Elle a bâti un empire sur des clés Windows : elle finit derrière les barreaux

 
L’époque où l’on achetait ses clés Windows pour une poignée d’euros sans crainte vient de prendre un sacré coup de froid. Heidi Richards, une entrepreneuse floridienne, vient d’être condamnée à 22 mois de prison pour avoir industrialisé la revente de licences Microsoft.
Source : Microsoft

Acheter une licence Windows 10 ou Office directement chez Microsoft, c’est souvent accepter de payer le prix fort, parfois plus de 145 € pour une version Pro. Alors, forcément, le réflexe de beaucoup est de se tourner vers des sites de « clés pas chères ».

Mais derrière ces tarifs attractifs se cache une machine judiciaire qui, de temps en temps, décide de broyer les plus gros poissons du secteur.

Heidi Richards, à la tête de Trinity Software Distribution, a fait fortune en exploitant les failles des Certificats d’Authenticité (COA). Entre 2017 et 2023, elle a injecté plus de cinq millions de dollars dans l’achat de ces précieux sésames, provenant des États-Unis mais aussi de l’étranger. Le problème ? Ce qui ressemble à du commerce classique est en réalité une violation frontale des contrats de licence de Microsoft.

Le tableur Excel qui valait des millions

Le mode opératoire de cette entrepreneuse, qui utilisait plusieurs alias pour couvrir ses traces, était d’une simplicité presque déconcertante.

Elle achetait des étiquettes COA en gros, ces petits stickers que vous trouvez normalement collés sous les ordinateurs portables ou sur les boîtes de logiciels. Une fois en possession des étiquettes, elle répertoriait chaque clé d’activation dans un immense tableur Excel avant de les revendre à l’unité à des prix défiant toute concurrence.

Pour le seul mois de juillet 2018, elle a acquis 500 certificats Windows 10 Pro et 300 pour la version Home pour environ 22 000 dollars. Les clés CD étaient ensuite cédées à des particuliers ou des entreprises qui pensaient faire une bonne affaire. Mais pour la justice de Floride, il ne s’agit pas de simple revente de seconde main, mais d’une distribution illégale à grande échelle de produits qui ne sont pas destinés à être vendus de la sorte.

Pour Microsoft, ces étiquettes servent à vérifier l’authenticité d’un produit déjà installé (souvent par un fabricant de PC comme Dell ou HP) et ne constituent pas, en elles-mêmes, une licence logicielle autonome que l’on peut détacher et revendre à un tiers. En clair, Heidi Richards Richards vendait le droit d’activer le logiciel sans en posséder le droit de distribution.

Vers la fin des clés à bas prix ?

En plus des 22 mois de prison, l’entrepreneuse devra s’acquitter d’une amende de 50 000 dollars.

Si la firme ferme souvent les yeux sur les petits revendeurs ou l’utilisateur lambda qui active son PC avec une clé à 2 euros sur eBay, elle ne peut pas ignorer une structure qui génère des millions de dollars de chiffre d’affaires sur son dos.


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