Procès OpenAI : Elon Musk réclame 150 milliards et la tête de Sam Altman

OpenAïe

 
À Oakland, aux Etats-Unis, Elon Musk vient de monter à la barre pour expliquer qu’OpenAI lui a « volé une organisation caritative ». Derrière le show, un procès qui peut redessiner toute l’industrie de l’IA.
Crédits : Tesla

Mardi 28 avril, Elon Musk a passé presque deux heures à raconter, sous serment, comment il aurait à lui seul créé OpenAI en 2015. Avant de se faire, dit-il, dépouiller.

Le décor : le Ronald V. Dellums Federal Courthouse, un bâtiment postmoderne planté à 20 km à peine d’OpenAI.

Le sujet : une plainte déposée en 2024 par Elon Musk contre OpenAI, Sam Altman, Greg Brockman et Microsoft.

Ronald V. Dellums Federal Building // Crédits : Wikipédia

Le milliardaire réclame plus de 150 milliards de dollars de dommages-intérêts, le départ de Sam Altman du conseil d’administration, et l’annulation pure et simple de la transformation d’OpenAI en société à but lucratif.

L’entreprise est aujourd’hui valorisée autour de 730 milliards de dollars et prépare une introduction en Bourse historique.

Autant dire que le verdict, attendu après quatre semaines de procès devant neuf jurés, ne va pas juste froisser des egos.

Vol de charité ou rancune de cofondateur jaloux ?

Le récit d’Elon Musk tient en une phrase : « Il est inadmissible de voler une organisation caritative ».

Sa version, c’est qu’OpenAI a été créée comme un laboratoire à but non lucratif pour contrer Google, après qu’un certain Larry Page l’ait traité de « spéciste » pour avoir préféré l’humanité aux IA. Sympa, l’ambiance. Sauf qu’OpenAI, par la voix de son avocat William Savitt, raconte une autre histoire : celle d’un Elon Musk qui voulait fusionner OpenAI avec Tesla, qui a réclamé 55 % du capital d’une future entité commerciale, qui est parti en claquant la porte en 2018, et qui n’a rien dit pendant six ans, jusqu’au moment où ChatGPT a explosé.

Au passage, Elon Musk a fondé son propre laboratoire lucratif, xAI, désormais absorbé par SpaceX.

Pour aller plus loin
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Ce qui change vraiment, c’est l’enjeu pour le reste du marché. Si Elon Musk gagne, OpenAI redevient un OVNI juridique, son introduction en Bourse part au cimetière, et Microsoft, qui a injecté des milliards via un partenariat noué dès 2019, se retrouve à expliquer pourquoi il a aidé une charité à se transformer en machine à cash.

Une victoire d’Elon Musk serait un cadeau pour Google, Anthropic, DeepSeek, Alibaba et accessoirement xAI. Les avocats d’Elon Musk parlent de morale, les analystes voient un cofondateur qui essaie de saboter le numéro un du secteur depuis la salle d’audience. Les deux peuvent être vrais en même temps.

Côté coulisses, le show Elon Musk fonctionne à plein régime. Le milliardaire a expliqué qu’il travaille 80 à 100 heures par semaine, ne prend pas de vacances et ne possède ni résidence secondaire ni yacht. Il a casé Neuralink (« c’est pour la sécurité de l’IA »), Terminator, Star Trek et un passage en bûcheron dans sa jeunesse. La juge Yvonne Gonzalez Rogers, elle, a déjà dû rappeler à l’ordre Elon Musk pour ses posts sur X traitant Altman de « Scam Altman ».

Détail piquant, relevé par le New York Times : la fondation caritative d’Elon Musk pèse 14 milliards de dollars d’actifs et n’a pas atteint le minimum légal de dons quatre années de suite. Le défenseur autoproclamé des « charities » a un rapport, disons, élastique avec le sujet.

Pour qui ce procès compte vraiment ?

Tout le monde, en fait. Pour les développeurs et les entreprises qui dépendent de l’API d’OpenAI, une victoire d’Elon Musk créerait une zone d’incertitude juridique pendant des mois. Pour les investisseurs qui attendent l’IPO, c’est une épée de Damoclès à 730 milliards.

Pour les utilisateurs lambda de ChatGPT, le service ne va pas s’éteindre demain, mais le modèle économique pourrait être forcé de se redessiner. Ce que personne ne dit clairement : même si Elon Musk perd, le procès aura déjà fait son boulot médiatique en abîmant l’image d’OpenAI auprès du grand public, déjà rincé par les débats sur les centre de données, les droits d’auteur et l’éthique.

Bref, Elon Musk veut écrire l’histoire de l’IA en se mettant au centre, Sam Altman veut juste continuer à la dérouler sans lui. Rappelons, au passage, que l’on parle d’une industrie à mille milliards de dollars qui est en train de bouleverser le monde entier.


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