
Qu’on se le dise, Garmin n’a pas mal vécu la disparition des GPS automobiles comme accessoires, la marque américaine a réussi à se renouveler tout en utilisant son expertise pour appliquer la technologie de guidage par satellite à des domaines comme la course à pied, l’aviation, la navigation en mer et bien sûr le vélo.
Devenu leader sur ce marché, à tel point que Garmin a réussi à faire plier Strava et à lui faire accepter ses conditions récemment, chaque nouveau modèle s’impose rapidement comme la référence sur son marché. Pour vérifier si le nouveau Garmin Edge 850 a de quoi devenir une référence, nous avons pu pédaler pendant 3 000 km avec le Garmin Edge 850.
Design du Garmin Edge 850 : des airs de smartphone
Lorsque j’ai reçu ce Garmin Edge 850 pour le test, j’ai eu l’impression d’avoir affaire à un iPhone 3. Ses surfaces noires laquées sont bien finies et donnent une bonne impression. Les côtés biseautés viennent lui donner un air plus agressif et moderne que le 840 Solar que j’utilisais avant.
Ses dimensions de 54,6 x 92,2 x 16,8 mm sont compactes sur votre guidon. Comparé au Wahoo Elemnt Ace immense que j’ai essayé au printemps, c’est un peu déroutant, mais on repasse facilement sur plus petit, d’autant que l’écran est l’une des grandes qualités du Garmin Edge 850. Un produit plus compact a l’avantage de le rendre évidemment plus léger : avec seulement 113 grammes sur la balance, il ne sera pas le coupable de vos contre-performances.
La fixation Garmin repose toujours sur le même principe : un quart de tour, quel que soit le sens choisi. Une fois le compteur engagé, une légère résistance dans la rotation confirme qu’il est correctement verrouillé. Le coffret inclut un support à élastiques destiné à une installation sur la potence, et un support déporté vers l’avant qui se monte uniquement sur un cintre rond. Pour les cintres aérodynamiques comme celui de mon Look 795 Blade RS, il faut voir du côté du constructeur.
On retrouve sept boutons sur la tranche du Garmin Edge 850. En roulant, on se sert principalement des touches situées sur le bas de l’appareil. Elles servent à démarrer l’activité, la mettre en pause ou enregistrer un tour pendant l’entraînement. Cette dernière fonction a été pratique lors de mes sorties sur l’anneau cycliste de Longchamp : un appui à chaque tour, et il est ensuite possible d’analyser les données tour par tour en rentrant. Les autres touches servent principalement à naviguer dans les menus. On s’en sert peu, sauf quand il pleut, car l’écran tactile mouillé devient difficile à utiliser, même s’il est certifié résistant contre l’eau IPX7, ce qui explique le capot cachant la prise USB-C de charge.
Écran du Garmin Edge 850 : tout l’intérêt de la nouveauté
Les écrans de compteurs GPS n’ont jamais été d’une grande qualité, disons que regarder la saison 5 de Stranger Things sur un moniteur avec ces résolutions aurait été une punition.
Mais le Garmin Edge 850 fait un bond en avant, avec un écran de 2,7 pouces affichant une résolution de 420 x 600 pixels. Le rétroéclairage est puissant, les couleurs restent éclatantes même en plein jour, ce qui m’a vraiment surpris lors des premières sorties : j’étais sous le soleil niçois de fin d’été, qui rayonne beaucoup.
Surtout, pour la première fois sur un compteur Garmin de la gamme Edge 8XX, on passe à un véritable écran LCD traditionnel et non pas à une dalle MIP. En cela, le Garmin Edge 850 reprend l’un des principaux atouts du précédent Garmin Edge 1050 haut de gamme. Et pour un écran LCD, la lisibilité est bonne, pas besoin de mettre à fond les paramètres pour lire les affichages, je trouve la luminosité suffisante à partir de 30 %, même en plein soleil. Le mode auto a tendance à trop pousser la luminosité et puiser dans la batterie. On peut régler rapidement la luminosité en ouvrant le tiroir du haut, et avec la réglette, mais attention car cette dernière est fine et difficile à attraper pour régler.
