Benchy 3D : quels modèles de test imprimer en premier et où les télécharger ?

 
Lors de l’installation d’une imprimante 3D, l’impression de benchy pour vérifier la bonne configuration de la machine est souvent intégré. Si vous ne savez pas où trouver de modèles pour démarrer, voici nos conseils.

Vous venez de recevoir votre première imprimante 3D et vous trépignez à l’idée de lancer votre première impression. Avant de vous attaquer à cette figurine de dragon de douze heures qui vous fait de l’œil sur Printables, prenez le temps de passer par la case obligatoire : les benchys. Ces petits modèles de test ne sont pas une simple formalité, ils valident le bon fonctionnement de votre machine et vous évitent de gâcher des bobines entières à cause d’un défaut de calibration que vous auriez pu détecter en moins d’une heure.

Qu’est-ce qu’un benchy au juste ?

Le mot benchy est devenu dans la communauté un terme générique qui désigne tout modèle de test conçu pour évaluer les performances d’une imprimante 3D. À l’origine, il fait référence à un seul fichier précis, le 3DBenchy, ce petit bateau jaune que vous avez forcément déjà vu sur les forums et les vidéos de makers. Mais par extension, on appelle aujourd’hui benchy tous les modèles qui servent à diagnostiquer un comportement particulier de votre machine, qu’il s’agisse de précision dimensionnelle, de gestion des ponts, de qualité des surfaces verticales ou de filage entre les pièces.

Melchior pour Frandroid

L’intérêt de ces modèles tient en deux points. D’abord, ils sont conçus pour être imprimés rapidement, en général entre vingt minutes et deux heures, ce qui permet d’itérer vite quand vous ajustez vos paramètres. Ensuite, chaque zone de la pièce est pensée pour mettre en évidence un problème précis, ce qui transforme votre imprimante en banc d’essai et vous donne des informations actionnables plutôt qu’un simple ressenti vague de qualité.

Le 3DBenchy : le passage obligé

Le 3DBenchy est le rite de passage de tout nouveau possesseur d’imprimante 3D. Créé en 2015 par Daniel Norée et Paulo Kiefe au sein de la société suédoise Creative Tools, ce petit bateau de soixante millimètres de long concentre dans son design un nombre impressionnant de défis techniques. La cheminée teste l’impression de petits cylindres, le toit du poste de pilotage évalue la qualité des ponts sans support, la coque vérifie les surfaces courbes, l’arrière du bateau met à l’épreuve les détails fins et les marquages en relief, et le hublot circulaire valide la précision des trous.

Pour un premier print, lancez votre 3DBenchy en PLA avec les paramètres par défaut de votre slicer, sans support et sans modification. Le résultat vous parlera immédiatement. Si la cheminée tient debout sans s’effondrer, si le toit n’a pas affaissé entre les murs, si la proue ne présente pas de stries verticales irrégulières et si les lettres en bas du bateau sont lisibles, votre machine est en bonne santé. Dans le cas contraire, chaque zone défaillante pointe vers un réglage à reprendre.

Comptez environ une heure d’impression sur une imprimante moderne, parfois beaucoup moins sur les machines récentes type Bambu Lab ou Elegoo Centauri Carbon. Le fichier officiel est disponible gratuitement sur le site de référence 3dbenchy.com, sur la page GitHub de Creative Tools, ainsi que sur la fiche Thingiverse originale.

Bonne nouvelle pour finir : depuis février 2025, le 3DBenchy est passé dans le domaine public sous licence CC0. Auparavant distribué sous une licence qui interdisait toute modification, il peut désormais être remixé, intégré à vos propres créations et redistribué librement, y compris pour un usage commercial. Vous pouvez donc faire absolument ce que vous voulez avec ce fichier, sans aucune contrainte.

Le Calibration Cube : la base de la précision

Le cube de calibration XYZ devrait être votre tout premier print, avant même le 3DBenchy si vous voulez procéder dans l’ordre. Ce modèle d’une simplicité absolue, généralement un cube de vingt millimètres d’arête avec les lettres X, Y et Z gravées sur les faces correspondantes, sert à vérifier que votre imprimante respecte les dimensions demandées.

L’utilisation est simple. Vous l’imprimez, vous le mesurez au pied à coulisse sur chaque axe, et vous comparez aux vingt millimètres théoriques. Une dérive de quelques dixièmes est normale et acceptable, mais au delà, vous savez qu’il faudra calibrer les pas de vos moteurs, ajuster vos paramètres de flow ou vérifier la tension de vos courroies. C’est la mesure de référence qui donne la note de fond de votre machine, et c’est aussi un excellent moyen de détecter le ringing sur les arêtes verticales si vous imprimez trop vite.

Le cube ne prend qu’une vingtaine de minutes à imprimer et consomme à peine quelques grammes de filament, ce qui en fait l’outil de calibration le plus économique du lot. La version historique d’iDig3Dprinting reste la référence dont dérivent la plupart des autres, et il existe une variante percée de trous qui vous permet de tester en prime les diamètres intérieurs et les overhangs dans la même impression.

