de 90 Wh pouvant se recharger par le biais du bloc d’alimentation propriétaire de 280W ou en utilisant un chargeur de la norme Power Delivery. Il vous faudra naturellement le chargeur de base pour sortir la puissance totale de la configuration.
A 50% de luminosité sur un usage bureautique, le Razer Blade 16 de 2026 nous offre entre 9 et 10 heures d’autonomie. Une endurance agréable pour un PC portable de ce gabarit et de cette configuration, sans être folichonne pour autant.
Prix et disponibilité
Le Razer Blade 16 de 2026 est vendu au prix de départ de 3900 euros en France. La configuration RTX 5090 vous réclamera 5500 euros au minimum.





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