Des soldats sur le terrain contrôlant des machines par la pensée ? Une agence de l’armée américaine estime que la technologie est assez au point aujourd’hui pour que cette perspective puisse être concrétisée.

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On a sans doute tous déjà imaginé un futur où les machines pourraient être contrôlées par la pensée. Dans cet avenir, les télécommandes et applications dédiées seraient remplacées par nos cellules grises. Ce genre de scénario trouve très certainement un terreau fertile dans les univers de science-fiction, mais l’idée germe également dans les esprits de l’armée américaine.

Du moins, la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) compte bien réaliser des avancées dans ce domaine. Pour rappel, la Darpa est une agence affiliée au Département de la Défense des États-Unis. Son rôle est de mener à bien la recherche et le développement de nouvelles technologies. Il y a une cinquantaine d’années, c’est notamment elle qui était à l’origine de la création de l’ARPANET, l’ancêtre de l’Internet.

L’agence a récemment organisé un événement sur trois jours pour présenter plusieurs projets sur lesquels elle était en train de plancher. The Next Web en a repéré un qui parait particulièrement intéressant — et potentiellement flippant. Il s’agit du programme N3 pour « Next Generation Nonsurgical Neurotechnology ». 

La Darpa a ainsi expliqué être de réfléchir à un moyen de créer une interface cerveau-ordinateur — que l’on appelle aussi interface neuronale directe — qui n’aurait pas besoin de recourir à la moindre opération chirurgicale ou autre procédé intrusif. Comme le rappelle The Next Web, ce genre de technologies existent déjà essentiellement pour aider les personnes en situation de handicap lourd. Or, à l’heure actuelle, elles ne conviennent pas du tout à des opérations militaires sur le terrain.

L’agence veut donc des solutions légères, durables et pouvant être utilisées en terrain de guerre. Dans un tweet la Darpa explique être arrivée à un stade de développement où elle pense qu’il est techniquement possible désormais d’obtenir une interface cerveau-ordinateur en haute définition et portable pour des personnes valides.

La Darpa a même conçu un programme d’entraînement à destination des soldats pour qu’ils puissent utiliser cette technologie de la meilleure des manières. Aussi, « nous demandons à des équipes multidisciplinaires de chercheurs de mettre au point des approches qui permettent une interaction précise avec de très petites régions du cerveau, sans sacrifier la résolution du signal ou introduire une latence inacceptable dans le système N3 », explique le professeur Al Emondi responsable des technologies biologiques au sein de l’agence.

On ne sait pas quand ce genre de technologies pourra être réellement utilisé sur le terrain, mais on se doute que les applications peuvent être très nombreuses dans un environnement hostile. Jusqu’à quand cela restera-t-il de la science-fiction ?