
Nothing n’est pas une marque qui découvre l’audio. Depuis ses débuts, la marque londonienne s’est imposée avec ses intra-auriculaires. Les Ear (1), Ear (2) puis Ear (a) ont chacun convaincu par la même recette : un tuning soigné, des transducteurs de qualité, un prix sans rapport avec les performances. Les Ear (a) notamment, à 99 euros, m’avaient bluffé par leurs graves bien construits et leurs aigus propres. Nothing affichait un savoir-faire acoustique réel — et les mesures le confirmaient.
Pour aller plus loin
Meilleurs casques Bluetooth en 2026 : quel modèle choisir ?
Le Headphone (1), le premier casque de la marque, était allé encore plus loin. Cosigné avec KEF, le spécialiste britannique de la haute-fidélité, il avait fait aussi bien — sinon mieux — que des casques au double de son prix. Une ANC d’excellent niveau, une signature neutre et équilibrée, une scène sonore ample. Un premier essai remarqué dans un segment dominé par Sony, Bose et Apple.
Le Headphone (a) prend le relais à 159 euros. Le partenariat avec KEF disparaît. Le tuning est désormais assuré en interne. Les transducteurs restent identiques : 40 mm, membrane titane. Mais la signature évolue. Et la promesse d’autonomie est exceptionnelle : 135 heures sans ANC.
Nothing Headphone (a)Spécifications techniques
| Modèle | Nothing Headphone (a) |
|---|---|
| Typologie | casque circum-aural |
| Réduction de bruit active | Oui |
| Diamètre des transducteurs | 40 mm |
| Autonomie annoncée avec fonction ANC activée | 75 heures |
| Poids du casque | 310 g |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec un casque prêté par Nothing.
Nothing Headphone (a)Look 80s
310 grammes sur la balance : c’est légèrement au-dessus de la moyenne pour un casque nomade, mais à l’usage, ce poids ne se fait pas vraiment sentir. Les coussinets en mousse à mémoire de forme épousent bien l’oreille et absorbent la pression de l’arceau. Le confort est donc bon pour de longues sessions.
L’arceau est légèrement rigide mais offre une amplitude suffisante pour les grandes têtes, avec des articulations entre oreillettes et branches qui autorisent des réglages fins. Bémol : le casque n’est pas pliable, moins compact que certains concurrents. Les oreillettes s’orientent néanmoins pour une pose à plat ou un port autour du cou.
Le design reprend les codes Nothing : coques semi-transparentes, finitions bi-matière, géométrie marquée. Les oreillettes rectangulaires aux angles arrondis évoquent les cassettes audio — une référence assumée à la hi-fi des années 80. Disponible en Blanc, Noir, Jaune et Rose, le Headphone (a) tranche franchement avec les casques concurrents. La transparence est moins spectaculaire que sur le Headphone (1), dont les coques en aluminium laissaient voir les composants internes. Ici, le plastique prend le dessus. Ce choix de matériaux explique en partie le tarif. La certification IP52 est présente : projections d’eau et poussière, c’est couvert.
Les commandes sont entièrement physiques. Pas de surface tactile. Un roller sur la tranche de l’oreillette droite gère le volume, un clic dessus met en pause et s’il est prolongé, bascule le mode ANC. Une palette sous le roller navigue entre les pistes. Enfin, un bouton sur l’extérieur déclenche l’assistant vocal. Des retours sonores confirment chaque action. Les commandes tombent naturellement sous les doigts. La prise en main est immédiate — et franchement rafraîchissante dans un monde de surfaces tactiles.

Une entrée jack 3,5 mm est présente, câble mini-jack fourni. Utile pour une source analogique, une tablette, un ordinateur. Utile aussi pour éliminer toute latence en jeu vidéo.
Nothing Headphone (a)Une app toujours aussi sympa avec ses égaliseurs
L’application Nothing X est l’une des plus complètes du segment. Elle centralise tous les réglages du casque dans une interface claire et bien organisée.
La réduction de bruit dispose de quatre niveaux : Bas, Moyen, Haut et Adaptatif. Le mode Adaptatif ajuste l’intensité en temps réel selon l’environnement sonore — et ménage la batterie dans les situations calmes.

