
Avec l’inflation des fonctions, il est difficile de trouver un compteur GPS pour vélo abordable. Le dernier compteur GPS que j’ai eu en test, le Garmin Edge 850, coûte 550 euros, mais faut-il absolument dépenser autant pour avoir un bon compagnon de route ? Je vais vous spoiler un peu le résultat du test : non, ce Coros Dura est tactile, compatible avec tous les accessoires essentiels, propose les fonctions attendues et dispose en plus d’un panneau solaire lui offrant une autonomie exceptionnelle. Le meilleur choix sur le marché actuellement ?
Design : un vaisseau spatial
Je ne suis pas un grand fan de Star Wars, mais ce Coros Dura me fait penser à un vaisseau qui aurait pu sortir de la saga. Avec sa forme en losange en façade et son profil atypique, le Dura affiche un design singulier. D’autant plus qu’il est asymétrique, puisqu’une molette, façon remontoir de montre, vient se positionner sur la droite de l’écran. Ce flanc droit accueille également les deux seuls boutons du compteur GPS.

La face du compteur est, elle aussi, particulière : l’écran n’occupe pas toute la surface, mais plutôt les deux tiers. Le reste est constitué d’un panneau solaire dissimulé sous le verre. Il se montre plus discret que celui du Garmin 840 Solar et, surtout, plus efficace.
Plus classiquement, on retrouve le port de charge USB-C en bas du compteur, protégé de l’eau et de la poussière par un clapet. À l’arrière figurent les inscriptions légales ainsi que le support de type Garmin. Pour la petite histoire, je me suis fait renverser par une voiture lors d’un entraînement alors que j’essayais un Coros Dura. La fixation a été arrachée, protégeant le reste du compteur. Elle se remplace pour une trentaine d’euros.
En ce qui concerne les dimensions, le Dura mesure 99,5 x 60,8 x 15,7 mm pour un poids de 102 grammes. Il figure parmi les compteurs légers du marché, un bon point pour ceux attentifs aux statistiques de leur monture. Il est également fourni avec un support aérodynamique s’adaptant à sa forme particulière, mais je ne peux pas le monter sur mon combo aéro du Look 795 Blade RS. Heureusement, il reste compatible avec tous les supports Garmin. Je rêve d’une norme universelle permettant d’utiliser un seul support, quelle que soit la marque du GPS.
Écran : du basique
Comme je vous l’ai déjà indiqué, je sortais du test du Garmin 850 avant d’essayer le Coros Dura. J’avais apprécié le modèle de Garmin pour son superbe écran tactile LCD. Revenir sur un écran MIP a été un peu difficile au début, mais cela m’a fait changer d’avis au fil du temps.
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Quand on voit le prix du Garmin 850, soit environ deux fois celui du Coros Dura, on s’accommode rapidement de l’écran MIP. D’autant qu’il reste lisible en toutes circonstances, suffisamment réactif au toucher et qu’il contribue fortement à l’excellente autonomie.
J’ai réglé l’intensité de la luminosité à 30 %, et il reste suffisamment lumineux pour lire toutes les informations et distinguer les couleurs.
Concernant ses dimensions et sa résolution, il s’agit d’un écran MIP tactile couleur de 2,7 pouces, avec une définition de 400 x 240 pixels et 64 couleurs. Certes, les teintes sont moins vives, l’écran plus terne et le contraste plus faible que sur une dalle LCD traditionnelle, mais cela reste suffisant pour accompagner vos sorties à vélo.
Logiciel : tout passe par le smartphone ou presque
Outre les affichages très basiques du Coros Dura, on découvre dès les premières minutes que l’utilisation du smartphone va être indispensable pour profiter pleinement de l’expérience. En effet, dès la configuration du GPS, on vous incite à télécharger l’application et à appairer le smartphone et le compteur à l’aide d’un QR code. La synchronisation Bluetooth entre le compteur et votre téléphone est alors effectuée.
Quelques profils sont enregistrés nativement dans le GPS, comme Route, Gravel, Home Trainer, VTT ou encore VTT électrique. En revanche, pour les personnaliser, notamment la disposition et le nombre de champs de données, il faut passer par le smartphone et l’application Coros. J’avoue que ce n’est pas très intuitif pour moi, venant principalement de l’écosystème Garmin. Il faut prendre le temps de le configurer, mais une fois que c’est fait, on n’y revient quasiment plus. On peut afficher de 2 à 9 champs par page, et il est possible de superposer deux pages, notamment la carte et les champs de données.
