AMD a enfin lâché ses puces « Strix Point » (Gorgon Point ici) pour les Mini PC, et c’est Minisforum qui dégaine le premier avec cet AI X1 Pro-470.
On nous promet de l’IA à toutes les sauces avec un NPU survitaminé, mais surtout une puissance de calcul qui devrait, sur le papier, faire trembler les puces M de chez Apple.
On a pu tester cette puce dans le premier PC équipé, un « mini PC » nommé Minisforum AI X1 Pro-470. Il reprend le form factor du X1 Pro mais bénéficie de la nouvelle puce.
Fiche technique
| Caractéristiques | X1 Pro-470 |
| Processeur | AMD Ryzen AI 9 HX 470 (12 cœurs / 24 threads) |
| GPU / NPU | Radeon 890M / NPU 86 TOPS (système complet) |
| Mémoire | 32 Go DDR5 (testé) Support jusqu’à 128 Go |
| Stockage | 1 To SSD NVMe PCIe 4.0 (3 slots disponibles) |
| Connectivité | Wi-Fi 7, Bluetooth 5.4, 2x Ethernet 2.5 Gbps |
| Ports | 2x USB4, OCuLink, HDMI 2.1, DP 2.0, SD Card |
| Prix | 799 € (barebone) / 1399 € (testé) |
t. Le Ryzen AI 9 HX 470 est une bête de course, et la présence d’un port OCuLink montre que Minisforum ne rigole pas avec ceux qui veulent brancher un GPU externe pour transformer ce jouet en monstre de rendu 3D. Mais attention, à 1400 euros la configuration complète, on entre dans le territoire du Mac mini M4 Pro bien optionné.
La configuration testée nous a été fournie par Minisforum.
Déballage, design et connectiques
Ce n’est pas les Mini PC qui disparaissent derrière un écran. Ce X1 Pro-470 est sensiblement plus imposant que ce que la marque nous proposait l’année dernière. On retrouve un format qui rappelle furieusement l’ancien Mac mini d’Intel, avec un châssis plus large et plus profond.
Dans la boîte, Minisforum a eu la bonne idée d’inclure un dock vertical. Vous pouvez le poser sur la tranche pour gagner de la place. C’est stable, c’est propre, et ça donne un look de petite tour de contrôle assez sympa.
La mise en place est un régal pour une raison simple : l’alimentation est intégrée. Pas de brique énorme qui traîne par terre ou derrière le bureau. On branche un simple cordon « trèfle » et c’est parti.
Le premier démarrage est classique pour du Windows 11 Pro, mais on note tout de suite les petites touches matérielles. Le lecteur d’empreintes sur le dessus est réactif et permet de zapper le mot de passe en un clin d’œil.
La fiche technique nous promet deux slots SO-DIMM pour la RAM, mais sur mon exemplaire de test, je n’en ai vu qu’un seul. Si vous voulez passer à 64 Go, il faudra racheter une barrette complète plutôt que d’en ajouter une. C’est certainement pour faire quelques économies, limiter le prix, à cause de la pénurie de mémoire vive, mais c’est désormais très courant dans le monde du PC.
Côté design, on est sur de l’aluminium sablé plutôt qualitatif. C’est sobre, c’est pro. Les finitions sont propres, rien ne craque, et l’assemblage semble sérieux.

La façade est chargée, peut-être un peu trop. On y trouve deux ports USB-A, un USB-C et un jack combo. Mais le plus étrange, c’est ce bouton Copilot physique. Franchement ? On a déjà une icône dans la barre des tâches et un raccourci clavier. Devoir lâcher sa souris pour aller appuyer sur un bouton sur le PC… c’est inutile selon moi.


À l’arrière, c’est le festival du port. Le double USB4 est là, et l’un d’eux supporte la charge 100W (Power Delivery-. J’ai essayé de l’alimenter avec un chargeur de PC portable de 65W : ça marche, mais les performances s’effondrent de moitié. Pour la pleine puissance, restez sur le câble secteur classique.


Le côté de l’appareil cache un lecteur de carte SD plein format. C’est parfait pour vider ses cartes après un shooting sans avoir à chercher un dongle qui s’est perdu au fond d’un tiroir. Par contre, nous avons obtenu des vitesses de transfert assez moyennes pour ce dernier.

Le réseau est royal : deux ports Ethernet 2.5 Gbps et du Wi-Fi 7. Vous pouvez donc vous en faire un NAS de luxe si vous utilisez les trois emplacements SSD NVMe disponibles.

Mention spéciale au port OCuLink. C’est LA connectique qui monte pour les eGPU, car elle offre une bande passante bien supérieure au Thunderbolt 4 pour le jeu vidéo. Si vous avez le dock DEG1 de la marque, vous pouvez transformer ce petit PC en machine de guerre pour le gaming 4K.
Le dessus du boîtier accueille le lecteur d’empreintes digitales, compatible Windows Hello.
On trouve aussi deux petits micros en façade pour les commandes vocales ou les réunions improvisées. Le son intégré, lui, est là pour dépanner. Ne vous attendez pas à remplacer vos enceintes, c’est suffisant pour une notification ou une vidéo YouTube rapide, mais ça manque cruellement de basses.
Le refroidissement semble avoir été une priorité. Les grilles sont larges et judicieusement placées.
Le châssis reste tout de même assez « dense ». Avec 1,5 kg sur la balance, on sent que l’alimentation interne et le système de refroidissement en cuivre pèsent leur poids. Ce n’est pas un PC qu’on oublie dans un sac à dos, mais il reste transportable.

