Le gouvernement des États-Unis a décidé d’interdire toute compagnie américaine de vendre des composants à ZTE qui n’a pas respecté la loi. Cette sanction pourrait éventuellement empêcher la marque chinoise d’utiliser Android avec les services Google sur ses appareils.

 

Mise à jour du 20 avril 2018 :

Ajout de la récente réponse de ZTE aux sanctions à la fin de cet article.

Article original du 18 avril 2018 :

Android est un système d’exploitation open source. Autrement dit, n’importe quel constructeur de smartphones peut en récupérer le code et en faire profiter ses smartphones. Dans un tel contexte, il est difficile d’envisager la possibilité d’interdire un fabricant d’utiliser Android. C’est pourtant ce que semble risquer ZTE. Explications.

Non-respect du blocus iranien

Le Département américain du Commerce a décidé d’interdire toute entreprise américaine de vendre des composants à ZTE. Pourquoi ? Car la firme chinoise a continué de vendre des produits en Iran malgré le blocus imposé par Washington. ZTE utilisait diverses sociétés-écrans pour envoyer ses appareils des États-Unis vers l’Iran.

En 2016, le gouvernement américain avait déjà demandé à ZTE de respecter la loi, mais la firme a continué à outrepasser le blocus malgré tout. Elle n’a donc pas plus le droit d’utiliser le moindre composant issu d’un fabricant américain pendant les sept prochaines années.

Perdre la licence Android ?

Dans ce contexte, une source de Reuters indique qu’Alphabet — la maison mère de Google — et ZTE ne savent toujours pas aujourd’hui si ce dernier pourra continuer d’utiliser Android. Mais l’OS de Google étant open source, on se doute que la source de Reuters fait plutôt référence à une utilisation d’Android avec les services Google Mobile (GMS) qui permettent de bénéficier des applications de Google, notamment du Play Store.

Alphabet et ZTE cherchent donc encore à déterminer si les sanctions du gouvernement américain incluent l’utilisation d’Android avec les services Google. Si la réponse est oui, le coup pourrait être fatal pour ZTE. Le fabricant n’a déjà plus le droit d’utiliser des puces Snapdragon puisque Qualcomm, entreprise américaine, n’a plus le droit de lui en vendre. Cela signifie qu’on ne verra sans doute pas de smartphone haut de gamme ZTE avant bien longtemps.

S’il est également privé des services Google, le constructeur verra très certainement toutes ses activités en dehors de Chine cesser brusquement.

Contexte déjà tendu

Rappelons par ailleurs que ZTE, comme Huawei, inquiétait les agences de renseignement telles que le FBI ou la CIA qui évoquaient des risques pour la sécurité du pays. Cette récente décision de justice ne va rien améliorer aux relations tendues entre les États-Unis et la Chine.

La réponse de ZTE

Dans un communiqué publié sur son site Internet, ZTE a réagi à la décision des États-Unis. Après s’être défendu en décrivant les moyens mis en œuvre dans le contrôle de ses exportations, la marque chinoise s’est annoncée prête à défendre ses intérêts, y compris devant la justice. Retrouvez l’ensemble du communiqué sur le site officiel de ZTE.

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