Siri AI bloqué en Europe : « c’est le choix d’Apple, et d’Apple seul », tranche Bruxelles

 
Au lendemain de l’annonce d’Apple, l’Europe réplique : si Siri AI ne sortira pas sur iPhone dans l’UE, c’est « le choix d’Apple, et d’Apple seul ». Une version qui contredit frontalement celle de Cupertino.

On savait le dossier tendu, il vire au duel de communication. Lundi, Apple annonçait que Siri AI ne serait pas disponible sur iPhone et iPad dans l’Union européenne, en pointant un régulateur qui aurait refusé de discuter de ses solutions. Mardi, la Commission européenne a répondu, et son récit raconte une tout autre histoire.

Devant la presse à Bruxelles, le porte-parole de la Commission Thomas Regnier a été cinglant, dans des propos rapportés par Reuters. Selon lui, la décision de ne pas lancer Siri AI dans l’UE n’appartient qu’à Apple. La firme a été « tout simplement incapable » de développer des solutions d’interopérabilité respectant les standards européens de confidentialité et de sécurité. Pire : plutôt que de chercher une mise en conformité, Apple a « simplement demandé » à être exemptée de ses obligations, ce qui, dit la Commission, « n’est pas une option ».

Deux versions difficiles à concilier

Le contraste avec le discours d’Apple est frappant. La veille, Craig Federighi, vice-président senior chargé de l’ingénierie logicielle d’Apple, se disait « profondément déçu » et accusait les régulateurs d’avoir rejeté toutes ses propositions, dont un dispositif baptisé « Trusted System Agent » censé permettre à des assistants tiers d’accéder en sécurité aux mêmes fonctions que Siri AI. Apple décrivait le DMA comme une obligation de donner à n’importe quelle IA un accès « quasi illimité » à l’appareil.

La Commission, elle, balaie l’idée d’une négociation autour de ces solutions. À l’en croire, Apple n’a pas cherché à se conformer mais a réclamé une dérogation pure et simple à ses obligations d’interopérabilité, ce que le règlement ne prévoit pas. D’un côté, donc, une entreprise qui se dit prête à proposer des garde-fous et se heurte à un mur ; de l’autre, un régulateur qui affirme n’avoir jamais reçu de solution conforme, juste une demande de passe-droit. Les deux récits ne peuvent pas être vrais en même temps.

Pour l’utilisateur européen, le résultat ne change pas, et c’est lui qui trinque. À la sortie d’iOS 27 cet automne, pas de Siri AI sur iPhone ni iPad dans l’UE, ni de l’app dédiée aux conversations. Apple répète vouloir, à terme, amener Siri AI en Europe, sans donner le moindre calendrier. Aucune des deux parties ne montre pour l’instant le moindre signe de recul. En attendant, ce nouvel épisode confirme surtout une chose : ce bras de fer est politique autant que technique, et il est loin d’être réglé.

Concrètement, ce sont la nouvelle application Siri dédiée aux conversations, l’Intelligence Visuelle élargie, les outils d’écriture intégrés et le mode Siri dans l’appareil photo qui resteront hors d’Europe. Les versions macOS, watchOS et visionOS de Siri AI, elles, sont bien disponibles dans l’UE : seuls l’iPhone et l’iPad sont concernés.

Ce n’est pas la première fois que l’UE est privée d’une nouveauté maison d’Apple. Apple Intelligence avait déjà été retenue lors de son annonce en 2024, avant d’arriver finalement en Europe avec iOS 18.4 en mars 2025. La différence cette fois : Apple ne donne aucune date, même indicative.


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