L’Europe menace de sortir le « bazooka » contre Google, Meta et Amazon pour rĂ©pondre Ă  Donald Trump

 
Alors que Donald Trump vient de suspendre ses droits de douane annoncĂ©s il y a Ă  peine une semaine, l’Europe reste sur ses gardes et Ă©voque Ă  nouveau le « bazooka » d’un potentiel taxe sur les gĂ©ants du numĂ©rique.
Crédit : Frandroid

« On ne reviendra jamais au statu quo ». Dans sa rĂ©ponse Ă  la suspension des droits de douane annoncĂ©s par Donald Trump, la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne n’y va pas de main morte. Convaincue que les États-Unis ne s’arrĂȘteront pas lĂ , la responsable fourbit ses armes et Ă©voque de nouveau une potentielle taxe sur les gĂ©ants du numĂ©rique en guise de rĂ©ponse.

En cas d’échec des nĂ©gociations, Bruxelles pourrait bien imposer un « droit de douane » miroir aux entreprises amĂ©ricaines prĂ©sentes sur le Vieux Continent, dĂ©voile le Financial Times.

Le point sensible de Trump

ÉlĂ©gamment surnommĂ© la solution du « bazooka » en raison des dĂ©gĂąts qu’elles pourraient causer, cette mesure consisterait Ă  fortement taxer toutes les entreprises du numĂ©rique qui souhaitent faire commerce en Europe. Si les contours que prendrait cette taxe sur les gĂ©ants de la tech ne sont pas encore trĂšs clairs (cela concernerait-il des entreprises comme Apple ou plus celles qui font commerce dans les donnĂ©es dĂ©matĂ©rialisĂ©es ?), une telle mesure serait Ă  coup sĂ»r vue comme un acte de dĂ©fiance envers Donald Trump.

Que ce soit Facebook, Apple ou Google, beaucoup des PDG des plus grosses valorisations boursiĂšres du secteur se sont plaints auprĂšs du prĂ©sident amĂ©ricain des contraintes et autres amendes qu’imposait l’Europe Ă  leurs entreprises. Donald Trump, lui-mĂȘme, considĂ©rait que les amendes prononcĂ©es sur la base du RGPD ou du DSA Ă©taient « une forme de taxation ». Menacer directement ces entreprises Ă©quivaut donc effectivement Ă  sortir le bazooka au milieu d’une rĂ©union diplomatique.

Crédit : Alexandre Lallemand via Unsplash

Le cadre dans lequel s’inscrirait une telle taxe n’est pas nouveau, cela dit. La possibilitĂ© offerte par l’UE de taxer les entreprises Ă©trangĂšres s’inscrit dans le cadre de l’instrument anticoercition (IAC) entrĂ©e en vigueur en Europe en 2023. Cet outil permet aux vieux continents de rĂ©pondre plus facilement aux tentatives d’intimidations Ă©conomiques, comme les droits de douanes imposĂ©es par Trump.

Le joker irlandais

« Cinq États membres ont leurs propres taxes numĂ©riques. Nous devons rĂ©flĂ©chir dans les annĂ©es Ă  venir Ă  cette possibilitĂ©, mĂȘme si la difficultĂ© au niveau europĂ©en est de trouver un consensus sur ce sujet », a expliquĂ© Henna Virkkunen, vice-prĂ©sidente exĂ©cutive de la Commission au Figaro aujourd’hui mĂȘme.

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Sur le sujet du consensus, la messe est effectivement loin d’ĂȘtre dite. MicheĂĄl Martin, Premier ministre irlandais, a avouĂ© ĂȘtre opposĂ© Ă  une taxe sur les services numĂ©riques qui « ne ferait qu’empirer les choses ». Il faut dire que le pays abrite les QG d’un bon paquet de grandes entreprises de la tech et se fĂącher avec elles pourrait avoir des consĂ©quences gĂȘnantes.


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