L’égaliseur se décline en trois niveaux de complexité. Le mode Simple propose quatre présélections sous forme de diagramme visuel : Équilibré, Plus de graves, Plus d’aigus, Voix. Accessible à tous, sans effort. Le mode Avancé offre un égaliseur paramétrique 8 bandes avec ajustement de la fréquence et du facteur Q. Le mode Explorer donne accès aux profils créés par la communauté Nothing — notés et téléchargeables directement depuis l’application. Une bonne idée.
Le renforcement des basses est activable séparément, sur plusieurs niveaux. Un algorithme analyse les basses fréquences en temps réel pour renforcer l’impact sans générer de distorsion.
L’audio spatial propose deux modes : Concert et Théâtre. L’élargissement de la scène est modéré. Pas d’effet artificiel déplaisant. La stéréo native est suffisamment large pour que l’apport reste limité en pratique. On y reviendra dans la section audio.
Côté codecs, l’application permet de choisir entre AAC et LDAC. Le LDAC est désactivé par défaut — son activation améliore la qualité de transmission en haute résolution, au prix d’une légère perte d’autonomie. Pas d’aptX. Le mode basse latence est présent pour le jeu. La double connexion est disponible mais désactivée par défaut.
Nothing Headphone (a)Une ANC très efficace
L’ANC du Headphone (a) est une vraie surprise. À ce prix, je ne m’attendais pas à une telle efficacité.
Nothing atteint ici un niveau qui frôle le plafond de verre des casques nomades. L’isolation n’est pas absolue — on perçoit encore légèrement les basses fréquences dans les environnements très bruyants. Mais la réduction dans les fréquences médium est remarquable. Dans un train, un avion ou un open-space, le silence s’installe vraiment. Un Bose QC Ultra Headphones 2e Gen à 449 euros affiche une ANC à peine supérieure. L’écart de prix ne reflète pas l’écart de performance sur ce critère.
L’ANC adaptative gère bien les différents environnements. Elle module l’intensité selon le contexte et préserve la batterie dans les situations calmes. L’intensité est aussi réglable manuellement dans l’application.

Le mode transparence remplit son office. Les sons extérieurs passent correctement, sans sifflement parasite ni coloration excessive. Il ne rivalise pas avec le mode transparence des AirPods Pro 3, dont le rendu est d’une naturalité quasi parfaite. Les Samsung Galaxy Buds 4 Pro font également mieux sur ce point précis. Pour un casque de cette gamme de prix, c’est tout à fait utilisable au quotidien.
Nothing Headphone (a)Pas loin du Headphone (1) au niveau acoustique
Les transducteurs du Headphone (a) sont identiques à ceux du Headphone (1) : 40 mm, membrane titane. Le titane se déforme très peu. Ce comportement mécanique se traduit par une restitution des hautes fréquences précise et propre, sans ramollissement ni distorsion. Les aigus fins sont bien délimités.
La différence avec le Headphone (1) réside dans le tuning. Nothing assure désormais la signature en interne, sans KEF. La courbe de réponse en fréquences le confirme.

Le Headphone (1) proposait une signature assez neutre, relativement plate dans le grave, avec une légère pente descendante jusqu’au bas-médium, puis une scène médium-haut bien tenue. La courbe du Headphone (a) est différente, avec une clarté plus appuyée dans l’aigu. Un pic bien marqué à 100 Hz donne du punch aux graves. Le bas-médium est creusé vers 200 Hz, ce qui allège la chaleur globale. La plage médium est relativement plate de 500 Hz à 1 kHz, avec une chute vers 2 kHz, ce qui fait que les voix peuvent manquer un peu de texture sur des enregistrements complexes. Le pic de présence se situe autour de 4 kHz, plus bas et plus marqué que sur le Headphone (1). L’écoute est plus incisive, plus claire, avec une brillance à laquelle on s’habitue rapidement.
La signature globale reste néanmoins proche de celle du Headphone (1). Le Headphone (a) est plus énergique, plus engageant à l’écoute immédiate. Un peu moins raffiné, un peu plus grand public, ce qui n’est pas péjoratif. Pour retrouver la signature KEF, il suffit d’atténuer légèrement la zone 4-5 kHz dans l’égaliseur avancé et de ne laisser qu’une légère élévation vers 10 kHz et 14 kHz. L’écart se réduit alors considérablement.