Melchior pour Frandroid

La Temperature Tower : trouver le réglage parfait

La tour de température est le deuxième outil que vous devriez intégrer à votre routine, particulièrement à chaque changement de bobine ou de marque de filament. Le principe est élégant. Le modèle est constitué d’étages superposés, chacun marqué d’une valeur de température différente, généralement par paliers de cinq degrés entre 190 et 230 degrés pour le PLA. Votre slicer modifie automatiquement la température de la buse à chaque changement d’étage grâce à des G-codes insérés dans le fichier.

Une fois la tour imprimée, vous l’examinez visuellement et vous identifiez l’étage qui présente le meilleur compromis entre adhérence des couches, absence de stringing et qualité des détails. C’est cette température que vous utiliserez ensuite pour ce filament précis. Vous découvrirez vite que deux PLA blancs de marques différentes ne s’impriment pas forcément à la même température, et qu’un écart de dix degrés peut transformer une impression médiocre en pièce parfaite.

La plupart des slicers modernes comme PrusaSlicer, OrcaSlicer ou Bambu Studio intègrent désormais des générateurs de tours de température directement dans leur interface, ce qui vous évite d’aller chercher un fichier dédié. Si vous préférez partir d’un modèle existant, la tour compacte de gaaZolee est la référence dont la majorité des autres dérivent, et il existe une version PLA calibrée de 180 à 205 degrés sur Printables prête à l’emploi.

Le Stringing Test : la chasse aux fils d’araignée

Le test de stringing, ou test de filage, est dédié à un défaut très spécifique mais ô combien agaçant. Vous l’avez forcément déjà observé : ces petits fils fins qui pendent entre les éléments d’une pièce, comme des toiles d’araignée microscopiques, et qu’il faut nettoyer un par un au cutter une fois l’impression terminée. Ce phénomène est causé par un mauvais réglage de la rétractation, le mécanisme qui demande à l’extrudeur de tirer un peu de filament en arrière quand la buse se déplace sans extruder.

Le modèle de test est généralement constitué de plusieurs petites tours espacées les unes des autres. Quand la buse fait l’aller-retour entre ces tours, elle traverse le vide, et c’est précisément à ce moment que le stringing apparaît si la rétractation est mal réglée. Vous imprimez ensuite plusieurs versions en faisant varier la distance et la vitesse de rétractation jusqu’à obtenir un résultat propre.

Pour les imprimantes en direct drive, comptez une rétractation entre 0,5 et 2 millimètres. Pour les machines en Bowden, qui ont un tube PTFE entre l’extrudeur et la buse, la valeur peut monter jusqu’à 5 ou 6 millimètres. Ces valeurs sont indicatives, et seul votre test vous donnera le réglage optimal pour votre couple machine et filament. Le Basic Stringing Test de Loohney est le plus simple pour démarrer, le Retraction Dual Tower Test est disponible sur Printables, et si vous voulez reproduire des conditions proches de vos vraies impressions, une version à longs déplacements introduit de grandes distances de trajet qui révèlent des défauts invisibles sur les tests classiques.

L’All In One Test : le condensé pratique

Les modèles tout en un rassemblent en une seule impression la plupart des défis techniques que rencontrent les imprimantes 3D. Ces fichiers contiennent généralement une zone de stringing, un pont sans support, des surfaces verticales pour détecter le ringing, des cylindres pour vérifier les diamètres, des angles de plus en plus prononcés pour tester les overhangs sans support, et parfois même de petits textes en relief pour valider la finesse des détails.

L’avantage de ce format est évident, vous obtenez un diagnostic complet en une seule impression d’environ une heure. L’inconvénient, c’est que si plusieurs zones échouent simultanément, vous ne savez pas toujours par où commencer. C’est pour cette raison que je recommande de l’imprimer après le cube et le 3DBenchy, quand vous avez déjà éliminé les problèmes les plus grossiers.

Le modèle de référence en la matière est le All In One 3D Printer Test de majda107, devenu un véritable standard communautaire avec ses millions de téléchargements. Il en existe une version MICRO plus économe en filament idéale pour des tests rapides, et pour ceux qui veulent un modèle plus récent, le All In One 2.0 de Zipolla ajoute des tests de support et de mise à l’échelle.

Le Cali Cat et les benchys propriétaires

Les fabricants d’imprimantes ont compris l’intérêt de proposer leurs propres modèles de calibration, et certains valent vraiment le détour. Bambu Lab a popularisé le Cali Cat, un petit chat de calibration qui est devenu aussi iconique que le 3DBenchy chez les utilisateurs de la marque. Au delà de son côté mignon, il teste les overhangs, les surfaces courbes et la précision des détails sur un format compact, et vous le trouverez directement sur MakerWorld avec son profil d’impression associé.

