« Impérialisme numérique » : l’appel au boycott des logiciels américains en Europe

 
Les États-Unis ne nous voient plus comme des alliés, mais comme un marché à dompter. Avec leur nouvelle stratégie de sécurité nationale, ils assument une volonté de monopole. En réponse, des experts allemands demandent une mesure radicale : bannir les géants américains de nos réseaux critiques.

Vous vous en rendez compte au quotidien, Google, Microsoft, Amazon, OpenAI, Meta, Nvidia… l’Europe est sous perfusion technologique américaine, et Washington vient de décider de serrer le tuyau.

Le 21 janvier 2026, un groupe de travail sur la souveraineté numérique de la Société allemande d’informatique (GI) a publié un texte d’une violence rare. Le constat ? Nous subissons un véritable « impérialisme numérique ».

Ce n’est pas une simple posture de technocrates. Pour ces experts, l’Europe doit immédiatement exclure les monopoles technologiques américains de tous les marchés publics relatifs aux infrastructures critiques. On parle ici du cloud, de la 5G, des logiciels de gestion et de tout ce qui fait tourner nos hôpitaux, nos réseaux électriques et nos administrations.

Entre 80 et 83 % des dépenses européennes en logiciels professionnels et services cloud partent vers des groupes américains, soit environ 264 milliards d’euros par an, l’équivalent d’environ 1,5 % du PIB de l’UE.

Ce rapport fait suite à la publication de la Stratégie nationale de sécurité américaine (NSS 2025). Ce document, loin d’être une simple note de service, acte un changement de paradigme brutal : les États-Unis considèrent désormais les infrastructures numériques comme des atouts de sécurité nationale exclusifs, en reléguant l’Europe au rang de simple zone d’influence à exploiter.

Faut-il débrancher la prise ?

Le problème ? Pour une PME française ou une administration, choisir une alternative européenne est souvent un chemin de croix. C’est parfois plus cher, moins ergonomique, et surtout, cela demande de sortir d’un écosystème où tout est déjà « intégré ». C’est le syndrome de Stockholm numérique : on adore nos chaînes parce qu’elles sont confortables.

Bref, l’appel de la Société allemande d’informatique n’est pas qu’une posture politique, c’est un cri d’alarme sur l’état de nos fondations. On ne bâtit pas une puissance mondiale sur le dos d’une infrastructure que le voisin peut couper à tout moment et surtout quand un voisin qui ne vous veut spécialement du bien.

Pour ces experts, soit l’Europe utilise ses 2 000 milliards d’euros pour bâtir son indépendance, soit elle accepte son statut de colonie numérique pour les décennies à venir.

On peut déjà “dé‑GAFAiser” notre société numérique. Comment ? En mettant ses serveurs et données chez OVHcloud ou Scaleway plutôt que sur AWS/Azure/GCP, en utilisant Mistral ou d’autres modèles européens auto‑hébergés pour certains cas d’usage IA, et cela tout en gardant malgré tout des dépendances américaines pour d’autres couches (GPU Nvidia, Office, CRM, etc.).


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