Un point sur les boutons : le bouton Power est bien distinct du bouton Copilot, mais ils sont proches. Attention aux erreurs de manipulation dans le noir, même si le bouton d’alimentation est à l’extrémité gauche. D’ailleurs, on est sur un bloc capable de délivrer 134,9 W (19V / 7,1A).

Enfin, l’accès aux composants demande de retirer quelques vis sous les pieds en caoutchouc. C’est un classique chez Minisforum, un peu pénible, mais on n’y va pas tous les jours. Une fois dedans, l’agencement est propre, même si ce slot de RAM unique me reste en travers de la gorge.
Performances
Ici, on a un Strix Point de nouvelle génération, on arrive à l’aboutissement de cette vision APU : l’architecture CPU Zen 5 et le cœur graphique RDNA 3.5 cohabitent si bien qu’on en vient à se demander si les cartes graphiques d’entrée de gamme ont encore une raison d’exister. C’est cette fusion historique, désormais boostée par un NPU pour l’intelligence artificielle.
Et ce Ryzen AI 9 HX 470 est un monstre de calcul. Sur Geekbench 6, j’ai obtenu 2893 points en single-core et 10428 points en multi-core.
| Benchmark | Single-Core / Single-Thread | Multi-Core / Multi-Thread |
| Geekbench 6 | 2 893 pts | 10 428 pts |
| Cinebench 2024 | 117 pts | 1 100 pts |
| Cinebench 2026 | 646 pts (Core) / 481 pts (Thread) | 4 321 pts |
Sur Cinebench 2026, le score de 4321 points en multi-thread montre que pour du montage vidéo ou du rendu 3D, ce petit PC ne fait pas de la figuration.
Côté GPU, la Radeon 890M est la meilleure puce intégrée du marché. Sur Geekbench AI, on tape les 28 809 points en Vulkan. Concrètement ? Vous pouvez jouer à des jeux récents en 1080p avec des réglages moyens à élevés de manière fluide. Cela reste bluffant pour un circuit graphique qui ne consomme presque rien.
L’IA est le grand argument de vente. Avec 86 TOPS au total (NPU + GPU + CPU), les tâches locales comme le flou d’arrière-plan en visio ou la transcription automatique tournent sans broncher. On sent que la machine est prête pour la déferlante de fonctionnalités IA de Windows, même si pour l’instant, c’est surtout du marketing. Vous pourrez faire tourner quelques LLM locaux assez petits (et encore, ça dépend de la quantité de mémoire vive), mais cela peut vous donner des idées de projets sans doute.
Et le bruit dans tout ça ? C’est la très bonne surprise. Au repos, il est inaudible. En pleine charge sur un rendu Cinebench, on entend un souffle, mais rien d’agaçant. Mes tests affichent environ 32,7 dB à 50 cm, ce qui est extrêmement contenu pour une telle débauche de puissance.
Le refroidissement « phase change » semble faire des miracles. Le processeur reste sous les 80°C même quand on le torture pendant une heure. C’est rassurant pour la durée de vie des composants, surtout dans un format aussi confiné où la chaleur est normalement l’ennemi numéro un.
Le SSD de 1 To fourni est rapide, exploitant bien le PCIe 4.0. Mais le vrai luxe, c’est d’avoir trois emplacements M.2. Vous pouvez avoir un disque pour le système, un pour vos jeux et un énorme pour vos archives vidéo sans aucun câble qui traîne.

En multitâche, les 32 Go de RAM font le job sans sourciller. Mais proposer 32 Go de RAM, c’est bien sur le papier, mais les mettre sur un seul slot (Single Channel), cela peut poser problème.

Pour comprendre le problème, il faut se rappeler que l’iGPU Radeon 890M n’a pas de mémoire dédiée : il pioche directement dans la RAM du système. En tournant sur un seul canal, on divise par deux la bande passante mémoire disponible. Pour de la bureautique, on ne sent rien. Mais en jeu ? La puce graphique passe son temps à attendre les données, créant un goulot d’étranglement.
Concrètement, ce choix castre littéralement les performances en gaming : vous pouvez perdre entre 20 et 40 % d’images par seconde par rapport à une configuration en Dual Channel (2 x 16 Go). En l’état, si vous voulez vraiment jouer, votre première mission après l’achat sera de racheter une deuxième barrette pour débrider la bête.
Le port OCuLink, testé avec une carte externe, permet de tripler les performances en jeu. On passe d’un PC de bureau très costaud à une machine de gaming extrême en un seul câble. C’est la modularité ultime pour ceux qui bossent dur et jouent encore plus dur.
Un bémol sur l’alimentation USB-C : n’espérez pas l’utiliser pour des tâches lourdes si votre écran ne délivre pas au moins 100 W. Les scores Geekbench chutent de manière spectaculaire si le jus manque, le PC passant en mode « économie forcée ».
Prix et disponibilité
À 1399 euros dans cette configuration, Minisforum quitte le monde du « bon plan » pour s’attaquer au premium.
Certes, la puce Ryzen AI 9 HX 470 est une merveille technologique, mais le client final doit se demander s’il paie pour la puissance ou pour la miniaturisation. À mon sens, la version Barebone à 799 euros est bien plus intéressante pour ceux qui ont déjà de la RAM et un SSD sous la main, surtout quand on voit le bridage imposé par le Single Channel sur le modèle complet.




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