Elegoo propose également des modèles dédiés à ses machines via sa plateforme Nexprint, accessible à l’adresse nexprint.com. Ces fichiers sont calibrés pour exploiter au mieux les capacités spécifiques des imprimantes Centauri et conviennent particulièrement bien aux nouveaux acquéreurs de machines de la marque.

L’intérêt de passer par les modèles propriétaires de votre fabricant est que les profils d’impression sont souvent fournis avec, ce qui vous évite de chercher manuellement les bons paramètres dans votre slicer. Le revers de la médaille, c’est que ces benchys sont parfois plus cléments que les modèles génériques et peuvent vous faire passer des défauts qu’un 3DBenchy aurait révélés. Sur les machines rapides récentes, pensez aussi à lancer le test de flow rate et de pressure advance, ce dernier paramètre qui anticipe la pression dans la buse lors des changements de direction est devenu central pour obtenir des angles nets à haute vitesse. La plupart des slicers maison comme Bambu Studio ou OrcaSlicer intègrent désormais ces routines de calibration en quelques clics.

Un mot enfin pour les possesseurs d’imprimantes à résine, car les benchys ne se limitent pas au filament. L’univers de la résine a ses propres modèles de test, comme les Cones of Calibration qui valident vos temps d’exposition couche par couche, ou les Validation Matrix qui vérifient la précision dimensionnelle et la résolution de votre écran. La logique reste la même, vous imprimez vite, vous observez, vous ajustez, mais les paramètres en jeu diffèrent totalement de ceux du dépôt de filament.

Quelle plateforme pour quel profil ?

Vous avez sans doute remarqué que les fichiers cités jusqu’ici proviennent de plusieurs bibliothèques en ligne. Plutôt que de toutes les détailler, retenez une règle simple d’orientation selon votre matériel. Si vous possédez une Bambu Lab, MakerWorld est votre réflexe, car la plateforme s’intègre nativement à Bambu Studio et fournit les modèles maison comme le Cali Cat avec leurs profils optimisés. Si vous avez une Elegoo, Nexprint propose des fichiers directement validés pour vos machines. Pour tout le reste, Printables, opérée par Prusa Research, reste ma recommandation par défaut grâce à son excellente curation et à ses profils d’impression détaillés. Thingiverse, le pionnier lancé en 2008, conserve la plus grande archive de tests historiques même si son interface a vieilli, et la plateforme française Cults3D complète le tableau avec un mélange de fichiers gratuits et payants. Toutes sont accessibles gratuitement à l’inscription.

Dans quel ordre les imprimer ?

Si je devais vous donner un parcours d’apprentissage cohérent pour vos premières heures avec votre nouvelle imprimante, voici comment je procéderais. Commencez par le cube de calibration XYZ pour vérifier la précision dimensionnelle de base. Si les mesures sont dans les clous, passez à la tour de température pour identifier le réglage optimal de votre filament. Une fois la bonne température trouvée, lancez le 3DBenchy avec ces paramètres et observez le résultat. Si le bateau présente du stringing, attaquez le test de filage pour ajuster votre rétractation. Enfin, validez l’ensemble avec un All In One Test qui vérifiera que tous vos réglages se combinent correctement.

Ce parcours prend environ trois à quatre heures d’impression cumulées et consomme moins de cent grammes de filament, mais il vous fera économiser des dizaines d’heures de frustration sur vos vrais projets.

Documenter ses tests : la bonne habitude

Garder une trace écrite de vos tests est l’habitude qui sépare ceux qui galèrent à chaque nouvelle bobine de ceux qui impriment du premier coup. Notez quelque part, dans un simple fichier texte ou sur un carnet, les paramètres optimaux que vous identifiez pour chaque marque et chaque couleur de filament. La température idéale, la vitesse de rétractation, le flow rate ajusté, la vitesse maximale d’impression sans perte de qualité.

Avec le temps, cette base de connaissances personnelle devient un atout précieux. Quand vous changez de filament ou reprenez un projet plusieurs mois plus tard, vous gagnez un temps considérable. C’est un réflexe que je recommande à tous, même à ceux qui pensent ne jamais en avoir besoin.

Et après les benchys ?

Une fois votre imprimante validée par cette batterie de tests, vous pouvez attaquer sereinement vos premiers vrais projets. Pour vous donner des idées sans vous lancer immédiatement dans des impressions de douze heures, je vous renvoie à notre guide pour bien débuter en impression 3D qui détaille les premières créations à tenter et les pièges à éviter. Si vous rencontrez des problèmes en cours de route, notre dossier sur les problèmes courants d’impression 3D vous donnera les pistes pour les résoudre.

Les benchys ne sont pas réservés aux débutants. Les makers expérimentés y reviennent à chaque modification de leur imprimante, à chaque changement de marque de filament, à chaque mise à jour de firmware. C’est l’outil de diagnostic universel de notre hobby, et c’est aussi le moyen le plus rapide de progresser dans la compréhension de votre machine. Ne sautez pas cette étape, elle vaut son pesant d’or.


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