Adieu la 2G : Orange débranche de nouvelles antennes, et ça ne concerne pas que votre vieux téléphone

 
La technologie star des années 90 tire définitivement sa révérence. Orange vient d’enclencher la première phase d’extinction de son réseau mobile 2G dans la zone Antilles-Guyane, une transition radicale mais inévitable pour laisser le champ libre à la 5G. Si le grand public ne devrait pas trop souffrir de cette coupure, de nombreux professionnels vont devoir rapidement mettre la main au portefeuille pour éviter la panne de leurs équipements.

L’opérateur historique ne fait pas de sentiment avec les réseaux vieillissants. Après avoir totalement coupé ce signal à La Réunion en fin d’année dernière, Orange s’attaque désormais aux Antilles-Guyane. La grande déconnexion a d’ores et déjà commencé : depuis le 21 avril 2026, les antennes 2G ont cessé d’émettre dans plusieurs communes de Guadeloupe (Le Lamentin, Les Abymes, Baie-Mahault) et de Guyane (Cayenne, Rémire-Montjoly).

Cette première vague sera rapidement suivie d’une seconde étape fixée au 19 mai 2026. Elle touchera cette fois la Martinique (au Lamentin), mais aussi Saint-Martin (sur les secteurs de Peatree Hill, Rambaud et Marigot) ainsi que Saint-Barthélemy (Cul-de-Sac, Quatre-Vents et Colombier). La mise hors tension s’accélérera ensuite à l’automne : la Guadeloupe fera ses adieux globaux à la 2G le 25 septembre 2026, suivie par une généralisation sur l’ensemble de la zone entre le 29 septembre et le 26 novembre 2026. L’objectif d’Orange est purement pragmatique : recycler ces précieuses fréquences pour muscler son réseau 5G, tout en orientant les usages vers des technologies plus sécurisées et moins énergivores.

Terminaux de paiement et ascenseurs muets : le vrai casse-tête

Pour les particuliers, le drame est tout relatif. En Guadeloupe, on estime qu’il ne reste plus qu’un petit millier d’appareils bloqués sur la 2G, dont une bonne partie prend sans doute la poussière au fond d’un tiroir. Sur le terrain, l’écrasante majorité des utilisateurs affiche déjà des smartphones carburant à la 4G ou à la 5G. Les rares irréductibles accros aux vieux téléphones à touches devront toutefois renouveler leur matériel. Pour amortir le choc, l’opérateur met en avant des appareils hybrides, un compromis entre le mobile basique et le smartphone. Attention également aux équipements de téléassistance, comme les bracelets d’urgence pour les seniors, qui utilisent parfois ce vieux réseau pour communiquer. Quant aux propriétaires de terminaux limités à la 3G, ils bénéficient d’un simple sursis : il leur faudra changer d’appareil avant fin 2028.

En réalité, les véritables victimes de cette évolution technologique se trouvent chez les professionnels. L’arrêt de la 2G frappe de plein fouet les usages dits « M2M » (machine-to-machine). Sabrina Selgi, responsable de cette transition chez Orange pour la région, rappelle qu’une multitude d’équipements invisibles dépendent de ces cartes SIM d’ancienne génération pour échanger des données en toute autonomie.

Du jour au lendemain, des terminaux de paiement électronique (TPE) de commerçants risquent de ne plus valider la moindre transaction. Les systèmes de vidéosurveillance ou les alarmes peuvent soudainement devenir aveugles et muets. Plus critique encore : les dispositifs d’appels d’urgence installés dans les cabines d’ascenseur sont directement menacés. Xavier Stahl, un ascensoriste local, témoigne chez France Info avoir déjà dû moderniser plusieurs systèmes 2G (ainsi que de vieilles lignes analogiques) pour que les personnes coincées puissent continuer à joindre les secours. Pour toutes ces entreprises, cette bascule technologique se traduira par une dépense obligatoire.


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