
Longtemps resté l’une des plateformes immanquables de l’internet moderne, Facebook a perdu un peu de son influence ces dernières années, mais cela ne veut pas dire que le site a abandonné tout espoir d’être pertinent pour autant. La preuve, Meta a annoncé que son chatbot allait exploiter les contenus publiés sur sa plateforme (ainsi que sur Instagram) pour répondre à vos questions.
Le nouveau système utilise le modèle Muse Spark annoncé tout récemment, explique Engadget, mais sa disponibilité en Europe est assez incertaine.
Une IA qui fouille dans les groupes Facebook
L’outil sobrement nommé « AI Mode » promet de se démarquer des ChatGPT, Gemini et consorts en offrant « des points de vue et des expériences authentiques plutôt qu’une simple liste de résultats ». Pour ce faire, il va s’appuyer sur les contenus postés « dans les groupes ou dans les Reels ». Sur sa bande démo, Meta met en avant des conseils touristiques avec d’élégantes photos picorées chez Instagram.
La réalité pourrait cependant être bien différente. Année après année et rapport après rapport, les plateformes de Meta sont pointées du doigt comme étant des terreaux propices à la diffusion de fausses informations et des outils de polarisation idéologique.
D’après un rapport de l’organisation Science Feedback daté de 2026, 15 % des contenus publiés sur Facebook et 8 % de ceux publiés sur Instagram sont faux. En 2021, la firme enterrait un rapport qui soulignait la mise en avant de certains articles douteux liant vaccin contre le Covid et morts suspectes. En 2024, c’est carrément la Commission européenne qui interrogeait Meta à propos de possibles campagnes d’ingérence russe durant les élections européennes.
Un déploiement à haut risque
Pas sûr donc que se reposer sur les contenus publiés dans les groupes Facebook et sur les fils Instagram publics soit le meilleur moyen de s’informer. Néanmoins, avec ses trois milliards d’utilisateurs et d’utilisatrices, il est vrai que Facebook dispose d’une richesse de témoignages incomparable. Encore faut-il réussir à trier le bon grain de l’ivraie.
Si Facebook n’a pas donné d’informations quant à la disponibilité de son produit en Europe, il se pourrait bien que ces considérations politiques compliquent son lancement sur le Vieux Continent. Bruxelles veille déjà au grain concernant le déploiement d’IA au sein des logiciels du quotidien, mais quand, en plus, ces dernières posent des questions concernant la modération des plateformes, c’est à la fois le DMA et le DSA qui pourraient s’en mêler.
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