On va évacuer le sujet tout de suite pour ne pas créer de faux espoirs : l’Oppo Find N6 ne sortira pas en France. Inutile de harceler la marque, la décision est prise. C’est frustrant ? Évidemment. Surtout quand on voit l’engin.
Alors, plutôt que de pleurer sur ce qu’on ne trouvera pas dans nos rayons, j’ai décidé de faire l’inverse : une thérapie de groupe. J’ai utilisé ce smartphone quelques jours et je vais vous démontrer par A plus B pourquoi on vit très bien sans lui.
Et il y a des produits qu’on teste avec un mélange d’admiration et de frustration. L’Oppo Find N6 fait partie de cette catégorie. C’est un smartphone pliant techniquement remarquable : fin, endurant, doté d’un écran dont la pliure a quasiment disparu et d’un module photo ambitieux.
Le premier contact avec la machine déroute
8,9 mm d’épaisseur une fois replié. C’est tout simplement délirant. On parle d’un smartphone pliant qui a quasiment le même profil qu’un iPhone ou un Pixel. En main, la sensation de « brique » qui collait à la peau des pliants disparaît totalement. À 225 grammes, Oppo réussit l’exploit de faire oublier qu’on transporte un écran de 8 pouces dans sa poche de jean. C’est fin, c’est dense.

Et l’autre surprise, c’est la pliure. Le miracle se trouve au niveau de la charnière en titane imprimée en 3D. L’assemblage est d’une très bonne rigidité. Vous pouvez l’ouvrir à n’importe quel angle, ça tient, ça ne bascule pas en arrière.

Il est incroyablement fin, à tel point que le port USB-C est séparé de la coque par une infime partie métallique. Sans supprimer complètement le port, il est difficile d’imaginer des téléphones encore plus fins. Le plus frappant, c’est que malgré cette finesse, le téléphone est solide, voire robuste. Il ne se déforme pas sous la pression, et même si je suis certain que JerryRigsEverything trouvera un moyen de le casser, je n’ai pas l’impression de risquer de le faire par accident.

L’anecdote de la poche de jean est souvent fatale pour les pliants. Pas ici. Le glisser dans un pantalon serré se fait sans avoir l’impression de transporter une brique… comme le Pixel 10 Pro Fold. C’est l’un des premiers modèles au format « livre » qui s’oublie vraiment en déplacement.
La pliure, je reviens sur ça, elle est quasiment imperceptible au toucher. Le pli n’a pas encore complètement disparu, mais il est désormais suffisamment discret pour qu’il soit difficilement gênant. En gros, ce pli n’a pas complètement disparu, mais il est suffisamment discret pour ne plus gêner personne.

Le Find N6 n’est pas encore le smartphone pliable le plus fin (ce titre revient au Honor Magic V6), mais avec ses 8,93 mm d’épaisseur et ses 225 g, il affiche des dimensions et un poids quasiment identiques à ceux du Samsung Galaxy Z Fold 7.

Il embarque les certifications IP58 et IP59. Concrètement ? Il résiste aux immersions et aux jets d’eau à haute pression. Vous pouvez théoriquement le laver au karcher (bon, n’essayez pas chez vous, mais l’idée est là).

Les boutons de volume et d’alimentation tombent parfaitement sous le pouce. En revanche, je trouve les coins du téléphone un poil trop anguleux. Quand on le tient longuement ouvert pour lire, la tranche vient mordre légèrement dans la paume de la main, là où un Honor Magic V6 propose des courbes bien plus douces.
Le Magic V6 dispose également d’une batterie plus importante, même si la capacité de 6 000 mAh de la batterie silicium-carbone du Find N6 est loin d’être négligeable et tient largement pour une utilisation d’une journée entière.
Retournez l’appareil, et vous tombez nez à nez avec l’immense îlot photo circulaire. Il prend une place monstre au dos de l’appareil. L’avantage, c’est qu’il centre parfaitement le poids de l’appareil quand on le pose à plat sur une table.
Photo Hasselblad : du potentiel, mais un partenariat qui manque de profondeur
Les appareils photo sont un autre point fort potentiel du téléphone. Le module arrière se compose d’un capteur principal de 200 mégapixels (Samsung ISOCELL HP5, 1/1.56″, f/1.8, OIS), d’un ultra grand-angle de 50 mégapixels (15 mm) et d’un téléobjectif périscopique de 50 mégapixels (70 mm, zoom optique 3x). Les trois capteurs sont fournis par Samsung et filment en 4K 60 fps Dolby Vision.