La scène sonore est bien peuplée, l’immersion est forte. Pas nécessairement large ni profonde dans l’espace stéréo, mais le son est très proche de l’oreille, comme avec des intra-auriculaires bien ajustés. Pour un casque circumaural, c’est plutôt rare et très appréciable. Les modes audio spatial Concert et Théâtre élargissent légèrement la scène sans forcer le trait, mais comme souvent on peut s’en passer car la stéréo simple est plus agréable. La restitution des détails fins est bonne, la dynamique correcte, les transitoires bien rendues.
Nothing Headphone (a)Impressions d’écoutes
Billie Eilish, Birds of a Feather. Les cordes d’introduction sont propres, bien séparées dans le spectre. La voix occupe l’espace avec une belle présence. Le bas-médium aéré donne de la légèreté à l’ensemble. Le refrain révèle le pic à 4 kHz sur les attaques de guitare. L’ensemble reste très agréable.
Tyler, The Creator, Noid. La production basse et texturée de ce titre met les transducteurs à l’épreuve. La boîte à rythmes est lourde, bien définie, sans flou. La voix est nette et lisible dans le médium. La dynamique est convaincante. Un beau test de grave rapide.
Arooj Aftab, Mohabbat. Voix aérienne sur fond de guitare et tabla. Le Headphone (a) restitue la profondeur du mix avec une certaine justesse. Les harmoniques vocales sont légèrement en retrait à cause du creux à 2 kHz. L’atmosphère de l’enregistrement est bien rendue. L’espace autour des instruments est perceptible.
Justice, Neverender. Synthés denses, grosse caisse sèche, distorsion maîtrisée. Le casque encaisse sans flancher. L’énergie du mix est là. Les aigus saturés des synthés passent sans agressivité excessive. Une belle démonstration sur de l’électro musclée.
Stromae, Défiler. Production hybride entre orchestral et électronique. Le grave est présent et contrôlé. Les cuivres ont du corps. Les transitions dynamiques sont bien gérées. La scène sonore est cohérente, les plans bien séparés.

Nothing Headphone (a)Qualité des appels
La qualité des appels est bonne. Pas exceptionnelle. Nothing n’intègre pas de codec sophistiqué pour la transmission du microphone. La voix est intelligible et naturelle en intérieur calme.
En environnement bruyant, la réduction de bruit côté microphone fait son travail. On note un léger effet de pompage sur les sons environnants, perceptible par l’interlocuteur dans les situations très bruyantes. À un niveau ambiant normal, il n’est pas gênant.
Bref, ce casque est parfaitement utilisable pour des appels quotidiens. Il n’est pas une référence sur ce critère, mais il sera difficile de s’en plaindre.
Nothing Headphone (a)Infatigable
L’autonomie est l’argument massue du Headphone (a). Nothing annonce 135 heures d’écoute sans ANC et 75 à 80 heures avec ANC actif. Ces chiffres correspondent à la réalité en réduction de bruit active. En somme, ce casque ne repasse pas souvent à la pompe.
La charge rapide est efficace. Cinq minutes en USB-C suffisent à récupérer 8 heures d’écoute sans ANC, ou 5 heures avec. Une charge complète prend environ deux heures.
Nothing Headphone (a)Prix et disponibilité
Le Nothing Headphone (a) est disponible en Blanc, Noir, Jaune et Rose au prix de 159 euros.
Il a deux concurrents identifiés, le CMF Headphone Pro by Nothing à 99 euros et le Clam Ace 2 de Fresh ‘n Rebel. Deux très bons casques, moins onéreux, qui sont des alternatives parfaitement valables au Nothing Headphone (a). Pour vous en convaincre, jetez un œil à notre comparatif.






Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.