Le jailbreak iOS serait sur le point de disparaître. L’occasion de se rappeler que si ces contournements, quel que soit l’OS, sont moins utiles que par le passé, ils ont sans doute joué un rôle dans l’amélioration officielle des systèmes.


Le jailbreak se meurt

Jusqu’à quand un smartphone a-t-il besoin d’être bidouillé pour qu’il soit conforme aux usages qu’on attend de lui ? Un peu plus de 10 ans après la sortie du premier iPhone, c’est une sorte d’institution alternative qui est en train de vivre ses derniers soubresauts : le jailbreak. Avec la fermeture de deux dépôts majeurs de Cydia, le futur des modifications non officielles d’iOS est plus que sombre.

D’ailleurs, l’information principale à retirer de cette « perte », c’est qu’elle n’émeut absolument personne. Le jailbreak est au point mort, nécessitant sans cesse de trouver de nouvelles failles de sécurité pour des bénéfices de plus en plus restreints. Le phénomène est né de l’extrême limitation de l’iPhone original, à une époque où il n’était même pas permis d’installer des applications tierces, de disposer d’un fond d’écran, de dossiers pour les apps, ou encore de widgets. Des fonctionnalités aujourd’hui toutes proposées par défaut.

A-t-on encore besoin de root ?

Côté Android, la situation a toujours été beaucoup moins stricte. L’OS de Google a toujours permis l’installation d’applications ne provenant pas du Play Store ou de ses précédentes incarnations. Le système lui-même est plus ouvert et plus personnalisable. Pour autant, le root a longtemps été une pratique répandue, et l’installation de ROM alternatives via le déverrouillage du bootloader fait toujours partie des choses que l’on aime, et auxquelles on tient sur le système.

Franchement, les raisons de « rooter » ou « jailbreaker » son téléphone aujourd’hui sont de plus en plus minces. Ou alors aller carrément jusqu’au bout de la démarche sur Android et installer une ROM alternative pour redonner une seconde jeunesse à un terminal délaissé par son constructeur. Il reste malgré tout quelques intérêts, notamment pour se débarrasser complètement du « bloatware » des constructeurs. Des apps permettent de faire le ménage, mais nécessitent le privilège root pour être efficaces.

Pour autant, si nous sommes arrivés à cette situation enviable, c’est peut-être aussi parce que les constructeurs et éditeurs d’OS ont suffisamment amélioré la proposition de base pour que ce soit inutile. Même sur le « bloatware », il est indéniable que des progrès ont été faits et que certains fabricants comme Nokia (HMD) ou Essential ont justement fait le choix de s’opposer à cette tendance en proposant des téléphones relativement « clean ».

Le jailbreak comme catalyseur ?

C’est particulièrement vrai sur iOS où de nombreuses fonctionnalités ont été ostensiblement ajoutées au système pour couper l’herbe sous le pied du jailbreak. Aurait-on eu seulement des applications tierces aussi vite, si les développeurs les plus curieux et impatients n’avaient pas déjà profité de cette faille pour créer des apps officieuses ? Certaines sont même nées de cette manière, avant d’être portées à l’App Store d’Apple.

Et c’est peut-être encore là la valeur cachée de ces contournements. Par leur existence ils peuvent faire office de bac à sable pour les « enthousiastes » et révéler aux constructeurs et développeurs des besoins et des usages potentiels pour de futures mises à jour, afin d’apporter ces fonctionnalités au grand public sans qu’eux aient à compromettre la sécurité de leur terminal.