L’application n’est pas très esthétique. En revanche, elle se montre très complète lorsqu’il s’agit d’analyser son entraînement. Les passionnés de données et de statistiques apprécieront la richesse des informations et des nombreux graphiques proposés.
Données sportives : pensé pour les compétiteurs
Bien que son autonomie soit XXL, le Coros Dura me paraît davantage être un GPS destiné aux compétiteurs, puisque l’écran n’est pas exceptionnel pour la navigation, mais parfait pour afficher de nombreuses données.
GPS et navigation
Le Coros Dura est compatible avec les satellites GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou et QZSS, et prend en charge la double fréquence L1 + L5. Il est donc parfaitement préparé à vous localiser en toutes circonstances. Comme tous les GPS que j’ai testés jusqu’ici, il perd le signal dans les tunnels de Monaco, en même temps, on est enfoui sous des mètres de béton. En revanche, il ne met jamais de temps à trouver votre position au démarrage, à tel point que je le soupçonne de ne jamais être totalement éteint, mais plutôt en veille.
Pour aller plus loin
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Il est possible de planifier un parcours depuis Strava ou l’application Coros et de l’envoyer facilement vers le compteur. On peut également importer un fichier .GPX. Lors de la navigation, des alertes sonores sont émises lors des changements de direction. En revanche, l’écran n’est pas des plus confortables pour la navigation : il reste un peu petit. Si vous envisagez une utilisation en bikepacking, mieux vaut s’orienter vers un modèle plus grand.
Coros a opté pour une approche particulière en externalisant le recalcul d’itinéraire vers le smartphone, via l’application Coros. En cas de sortie de trace, c’est donc le téléphone qui génère un parcours alternatif, en s’appuyant sur les algorithmes de Google Maps, avant de le renvoyer automatiquement vers le compteur. Un choix pertinent pour alléger la charge de calcul embarquée, mais qui implique de garder son smartphone connecté au compteur et surtout de bénéficier d’une couverture réseau au moment de quitter l’itinéraire initial. À défaut, le système se contentera de proposer un retour vers la trace d’origine.
À noter que ce résultat de test est valable uniquement sur route, dans le cadre de mon usage. Je ne peux pas garantir qu’il sera aussi précis en VTT, notamment en sous-bois.
À noter que, lors du passage vers Strava, la vitesse moyenne, ainsi que la puissance moyenne peut différer. Je n’arrive pas à l’expliquer. Le protocole de calcul est certainement différent entre Coros et Strava. Sur ma dernière sortie avec le Coros Dura je suis passé de 31,8 km/h à 32,3 km/h de moyenne et d’une puissance normalisée de 236 W à 225 W. Aussi, la distance est de 56 km pour le résumé sur l’app Coros et 55,99 km sur l’app Strava.
Dénivelé
Du côté du Coros Dura, la précision est clairement au rendez-vous. Grâce à son système GNSS multibande, sa fréquence d’enregistrement élevée et son altimètre barométrique, le compteur se montre fiable pour suivre le dénivelé d’une sortie. Dans la pratique, les données relevées restent très cohérentes avec le profil réel du terrain.
De légers écarts peuvent apparaître entre l’altitude indiquée au sommet d’un col et celle affichée par le GPS. Rien d’anormal toutefois : même les différentes références officielles ne s’accordent pas toujours parfaitement. Toujours est-il qu’au passage du col de Braus, le panneau indique 1 004 m, et c’est bien ce que je retrouve ensuite sur le résumé de la sortie. Dans l’usage, ces variations restent donc marginales, avec parfois la satisfaction de grappiller quelques mètres supplémentaires… ou une petite frustration lorsque l’enregistrement sur Strava se montre légèrement plus pessimiste. Mais dans l’ensemble, la précision du Coros Dura inspire confiance.

En revanche, la fonction de suivi d’une ascension, ClimbView, ne semble pas fonctionner sans parcours lancé. En roulant sur un itinéraire que vous connaissez, vous ne serez donc pas aidé par le graphique de pente, comme peut le proposer automatiquement ClimbPro chez Garmin. Avec le Coros Dura, il est nécessaire de lancer une navigation pour en bénéficier.