On aimerait même un écran plus grand pour profiter davantage des couleurs, car dans certaines conditions, notamment en navigation sur un terrain peu connu, il est possible de trouver l’écran un peu petit. Pour vous partager mon expérience avec cet écran, j’ai emménagé pour quelque temps en région parisienne, sans connaître aucunement les routes exploitables à vélo. J’ai demandé à Garmin et Strava de me tracer des parcours adaptés à mes envies, ce qu’ils font très bien tous les deux, mais une fois lancé, j’ai pu rater quelques changements de direction, ou dû me concentrer sur la lecture de la carte, car 2,7 pouces, ça reste petit, surtout si une alerte de virage dangereux ou d’obstacle devant vous s’affiche.
À titre de comparaison, l’écran du précédent Garmin Edge 840 a une diagonale de 2,6 pouces avec une résolution de 246 x 322 pixels. Pour une fois, c’est mieux qu’avant !
Cet écran m’a permis d’afficher plusieurs champs de données : fréquence cardiaque, puissance (ces deux champs affichent l’instantané, mais aussi la moyenne et le maximum enregistrés pendant l’activité), la vitesse, la cadence, le dénivelé et la durée de la sortie. Et tout ça reste lisible, si vous avez moins de 30 ans comme moi, pour le reste, je ne sais pas…
Logiciel du Garmin Edge 850 : comme à la maison
Si vous êtes déjà familier avec les compteurs Garmin, vous allez vite trouver vos repères.
Tout d’abord, il s’agit du même logiciel que celui du Garmin Edge 840 Solar. On retrouve donc une page d’accueil avec des widgets, personnalisable, mais ce n’est pas indispensable. Je doute que beaucoup de personnes analysent leur sortie directement sur le compteur GPS, alors que tout est transféré sur le smartphone, offrant un écran plus confortable.

Si le logiciel est le même, il me semble en revanche plus confortable et facile à utiliser. Peut-être suis-je simplement habitué, après avoir roulé avec un Garmin 520 et un 840 pendant de nombreux kilomètres, mais toujours est-il que l’écran super lumineux et aux couleurs plus éclatantes du 850 rend l’utilisation plus naturelle.
À la sortie de la boîte, le compteur n’est pas totalement paramétré. Il faut bien sûr associer votre smartphone et le réseau Wi-Fi pour les mises à jour. Il faut aussi prendre du temps pour configurer les champs de données que vous souhaitez afficher. C’est une étape indispensable au premier démarrage de l’appareil avant d’aller rouler. Sur ce point, je l’ai trouvé un peu moins facile que le Wahoo Elemnt Bolt que j’utilisais auparavant, qui arrivait prêt à l’emploi. D’ailleurs, je n’ai pas trouvé sur le compteur Garmin de page permettant de gérer le contenu multimédia joué par mon smartphone pendant la sortie, une donnée disponible nativement sur le Wahoo.
Au cœur du logiciel, l’application Garmin Connect est essentielle. Elle permet de transférer vos activités et de retrouver vos données rapidement après une synchronisation qui ne prend que quelques secondes. Elle permet également d’envoyer une notification de suivi en direct (LiveTrack) durant votre activité à vos proches : un e-mail leur est envoyé automatiquement au lancement de l’activité. Pratique pour rassurer votre copine.
Concernant la mémoire, le Edge 850 est doté de 64 Go de stockage interne, permettant jusqu’à 200 heures d’historique et jusqu’à 100 parcours enregistrés.
Pour finir sur cette partie logicielle, l’ensemble est fluide, assez bien pensé et globalement rapide. Il n’y a qu’au lancement de longs parcours que le GPS peut parfois mouliner un peu. C’est tout ce qu’on demande à un ordinateur de bord pour cycliste.
Données sportives du Garmin Edge 850 : pour les compétiteurs
De par son format compact et son poids léger, le Garmin Edge 850 se destine avant tout aux compétiteurs. Il doit alors afficher un maximum de données sportives pour vous accompagner dans l’entraînement.
GPS et navigation
Le Garmin Edge 840 était déjà très bon avec son système GNSS multibande. Le Garmin Edge 850 l’améliore encore en passant à une compatibilité GPS 5 Hz, héritée du Garmin Edge MTB. Concrètement, le compteur n’enregistre plus votre position une fois par seconde, mais cinq fois par seconde, ce qui le rend inévitablement plus précis, notamment dans les virages en descente.
