Test Reolink Argus 4 Pro : cette caméra sans fil 180° est compacte, discrète et efficace

 
Pour surveiller de larges zones, il n’est pas rare de devoir s’équiper de plusieurs caméras. Avec son Argus 4 Pro, Reolink vous propose plutôt de miser sur une caméra avec un champ de vision de 180° en 8 Mpx. Cela suffit-il pour en faire un cerbère de qualité ?

Reolink est l’un des rares constructeurs de caméras de sécurité connectées à proposer, avec entre autres Ezviz, des produits à double capteur. À la différence de son aînée, la Reolink Duo 3 WiFi, la nouvelle Argus 4 Pro est bien plus compacte, discrète et même esthétique.

Pourtant, malgré ses formes arrondies, la caméra semble bien carrée à l’intérieur, avec deux capteurs 4 Mpx, une vision nocturne monochrome et couleur, et un champ de vision de 180°, le tout totalement sans fil et bien sûr boosté à l’IA. Nous allons donc voir maintenant si les promesses d’identification fine sur 180° sont bien respectées.

Ce test a été réalisé avec un produit prêté par la marque.

Design : poisson globe

Avec son design un peu globuleux et des dimensions généreuses (128 x 87 x 80 mm pour 400 g), la Reolink Argus 4 Pro en impose un peu, tout en restant plus discrète qu’une Reolink Duo 3 WiFi ou une Atlas PT Ultra.

Cet aspect globuleux est dû en grande partie à la conception qui comprend deux capteurs 4K. Le bloc optique intègre également le micro et un spot lumineux surmonte le tout.

Au dos, un cache en plastique camoufle le port de charge USB-C et un bouton reset. Ce point a son importance, car accessible sans outil, il est très facile de dérober la carte, à défaut de la caméra.

Et dessous, nous avons un second cache en caoutchouc souple qui donne accès au port de charge USB-C et au bouton reset. Le produit fait robuste et sa protection IP67 devrait assurer son fonctionnement même durant les outrages climatiques intenses.

Installation : Deux solutions simples à mettre en œuvre

Pour installer la Reolink Argus 4 Pro, le constructeur nous propose deux solutions. Commençons par la classique, sous la forme d’un support mural en deux parties. La première se fixe au mur et la seconde s’y visse pour assurer une belle stabilité à la caméra qui se fixe par l’arrière. Il ne vous restera plus qu’à caler l’angle de vision de l’Argus 4 Pro.

Tout le nécessaire en vis et chevilles est livré dans la boîte de la caméra. Pas besoin d’alimentation externe grâce à la batterie de xx mAh de la caméra. De plus, en utilisant le port de charge, il est possible d’ajouter un panneau solaire en option.

La seconde solution d’installation se fait via une sangle à accrocher à un poteau, un arbre ou tout autre objet assez haut pour offrir un bon angle de vision, cela après avoir préalablement installé la plaque qui permet à la sangle de passer derrière la caméra.

Il faut vraiment tendre très fort la sangle fournie, car les 400 g de l’appareil se font sentir. N’hésitez pas à utiliser une sangle plus efficace si vous en avez, ou à renforcer la fixation avec une sangle supplémentaire, des colliers de serrage en métal ou en plastique.

Pour le stockage des vidéos, vous pouvez passer par le port de carte microSD ou utiliser le Hub Reolink. Alors que l’option n’était pas disponible au lancement, elle peut maintenant travailler de concert avec le Cloud Reolink. Dans ce cas, comptez pour 30 Go et 30 jours d’historique 5,50 euros/mois pour une caméra, 5,08 euros/mois pour un plan de 5 caméras et 10 euros/mois pour 10 caméras.

Application : complète mais à maîtriser

Pour profiter de votre nouvelle caméra, il faut passer par l’installation de l’application Reolink, disponible sur iOS et Android.

Le processus d’installation logicielle est très simple, mais avant de le lancer il faut allumer la caméra, après l’avoir rechargée complètement, et insérer la carte mémoire.

