« Il se croyait protégé par son VPN, il a été démasqué » : les gendarmes arrêtent le responsable d’alertes à la bombe dans des écoles

 
Dans le Tarn, un mineur tirait parti de son VPN pour se livrer à de fausses alertes à la bombe et autres faits de swatting en pensant rester anonyme. Identifié et localisé par les enquêteurs de l’unité Nationale Cyber de la Gendarmerie, notamment, il a été arrêté et sera jugé par le tribunal pour enfants.
Crédit : Nahel Abdul Hadi / Unsplash

Un VPN (Virtual Private Network) masque l’adresse IP, la géolocalisation ou encore l’historique de navigation… mais ne vous rend pas pour autant complètement invisible en ligne, comme nous l’expliquions en détail dans notre dossier consacré à ces outils désormais banals. Dans le Tarn, un jeune suspect en a fait les frais.

Pendant un peu plus d’un an, entre mars 2025 et juin 2026, rapportent nos collègues de Clubic, plusieurs collèges et lycées de la région de Gaillac (au nord-est de Toulouse) ont été à treize reprises la cible d’attaques à la bombe et autres faits de swatting — une pratique qui consiste à inventer une menace justifiant l’intervention d’unités lourdes de la Gendarmerie ou de la Police.

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Le VPN : un outil « d’invisibilisation » très relatif

Derrière ces fausses alertes en série, un jeune mineur se croyant protégé par l’utilisation de son VPN. La Gendarmerie nationale a annoncé sur X avoir réussi à l’identifier et le localiser.

Dans le détail, on apprend que l’enquête a débuté au sein de la brigade de recherches de Gaillac, sous la direction du parquet d’Albi. Assez vite, la nature cyber de l’affaire requiert toutefois l’intervention d’entités spécialisées de la Gendarmerie nationale, le suspect parvenant à masquer, au moins en partie, ses traces en ligne et notamment son adresse IP.

L’unité Nationale Cyber de la Gendarmerie (UNCyber) est alors mobilisée, avec le soutien d’enquêteurs spécialisés du NTech et de leurs collègues du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N). Ensemble, ces trois unités remontent peu à peu le fil d’indices laissé par le suspect, croisant des données téléphoniques et numériques non masquées par le VPN.

Un faisceau d’indices suffisant pour faire tomber l’anonymat conservé pendant plusieurs mois par le suspect, qui a été interpellé. Mineur, il devra s’expliquer devant le tribunal pour enfants.

Rappelons qu’un VPN est loin de masquer l’intégralité d’une activité en ligne. Les cookies et autres trackers, l’activité ayant eu lieu à travers un compte en ligne, les paiements et coordonnées bancaires, ou encore la consommation de données font partie des informations qu’un utilisateur de VPN peut laisser derrière lui. Autant de données tangibles que la Gendarmerie ou la Police peuvent exploiter dans le contexte d’une enquête… d’autant que masquer une trace ne suffit pas à l’effacer.

Les experts Cyber de la Gendarmerie et de la Police disposent par ailleurs d’outils de criminalistique numérique (investigation forensique) leur permettant de décrypter des réseaux chiffrés très élaborés, jusqu’à transformer ces traces numériques en preuves très concrètes pouvant être utilisées devant un tribunal.

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