StopCovid : une nouvelle version attendue le 22 octobre

 

Après l'échec du lancement de StopCovid, la France va se donner une seconde chance avec une nouvelle version, qui pourrait être rebaptisée Alerte Covid. Le Secrétaire d'État au numérique Cédric O aurait souhaité repenser l'application avec de nouvelles fonctionnalités plus pertinentes.

StopCovid

C’est un peu un semi-aveu d’échec. Sur l’antenne de France Info, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que le gouvernement présentera une nouvelle version de son application StopCovid très prochainement. Cette dernière serait actuellement en préparation.

Jusqu’à présent, le développement de StopCovid avait été confié à la société CapGemini, avec un budget de 100 000 euros par mois. Le gouvernement recherche une autre société et lancera une nouvelle procédure d’appel d’offres en doublant ce montant.

Une nouvelle version même pour le Premier ministre

« Le gouvernement a demandé une nouvelle version de l’application qui sera officiellement lancée le 22 octobre », a expliqué le chef du gouvernement au micro de France Info. Il a aussi promis, cette fois, de télécharger la future application, ce qu’il avait admis ne pas avoir fait avec la première version.

Guillaume Rozier, data scientist et fondateur de CovidTracker.fr, partage quelques suggestions d’évolution sur Twitter concernant la prochaine version de StopCovid. Il explique notamment que l’application pourrait avoir la bonne idée d’embarquer enfin les interfaces de programmation conçues conjointement par Apple et Google. Pour mémoire, contrairement à l’ensemble de ses pays voisins, la France s’est jusque-là montrée réticente à intégrer ces dernières, leur préférant un algorithme développé par l’INRIA.

Alors que dans sa version actuelle l’application StopCovid connaît plusieurs problèmes de stabilité, particulièrement sur Android, la plateforme technique d’Apple et de Google lui assurerait un bon fonctionnement en tâche de fond. En outre, StopCovid deviendrait interopérable avec les applications des autres pays.

Changement de nom en vue

M. Rozier ajoute qu’à l’instar de la version britannique, l’application pourrait pousser un peu plus loin le dispositif de géolocalisation en vous enregistrant systématiquement dans les lieux fréquentés, savoir à remplir les données demandées par les dernières mesures appliquées aux grandes villes (nom, numéro de téléphone, heure d’arrivée, etc.).

De son côté, Europe 1 rapporte que StopCovid se verrait rebaptisée Alerte Covid. Le Secrétaire d’État au numérique Cédric O aurait souhaité voir plusieurs changements ajoutés afin d’inscrire l’application dans un usage plus réel. Il souhaite notamment que le temps de contact entre deux personnes soit baissé de 15 à 5 minutes, notamment pour contrer les multiple clusters se formant au sein des bars. Alerte Covid retournerait en outre des informations locales.

La question centrale de la vie privée

Reste que certains de ces changements pourraient nécessiter l’approbation de la CNIL, l’autorité française chargée de protéger la vie privée des citoyens. Au 20 juillet, la CNIL expliquait avoir procédé à trois contrôles après le faux départ initial :

« La nouvelle version de l’application StopCovid respecte pour l’essentiel le RGPD et la loi Informatique et Libertés. Elle a cependant relevé plusieurs irrégularités et a mis le ministère des Solidarités et de la Santé en demeure d’y remédier. »

On imagine donc que, pour cette nouvelle édition, la CNIL souhaitera également réaliser une série de tests.

Pour garantir la protection de la vie privée des utilisateurs, l’approche d’Apple et de Google repose sur un système décentralisé. Cela signifie que le traçage des contacts n’est stocké que sur l’appareil de l’utilisateur. Or, la France souhaitait au contraire centraliser ces informations au sein d’une base de données afin de coordonner les efforts du personnel soignant.

Le fiasco du téléchargement

L’Allemagne partageait initialement la position de la France avant de changer d’avis et d’opter pour l’intégration des API de Google et d’Apple.

Selon Le Figaro, l’application StopCovid n’a été installée en France que 2,6 millions de fois. La semaine passée, seulement 7 969 personne se sont déclarées comme cas positifs, selon les chiffres du gouvernement et 472 notifications ont été envoyées à de possibles cas contacts.

A titre de comparaison, la version britannique est active sur 16 millions de smartphones. En Allemagne, le gouvernement a enregistré 18 millions de téléchargements.

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