Que reste-t-il au haut de gamme ? C’est la question que l’on se pose de plus en plus, à mesure que les smartphones « low cost » embarquent de plus en plus de leurs caractéristiques, tout en progressant largement sur des points tels que la qualité de fabrication.

Une entrée de gamme de plus en plus premium

C’est une évolution naturelle du marché. Il y a 10 ans, les smartphones ÉTAIENT le haut de gamme. On a commencé à voir apparaître un marché low cost à peu près intéressant vers 2011, mais avec un fossé, voire un canyon entre la tranche « moins de 200 euros » et le haut du panier.

Ce n’est objectivement plus le cas, et à l’heure où tout le monde veut vendre des produits véhiculant une image « premium », même les entrées de gamme se la jouent matériaux nobles, capteur d’empreinte digitale, écran Full HD… Et c’est une très bonne chose. Qu’une entrée de gamme de qualité ait pu se construire, qu’elle ouvre les portes de technologies et d’usages inédits à des populations de plus en plus variées, rien de plus réjouissant !

Quel intérêt pour des composants dernier cri ?

Une autre opinion est née de cette démocratisation bienvenue : celle selon laquelle il n’y a plus aucun intérêt à acheter un smartphone à plus de 200 euros, voire 300 euros. L’argumentaire se tient d’une certaine manière. Un téléphone, ça sert à téléphoner, à répondre à ses mails, à s’ajouter des oreilles de chat sur Snapchat, à faire GPS et éventuellement à jouer à des jeux, dont seuls certains nécessitent vraiment une puissance extraordinaire.

Et même pour le jeu, ça se tient en quelque sorte : de Threes à Monument Valley 2 ou Super Mario Run, les meilleurs jeux mobiles ne sont souvent pas les plus impressionnants graphiquement. Et je ne parle pas de Candy Crush parce que je ne trouve personnellement aucun intérêt à ce jeu, mais j’ai conscience que des millions d’utilisateurs y sont attachés.

Maintenant, on peut faire le parallèle avec d’autres catégories de produits high-tech. Un Chromebook permet d’écrire, d’envoyer des mails, d’ouvrir un fichier Excel… On peut même désormais utiliser Microsoft Office sur ChromeOS ! Soit presque tout ce que je fais avec l’ultrabook à 1500 euros sur lequel je suis en train de taper, avec Microsoft Word, cet article. Simplement, l’expérience utilisateur ne sera pas aussi agréable, ni aussi durable, et il faut le rappeler.

Fleurons : un pari sur l’avenir

Qu’est ce que l’on peut donc bien tirer de plus de nos fleurons du smartphone ? D’abord, si un Kirin 970, un Qualcomm Snapdragon 835 ou un Apple A11 Bionic ne va pas complètement transformer votre façon d’utiliser Android ou iOS, des composants haut de gamme garantissent tout simplement une meilleure marge dans le futur. Acheter un smartphone « premium », c’est s’assurer qu’il est à l’aise sur la version actuelle de l’OS, mais aussi sur les suivantes.

Dans le cas d’Android, encore faut-il qu’il ait accès aux mises à jour suivantes. Et dans ce domaine, il y a une règle constante : les haut de gamme sont, à tort ou à raison, les premiers servis. Parfois même, ils sont les seuls. C’est regrettable, mais c’est comme ça.

La photo : chasse gardée du haut de gamme

Il est aussi des domaines où l’entrée de gamme, aussi suffisante soit-elle, n’est pas encore sur le point de rejoindre « l’élite ». La photo en est un. Intégrer un appareil photo d’excellente qualité coûte cher. Et aujourd’hui, je ne pourrais plus revenir à un téléphone qui produit des images médiocres. Parce que j’aime cet usage, et parce que c’est très souvent le seul appareil électronique que j’ai sur moi. On trouve des APN parfois très corrects sur des modèles d’entrée ou milieu de gamme. Mais jamais au niveau des meilleurs fleurons.

Enfin, on peut tout simplement vouloir un objet à la finition impeccable, à l’écran de très bonne, voire d’excellente qualité, des fonctionnalités encore inédites sur des modèles moins chers. D’autant plus que le prix d’un smartphone haut de gamme, s’il peut atteindre les 1 000 euros, est en fait beaucoup plus varié aujourd’hui qu’il y a 5 ans. Entre les marques comme OnePlus qui tirent les prix vers le bas et des modèles qui baissent rapidement dans les rayons tout en restant dans la course, opter pour un fleuron n’est pas forcément si onéreux. Cela n’empêche évidemment pas d’opter pour un modèle encore moins cher, mais tout en ayant conscience des limitations que cela entraîne.