
Vous avez sans doute vu passer cette histoire. On en a parlé ici. Paul Conyngham, un entrepreneur australien, aurait « sauvé » sa chienne Rosie d’un cancer condamné grâce à ChatGPT. Un homme seul face à la maladie, armé d’une IA, qui réussit là où les vétérinaires ont échoué.
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On parle de « remède inventé par un propriétaire sans formation » ou de « vaccin programmé par ChatGPT ».
La réalité est, comme souvent, beaucoup plus nuancée. Selon le journaliste Robert Hart de The Verge, ce récit héroïque occulte des faits scientifiques essentiels.
L’IA est un assistant, pas un créateur
Première chose à savoir : ChatGPT n’a pas conçu le vaccin. Paul Conyngham a utilisé le chatbot comme un assistant de recherche. Il a fouillé la littérature médicale et identifié des pistes comme l’immunothérapie. C’est du travail documentaire, pas de la création biologique.
Le véritable travail a été effectué par des humains en blouse blanche. Ce sont les chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) qui ont établi le profil génétique du cancer de Rosie. Sans ces experts et leurs séquenceurs, les suggestions de l’IA ne seraient restées que du texte sur un écran.
Concernant AlphaFold, l’outil de Google DeepMind, son rôle est tout aussi spécifique. Il aide à prédire la structure des protéines pour formuler des hypothèses. Mais le professeur David Ascher précise sur The Verge que ce n’est pas un système « clé en main » pour fabriquer des remèdes. On est loin de l’application magique.
Quant à l’intervention de Grok, l’IA d’Elon Musk, elle ressemble davantage à une opération de communication. Paul Conyngham affirme que Grok a « conçu la structure finale » du vaccin. Pourtant, personne ne sait concrètement ce que cela signifie.
Rosie va mieux, elle court après les lapins, et c’est une excellente nouvelle. Mais elle n’est pas guérie. Certaines de ses tumeurs ont diminué, une autre n’a pas réagi du tout. Paul Conyngham lui-même l’admet : ce n’est pas une guérison totale.
Le problème, c’est que ce traitement n’est pas le fruit de la seule IA. Rosie a reçu un vaccin à ARNm personnalisé en même temps qu’une immunothérapie classique. Il est donc scientifiquement impossible de savoir quelle part du succès revient au vaccin expérimental et laquelle revient au traitement conventionnel.
Enfin, il y a l’aspect financier. Ce « miracle » n’est pas accessible au commun des mortels. Il a nécessité des dizaines de milliers de dollars et l’accès à des laboratoires de pointe. Ce n’est pas une démocratisation des soins, c’est une expérimentation de luxe pour un propriétaire très bien averti.
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