Fonctions sportives : tout pour le compétiteur
Sur le Coros Dura, la gestion des champs de données se montre complète et orientée performance. Le compteur permet d’afficher une large variété d’informations essentielles à la gestion de l’effort, que ce soit en course ou à l’entraînement. Puissance, cadence, fréquence cardiaque, dénivelé, altitude, pente, vitesse ou encore distance peuvent être organisés librement sur plusieurs écrans, avec une présentation personnalisable selon les priorités de chacun. Comme toujours, mieux vaut éviter de surcharger l’affichage pour conserver une lecture facile en roulant, d’autant que l’écran n’est pas très grand.

Le Coros Dura propose également différents modes d’affichage selon les données. Il est ainsi possible d’opter pour des valeurs instantanées ou moyennes, notamment pour la puissance, mais aussi d’intégrer des données moyennes ou maximales afin d’adapter l’écran à son usage.
Dans mon cas, j’ai privilégié une page principale axée sur l’efficacité et la lisibilité. Elle regroupe les informations clés comme le temps écoulé, la distance, la vitesse, la puissance moyenne sur 3 secondes (avec indication de la zone via un code couleur), la fréquence cardiaque (également associée à une zone colorée), la cadence et le pourcentage de pente. Une seconde page vient compléter cet ensemble avec des données plus globales, telles que la vitesse moyenne, la cadence moyenne ou encore la puissance normalisée, particulièrement pertinente pour juger de l’intensité réelle d’une sortie.
La navigation entre les écrans se fait via la fameuse molette située sur le côté. L’idée est bonne, mais j’aimerais qu’elle soit crantée afin de mieux matérialiser le passage d’une page à l’autre ou d’une ligne à l’autre. Sans cela, on peut rapidement faire défiler deux pages sans s’en rendre compte. Le concept est pertinent, mais demande encore à être peaufiné.
Cette molette fait également office de bouton « OK » et de bouton pause. Pour revenir en arrière, il faut appuyer sur le bouton de démarrage/arrêt du compteur. Pour arrêter l’enregistrement, il faut maintenir ce même bouton.
À la fin de chaque sortie, le récapitulatif est accessible sur le smartphone, mais un résumé très complet est également disponible directement sur le compteur : temps passés dans les zones, note d’entraînement, kilojoules dépensés, effets aérobie et anaérobie, puissance normalisée, valeurs maximales et moyennes… Je le répète, les passionnés d’entraînement vont adorer le Coros Dura.
Connectivité : tout pour tout connecter
Le compteur se montre compatible avec les protocoles ANT+ et Bluetooth, avec la possibilité de connecter jusqu’à 12 accessoires simultanément. Il peut ainsi être associé à une large gamme d’équipements : ceinture de fréquence cardiaque, capteur de puissance, home trainer, capteurs de vitesse et de cadence, radar arrière ou encore groupes électroniques Shimano et SRAM.
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Une limite de 12 périphériques qui, dans les faits, ne devrait pas constituer une contrainte pour la majorité des utilisateurs. De mon côté, j’ai connecté ma ceinture cardio, mon capteur de puissance et mon groupe Shimano : il me reste encore 9 connexions possibles. Je peux donc enregistrer 4 vélos avec les mêmes accessoires, voire un peu plus, puisque la ceinture cardio n’est pas installée sur chaque vélo. Disons plutôt 3 à 4 vélos selon vos accessoires et votre niveau sur l’échelle du cycliste geek.
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Autre bon point, la synchronisation avec l’application est instantanée et le transfert vers Strava très rapide.
Autonomie : rayonnement solaire
Pour être franc avec vous, j’habite dans le coin le plus ensoleillé de France. J’ai donc le luxe de ne pas rouler quand il pleut ou de faire du home trainer.
Roulant ainsi toujours sous le soleil, l’autonomie du Coros Dura ne bouge pas : en deux mois d’utilisation, je n’ai jamais eu besoin de le recharger. J’ai même eu à plusieurs reprises des gains d’autonomie grâce au panneau solaire installé en façade. Dans mon usage, l’autonomie est donc, en théorie, illimitée. Coros annonce entre 70 heures (double fréquence satellite) et 120 heures d’autonomie selon l’utilisation, soit environ 10 semaines de roulage en fonction de votre volume d’entraînement.
Prix et disponibilité
Le Coros Dura a été lancé en 2024. Son prix est de 289 euros, ce qui le place dans la tranche accessible des compteurs GPS, surtout au vu de ses qualités.


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