Pour avoir roulé avec le 840 dans la poche et le 850 sur le support au guidon, les données sont très proches, aussi bien en termes de distance que de temps. À tel point que, pour la plupart des sorties, on ne voit pas la différence.
Pendant mon séjour parisien, j’ai beaucoup roulé sur l’anneau cycliste de Longchamp. Même après 70 km, la trace enregistrée reste précise, sans me situer sur l’hippodrome ou dans le bois de Boulogne, ma copine se serait inquiétée sinon !

Pour ce qui est de la navigation, il est possible d’exporter un fichier .gpx, mais, la plupart du temps, on réalise son parcours directement depuis Strava ou Garmin Connect, et une simple synchronisation Bluetooth permet d’envoyer le parcours guidé sur le GPS en quelques secondes. Le parcours s’affiche alors sur le fond de carte, mettant en violet la route à suivre. Cependant, l’écran reste encore petit pour bien visualiser la route. J’ai dû, à quelques reprises, recalculer l’itinéraire pour retrouver mon chemin après avoir raté une intersection et reçu la notification « hors parcours ». Recalculer l’itinéraire n’est malheureusement pas toujours rapide.
En navigation, pas besoin de rouler avec les yeux rivés sur la carte : à chaque approche d’un changement de cap, l’écran passe automatiquement sur un aperçu de l’intersection. J’ai ainsi pu découvrir facilement la région parisienne, notamment la vallée de Chevreuse, à vélo grâce à un guidage GPS efficace, mais sans profiter d’un écran suffisamment grand. Il s’agit avant tout d’un compteur destiné aux compétiteurs plutôt qu’aux randonneurs.
Dénivelé
Ici, pas de révolution : le système multibande, la puce 5 Hz et l’altimètre permettent au Garmin Edge 850 de faire du très bon boulot pour enregistrer le dénivelé d’une sortie. Je n’ai jamais constaté un écart trop important avec la réalité. Bien sûr, quelques écarts existent entre le panneau de sommet du col et ce qui est affiché au GPS, mais rien de bien important, puisque tous les compteurs ne sont jamais d’accord avec l’altitude du Mont Ventoux, par exemple. On est content quand il affiche quelques mètres de plus, déçu quand l’activité Strava affiche une altitude maximale un peu inférieure. Mais les écarts sont généralement minimes.
Autre donnée intéressante : la fonction ClimbPro, qui s’affiche automatiquement lorsqu’on approche une bosse ou un col. Pour rester tranquille, vous pouvez choisir à partir de quel type de difficulté vous voulez que la fonction se lance afin d’éviter d’être dérangé à chaque pont d’autoroute. Vous avez alors la carte avec le profil de la pente en couleur en fonction de son inclinaison à venir et le pourcentage de la pente actuelle.

Vous pouvez accompagner cette fonction ClimbPro de quatre données maximales : j’ai alors affiché ma puissance, ma cadence, ma fréquence cardiaque et ma vitesse instantanée, permettant de bien gérer son effort. D’autant plus que la distance et le dénivelé restant vers le sommet s’affichent.
Fonctions sportives : tout pour progresser
Dans cette partie, intéressons-nous aux champs de données personnalisables du Garmin Edge 850. Le compteur permet d’afficher quasiment toutes les informations utiles à la gestion de l’effort, que ce soit en course, à l’entraînement ou à la navigation. Puissance, cadence, fréquence cardiaque, dénivelé, altitude, pente, vitesse, distance, chronomètre ou encore cartographie peuvent être disposés librement sur les différentes pages d’écran. Attention à ne pas trop en avoir pour y voir clair. Selon la nature de la donnée, le Edge 850 autorise également plusieurs modes d’affichage, avec des valeurs instantanées, lissées sur quelques secondes, notamment pour la puissance, ainsi que des valeurs moyennes ou maximales, afin d’adapter l’affichage à sa pratique du cyclisme.