En plein jour, on peut saluer le Lumo Engine. Ce moteur d’image maison, couplé à un capteur spectral à 9 canaux, gère la colorimétrie comme il le faut. Les teintes de peau sont bonnes, la dynamique débouche les ombres sans cramer le ciel, et le piqué du 200 MP permet de zoomer numériquement sans perte visible.
Là où ça coince, c’est en basse lumière. L’autofocus devient capricieux, la mise au point hésite sur les sujets en mouvement, et le mode nuit altère parfois les couleurs de manière perceptible. On a constaté du blooming sur les hautes lumières nocturnes. En plus, le téléobjectif 3x est en retrait par rapport au zoom 5x du Pixel 10 Pro Fold, notamment sur les scènes très chargées.




Le quatrième capteur est le même capteur de spectre de couleurs qu’Oppo avait introduit sur les modèles Find X9 de l’année dernière , qui bénéficiaient d’excellents clichés. Malgré un bloc photo imposant, Oppo a travaillé à le rendre relativement plat et parfaitement intégré au téléphone.
Et puis il y a la question Hasselblad. Le partenariat existe, les modes sont là, Master Mode, XPAN pour les panoramiques en 65:24, le travail colorimétrique. Mais quand on compare avec ce que Xiaomi fait de Leica dans ses Xiaomi 17, on sent une différence de finition. Chez Xiaomi, l’interface photo est pensée comme une extension de l’identité Leica : les filtres, les modes, les réglages respirent l’expertise photographique.
Chez Oppo, Hasselblad reste davantage une signature sur le hardware qu’une véritable philosophie logicielle. Les modes pros sont là, oui, mais l’interface manque de cohérence.
Les filtres « Master » sont fades, l’interface manque de personnalité, et on remarque même des incohérences de couleurs quand on passe de l’objectif principal à l’ultra grand-angle.
Xiaomi qui a su insuffler une véritable âme avec Leica, l’interface photo d’Oppo reste générique. Ce n’est pas mauvais. C’est juste en dessous de ce qu’on pourrait attendre d’un partenariat avec un nom pareil.
L’interface : le « One UI moment » n’est pas là
Le problème, c’est que l’on n’utilise pas une fiche technique, on utilise un logiciel. Et ColorOS 16 est, pour rester poli, un joyeux bazar. On attendait qu’Oppo vive enfin son « One UI moment », ce fameux basculement où Samsung a compris qu’il fallait épurer, simplifier et homogénéiser son interface pour la rendre agréable. Chez Oppo, on en est encore à empiler les fonctions sans réelle cohérence visuelle.

Sur un écran pliable, l’ergonomie est vitale. Pourtant, ColorOS reste brouillon. Les menus sont une forêt dense d’options mal rangées, les animations manquent parfois de liant et l’ensemble manque cruellement de cohérence. C’est frustrant, et ça gâche quotidiennement le plaisir d’utiliser un hardware aussi noble.
Pourtant, tout n’est pas noir. Leur système multitâche, le Free Flow Windows, est une tuerie absolue. Vous pouvez redimensionner et caler trois applications en même temps sur le grand écran interne avec une fluidité déconcertante. C’est le seul moment où l’interface justifie vraiment le format pliant.
Faut-il regretter le Find N6 ?
J’ai une excellente nouvelle pour votre compte en banque : vous ne devez absolument pas l’acheter. Puisqu’Oppo a décidé de ne pas le sortir en France, il faudrait passer par la case import à près de 2000 euros. Alors j’ai décidé de vous faire économiser cette somme.
C’est probablement l’un des meilleurs pliants du moment, mais l’impossibilité de l’acheter normalement en Europe en fait un objet de curiosité plutôt qu’une recommandation d’achat. Qu’est-ce qui empêche la marque de tenter le marché occidental ?
En attendant, le Samsung Galaxy Z Fold 7 reste le pliant de référence accessible en France, avec One UI et son écosystème maîtrisé. Le Honor Magic V5 (en attendant le V6), lui aussi disponible en Europe, offre une finesse comparable et un logiciel plus propre. Et le Pixel 10 Pro Fold de Google propose un zoom supérieur et un traitement photo en basse lumière encore devant. On apprécie surtout la sobriété de l’interface Google, mais c’est une histoire de goût.








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