
«âOn ne reviendra jamais au statu quoâ». Dans sa rĂ©ponse Ă la suspension des droits de douane annoncĂ©s par Donald Trump, la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne nây va pas de main morte. Convaincue que les Ătats-Unis ne sâarrĂȘteront pas lĂ , la responsable fourbit ses armes et Ă©voque de nouveau une potentielle taxe sur les gĂ©ants du numĂ©rique en guise de rĂ©ponse.
En cas dâĂ©chec des nĂ©gociations, Bruxelles pourrait bien imposer un «âdroit de douaneâ» miroir aux entreprises amĂ©ricaines prĂ©sentes sur le Vieux Continent, dĂ©voile le Financial Times.
Le point sensible de Trump
ĂlĂ©gamment surnommĂ© la solution du «âbazookaâ» en raison des dĂ©gĂąts quâelles pourraient causer, cette mesure consisterait Ă fortement taxer toutes les entreprises du numĂ©rique qui souhaitent faire commerce en Europe. Si les contours que prendrait cette taxe sur les gĂ©ants de la tech ne sont pas encore trĂšs clairs (cela concernerait-il des entreprises comme Apple ou plus celles qui font commerce dans les donnĂ©es dĂ©matĂ©rialisĂ©esâ?), une telle mesure serait Ă coup sĂ»r vue comme un acte de dĂ©fiance envers Donald Trump.
Que ce soit Facebook, Apple ou Google, beaucoup des PDG des plus grosses valorisations boursiĂšres du secteur se sont plaints auprĂšs du prĂ©sident amĂ©ricain des contraintes et autres amendes quâimposait lâEurope Ă leurs entreprises. Donald Trump, lui-mĂȘme, considĂ©rait que les amendes prononcĂ©es sur la base du RGPD ou du DSA Ă©taient «âune forme de taxationâ». Menacer directement ces entreprises Ă©quivaut donc effectivement Ă sortir le bazooka au milieu dâune rĂ©union diplomatique.

Le cadre dans lequel sâinscrirait une telle taxe nâest pas nouveau, cela dit. La possibilitĂ© offerte par lâUE de taxer les entreprises Ă©trangĂšres sâinscrit dans le cadre de lâinstrument anticoercition (IAC) entrĂ©e en vigueur en Europe en 2023. Cet outil permet aux vieux continents de rĂ©pondre plus facilement aux tentatives dâintimidations Ă©conomiques, comme les droits de douanes imposĂ©es par Trump.
Le joker irlandais
« Cinq Ătats membres ont leurs propres taxes numĂ©riques. Nous devons rĂ©flĂ©chir dans les annĂ©es Ă venir Ă cette possibilitĂ©, mĂȘme si la difficultĂ© au niveau europĂ©en est de trouver un consensus sur ce sujetâ», a expliquĂ© Henna Virkkunen, vice-prĂ©sidente exĂ©cutive de la Commission au Figaro aujourdâhui mĂȘme.
Pour aller plus loin
Apple dĂ©finitivement condamnĂ© Ă payer 13 milliards de dollars dâarriĂ©rĂ©s fiscaux Ă lâUE
Sur le sujet du consensus, la messe est effectivement loin dâĂȘtre dite. MicheĂĄl Martin, Premier ministre irlandais, a avouĂ© ĂȘtre opposĂ© Ă une taxe sur les services numĂ©riques qui «âne ferait quâempirer les chosesâ». Il faut dire que le pays abrite les QG dâun bon paquet de grandes entreprises de la tech et se fĂącher avec elles pourrait avoir des consĂ©quences gĂȘnantes.
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