La caméra sera alors automatiquement détectée et vous devrez choisir entre une installation réseau Wi-Fi classique ou passer par le Hub Reolink. Ce dernier assurera alors le lien avec votre réseau et se chargera du stockage local des images.

Nous avons ensuite une présentation simple et rapidement compréhensible. La page d’accueil réunit l’ensemble de vos caméras et il suffit de cliquer sur la vignette d’une caméra pour avoir accès au direct et aux commandes.

Nous avons alors une vignette dédiée à la vidéo, avec au-dessus des icônes pour activer l’alarme, le spot lumineux, activer le mode multi-caméras ou encore interagir avec le menu des Paramètres. Juste en dessous de la vignette vidéo, six icônes de commandes.

Elles permettent de lancer le flux vidéo en direct, de couper le son ambiant, de lancer une capture photo ou vidéo, d’ajuster la qualité de l’image et enfin d’activer le plein écran. Ce dernier a ici beaucoup d’importance, car le format vidéo est très en longueur et en mode portrait l’image est beaucoup moins lisible.

Nous apprécions l’ergonomie et l’interface de cette application. Toutefois, même en utilisant des filtres, naviguer dans les vidéos enregistrées n’est pas toujours aisé, que ce soit sous la forme de liste ou de timeline.

Il faut impérativement passer par le menu des Paramètres pour affiner la surveillance. Cela va des paramètres liés à la qualité d’image à la gestion du mode nuit. Attention, cette caméra ne propose que la vision de nuit en couleur, pas de mode infrarouge.

Côté IA et reconnaissance d’être humain, d’animaux ou de véhicules, chacune de ces fonctions peut être affinée. Il est possible de jouer sur la taille minimale et maximale des éléments à identifier, la profondeur de détection et d’ajouter des zones de confidentialité si la caméra capte des zones publiques comme une portion de rue.

Il existe deux types de notification, classiques sur votre mobile ou tablette et par mail. Elles se déclenchent en fonction de vos préférences, pour tout mouvement ou quand un être humain, un véhicule ou encore un animal est spécifiquement détecté. Vous recevrez alors un message associé à une image fixe. En cliquant sur le lien de votre notification, vous accédez alors aux vidéos associées, qui peuvent être de 15, 30 et 60 secondes. Un paramètre à personnaliser vous-même.

Usage : un regard aussi large qu’acéré

Avec deux capteurs 4 Mpx associés, nous avons sur le papier un champ de vision de 180° en 8 Mpx, ce qui donne une définition de 5120 x 1440 pixels. Toutefois, comme vous pouvez le constater, si l’image est de qualité, la définition n’est pas aussi fine que les chiffres précédemment cités pourraient le laisser penser. Ainsi, si l’image est belle, avec un bon niveau de détail, nous ne sommes pas si éloignés de ce que proposent de bonnes concurrentes 2K ou 2,5K chez Arlo ou autres. De plus, nous sommes limités à 15 img/s, ce qui est un peu juste surtout pour repérer des intrus qui courent.

La colorimétrie est de bonne tenue, mais les fonds blancs ont tendance à manquer de précision et souffrent de surexposition les jours de grand soleil.

Passons à la détection de mouvement et, malgré sa configuration avec une vision à 180°, la profondeur de détection est des plus honorables avec 8 m en journée. L’IA arrive à bien différencier animaux, voitures et êtres humains. Les erreurs sont rares et une option permet de limiter les fausses alertes en reconnaissant les mouvements de branches sous le vent, par exemple.

Installée pour surveiller une terrasse et un parking, nous sommes agréablement surpris de la qualité de l’image pour identifier des visages. À partir de 7 à 8 mètres, nous pouvons commencer à deviner un visage. À partir de 5 mètres, nous reconnaissons assez facilement un visage et cela s’améliore si la cible avance.

Installée pour surveiller un parking et face à une grille placée à 7 m, nos mouvements derrière la grille n’ont pas été détectés, même en simulant une effraction en la secouant violemment. Toutefois, il suffit que nous la franchissions pour être immédiatement détectés.

