Donald Trump est banni définitivement de Twitter

 

Twitter a finalement décidé de ne pas attendre la passation de pouvoir avec Joe Biden pour bannir le compte de Donald Trump à la suite de la récente attaque du Capitole.

L’attaque du Capitole par des partisans de Donald Trump a choqué dans le monde entier. Cela avait poussé les géants de la tech comme Facebook, Twitter, YouTube et Twitch à réagir pour sanctionner Donald Trump, toujours président des États-Unis en exercice. Il faut dire que le président a d’une part pu inciter cette attaque avec son discours appelant à marcher sur le capitole, mais a surtout utiliser les plateformes en ligne pour envoyer des messages pouvant au mieux porter à confusion en appelant à la paix, tout en rappelant « que l’élection a été volée » et en disant aux insurrectionnistes « nous vous aimons, vous êtes très spéciaux ».

Après un blocage temporaire et la suppression de plusieurs tweets, dans la nuit du 8 au 9 janvier 2021, Twitter a annoncé des mesures supplémentaires contre Donald Trump. Citant le contexte très particulier des derniers tweets de Donald Trump, Twitter a annoncé avoir pris la décision de suspendre le compte de Donald Trump de façon permanente.

Les tweets de trop dans un contexte explosif

Pour justifier cette décision, Twitter s’appuie sur les deux derniers tweets de Donald Trump dans lequel le président indiquait d’une part que ses électeurs «  ne seraient pas traités irrespectueusement ou injustement », avant d’indiquer qu’il ne participerait pas à l’investiture de Joe Biden comme nouveau président des États-Unis.

After close review of recent Tweets from the @realDonaldTrump account and the context around them we have permanently suspended the account due to the risk of further incitement of violence.https://t.co/CBpE1I6j8Y

— Twitter Safety (@TwitterSafety) January 8, 2021

Pour Twitter, ces deux messages peuvent légitimement être interprétés par ses partisans comme de nouvelles indications que Donald Trump ne reconnait pas l’élection de Joe Biden, et plus précisément sa défaite aujourd’hui certifiée par le Congrès américain, à cette même élection. La plateforme indique avoir détecté que de nombreux comptes avaient commencé à interpréter les tweets de Donald Trump comme des incitations à la violence. La plateforme va jusqu’à indiquer une éventuelle nouvelle attaque sur le Capitole discuté par certains membres sur ou en dehors de Twitter.

Rappelons que Twitter a mis en place des mesures progressivement au cours des derniers mois pour tenter d’éviter la propagation de fausses informations ou de théories complotistes, notamment par le président lui-même. Bien qu’elle soit la plateforme privilégiée de Donald Trump, ce n’est pas la seule à avoir réagi dans les dernières heures. Facebook, Instagram, Snapchat ou encore Shopify ont également fermés, verrouillés ou suspendu le compte de Donald Trump.

Peut-on accuser Twitter de censure ?

La suppression définitive du compte de Donald Trump a d’ores et déjà déclenché des accusations de censure à l’encontre du réseau social. Rappelons tout d’abord que la censure aux États-Unis concerne avant tout les actions ou non du gouvernement pour priver un citoyen ou un groupe d’une parole publique. Ici, Twitter est une société privée qui a légalement la liberté d’accepter ou non les propos diffusés sur sa plateforme. Donald Trump étant le président des États-Unis, on pourra également arguer qu’il peut facilement prendre officiellement la parole s’il le souhaite, notamment à la télévision. La liberté d’expression a également ses limites, même aux États-Unis, lorsqu’il s’agit d’incitation à la violence ou l’insurrection. Autrement dit, même avec la liberté d’expression, Twitter n’a aucune obligation d’accepter tout et n’importe quoi sur sa plateforme.

Par ailleurs, rappelons que Donald Trump aurait déjà pu être banni plusieurs fois de Twitter pour avoir enfreint à plusieurs reprises des règles de modération de la plateforme. Le président des États-Unis a bénéficié pendant 4 ans d’une protection spéciale et totalement assumée par Twitter. La plateforme estimait que comme président élu démocratiquement, sa parole devait être librement partageable. Ce statut devait officiellement disparaitre à partir du 20 janvier lors de l’investiture du nouveau président. La certification du résultat des élections et l’attaque du Capitole auront finalement précipité cette procédure.

Les derniers articles