De mon côté, la page principale a été pensée pour une lecture rapide et efficace en roulage. J’y ai regroupé le temps total, la distance parcourue, la vitesse, la puissance instantanée (accompagnée en petit de la puissance maximale et moyenne), la zone de puissance, la fréquence cardiaque, la cadence et le dénivelé positif. Une page secondaire vient compléter cet affichage avec des indicateurs plus orientés globalement, comme la vitesse moyenne, la cadence moyenne et la puissance moyenne normalisée, particulièrement utile pour évaluer l’intensité réelle d’une sortie. Le Edge 850 permettant une navigation fluide entre les écrans, j’ai paramétré le compteur pour changer de page directement avec les boutons intégrés à mes cocottes Shimano Dura-Ace.
Une autre page est dédiée à la fonction Stamina, intégrée nativement à l’écosystème Garmin. En croisant en temps réel les données de puissance et de fréquence cardiaque, à condition d’utiliser un capteur cardio ou une montre de sport compatible, cette fonctionnalité estime la réserve d’énergie restante à l’intensité en cours.
Connectivité du Garmin Edge 850 : tout l’écosystème Garmin et même plus
Le Garmin Edge 850 s’appuie sur une connectivité Bluetooth, ANT+ et Wi-Fi. À l’usage, les deux premiers protocoles restent les plus sollicités. Le Bluetooth assure la liaison avec le smartphone, indispensable pour les notifications, la synchronisation des activités et les mises à jour via Garmin Connect. L’ANT+, de son côté, permet d’appairer une large gamme d’accessoires, qu’il s’agisse d’un cardiofréquencemètre, d’un capteur de puissance, de vitesse ou de cadence, de dérailleurs électroniques, d’un radar arrière, d’un éclairage connecté ou encore d’un home trainer. Les possibilités offertes sont particulièrement étendues, permettant de connecter tout l’écosystème de Garmin, ou les autres appareils concurrents, à condition qu’ils utilisent les mêmes protocoles de connexion.
Dans les faits, la connexion Wi-Fi reste plus discrète. Elle intervient surtout en arrière-plan, notamment pour certaines synchronisations ou mises à jour automatiques lorsque le compteur est à portée d’un réseau connu. Lors de mes essais, les mises à jour logicielles ont été prises en charge par le smartphone, téléchargées via l’application Garmin Connect, puis transférées sans intervention particulière en Bluetooth vers le Edge 850.
L’appairage des capteurs se révèle rapide et intuitif. Quelques secondes suffisent pour connecter l’ensemble de ses périphériques. À chaque démarrage, le compteur indique immédiatement quels accessoires ont été reconnus via une notification push, ce qui permet de vérifier en un coup d’œil que tout est opérationnel avant de partir rouler. Un panneau de contrôle, accessible par un simple balayage vers le bas de l’écran, offre également un accès direct à l’état des connexions.
Autonomie du Garmin Edge 850 : le revers de la médaille
Avec un écran aux couleurs éclatantes, tactile et lumineux, la batterie souffre forcément. Et, en l’absence de panneau solaire comme le 840 Solar, l’autonomie est forcément moins bonne. Garmin annonce 12 heures en suivi intensif, soit l’utilisation normale du compteur, et 36 heures en économie d’énergie (mode désactivant l’écran, par exemple). De mon côté, j’ai mesuré environ 10 heures entre chaque charge du compteur, ce qui me permet de le charger une fois par semaine. C’est suffisant pour la plupart des cyclistes, mais, lorsqu’on s’est habitué à un compteur pouvant offrir plus de 30 heures d’autonomie comme le Edge 840 Solar, ça demande de réapprendre à charger régulièrement son compteur.
Rien d’insurmontable, sauf pour les amateurs d’ultradistance qui feraient mieux de s’orienter vers un compteur ayant plus d’autonomie. De toute manière, ces pratiquants trouveront l’écran du 850 trop petit pour la navigation intensive.
Prix et disponibilité du Garmin Edge 850
Le Garmin Edge 850 est disponible depuis le 9 septembre au prix de 549,90 euros, soit 100 € de plus que le 840, et au même prix que le 840 Solar. Ce dernier est encore proposé sur le site de Garmin, mais il y a de quoi hésiter, surtout entre un bel écran et une belle autonomie, d’autant plus que le 840 est actuellement en promotion à 479,90 euros.


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