Comme l’Atlas PT Ultra, l’Argus 4 Pro fait l’impasse sur la vision de nuit infrarouge. Nous avons donc une vision de nuit couleur qui exploite un capteur ColorX censé mieux capter la lumière. Dans un environnement sans renfort lumineux, le résultat est mauvais si vous n’activez pas le spot lumineux automatique.

Dans un environnement plus lumineux, en revanche, nous sommes bluffés par la qualité du rendu sans spot lumineux. Toutefois, mieux vaut l’activer par défaut pour cette caméra. En effet, de par sa configuration ultra grand-angle, la qualité de l’image est faible en profondeur alors que le premier plan est beaucoup mieux traité.

Néanmoins, la qualité d’image n’est pas exceptionnelle. Si la colorimétrie est correcte et la gestion des contrastes de bon ton, le piqué est clairement en retrait avec des images pas toujours nettes dès que l’on s’éloigne un peu.

Si la détection de mouvement et l’identification des cibles (animaux, voitures, humains) fonctionnent bien jusqu’à 4 à 5 mètres, la reconnaissance de visage est impossible au-delà de 4 mètres, et encore, nous ne pouvons que les deviner. Il faut que l’intrus soit à trois mètres pour vraiment pouvoir l’identifier.

Audio et alarme : performante en vocal, mais alarme décevante

Nous avons ici un haut-parleur assez puissant pour offrir une communication bidirectionnelle de qualité. Vos paroles sont audibles jusqu’à 5 mètres et les bruits ambiants ne sont pas trop parasites. Le micro est assez sensible, permettant d’entendre une conversation normale dans les 6 à 8 mètres et des chuchotements jusqu’à 3 à 4 mètres en fonction de votre environnement.

Dommage que la puissance de l’alarme soit si juste, à peine 70 dB, ce qui est insuffisant pour alerter un voisin en maison mais peut suffire en appartement.

Autonomie : un peu juste

Avec une batterie de 5000 mAh, cette caméra semble bien dotée, mais n’oublions pas qu’elle doit gérer deux capteurs différents. En usage intensif durant nos tests, en un mois nous sommes passés à 29 % de batterie.

Dans un usage plus normal, nous pouvons atteindre deux à trois mois sans recharge. En l’associant à un panneau solaire, nous pouvons aller jusqu’à six mois et plus, mais il faudra à un moment repasser par la case bloc chargeur. Dommage que la batterie ne soit pas amovible.

Prix et disponibilité de la Reolink Argus 4 Pro

La Reolink Argus 4 Pro est disponible au prix conseillé de 179,99 euros sur le site du constructeur et les revendeurs partenaires.


Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici.

Note finale du test
8 /10
La Reolink Argus 4 Pro est une bonne caméra, surtout si vous comptez surveiller une zone large. C’est là que son champ de vision à 180° est exploité à son plein potentiel. Si l’application demande un investissement certain, cela en vaut la peine et permet de profiter d’une caméra réactive et intelligente. Certes, elle privilégie le champ de vision au détriment de la profondeur de détection, et pourtant elle reste dans la moyenne supérieure.

L’IA arrive bien à distinguer humains, animaux et voitures, aussi bien de jour que de nuit, même si, dans ce cas-là, la distance doit être plus courte pour un résultat optimal. La qualité d’image est correcte, mais moins que nous l'espérions, mais n’oublions pas qu’elle doit surveiller une zone à 180°. En revanche, de nuit, le rendu est en retrait et l’absence de vision nocturne infrarouge se fait ressentir. L’autonomie est l’un de ses points faibles, mais avec un panneau solaire, elle peut fonctionner longtemps sans devoir repasser par la case recharge USB tous les mois.

Points positifs

  • Assez jolie et bien fabriquée

  • Son champs de vision de 180°

  • Détection de mouvement et identification des cibles efficace

  • Vision de nuit couleur à courte portée

Points négatifs

  • Application qui demande à s'investir

  • Autonomie

  • Identification des cibles en retrait de nuit

  • Qualité des image de nuit moyenne

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