
CATL, le géant mondial de la batterie qui équipe la majorité des voitures électriques dans le monde, vient de passer une étape majeure : le déploiement à grande échelle de robots humanoïdes sur ses lignes de production.
Son nom est Xiaomo comme le relaye le média Gasgoo, et contrairement à vos collègues, il ne craint ni les tâches répétitives, ni les décharges de plusieurs centaines de volts.
Xiaomo : le spécialiste de la haute tension
Soyons clairs, on ne parle pas ici d’un robot qui danse ou qui fait des saltos arrière pour amuser la galerie. Xiaomo a un job précis et ingrat : il gère les tests de fin de ligne (EOL) et de résistance interne (DCR) sur les packs de batteries.
Concrètement, cela signifie manipuler des prises de test transportant de la haute tension et les insérer avec précision dans les ports des batteries. C’est typiquement le genre de poste critique en usine : pour un humain, c’est à la fois dangereux (risque d’arc électrique) et extrêmement lassant, ce qui mène inévitablement à des baisses de vigilance et des erreurs.

La force de ce robot développé par Spirit AI (une start-up de Hangzhou soutenue par CATL) réside dans son cerveau. Il utilise un modèle « Vision-Langage-Action » (VLA). Derrière ce terme un peu barbare se cache une capacité simple : il « voit » son environnement et s’adapte.
Si un câble pendouille un peu trop à gauche ou si un connecteur n’est pas parfaitement aligné, il ajuste sa posture en temps réel, là où un automate classique se contenterait de forcer bêtement (et de tout casser).
Une productivité qui fait mal (aux humains)
Les chiffres avancés par CATL sont, il faut l’avouer, assez violents pour la main-d’œuvre humaine. Xiaomo affiche un taux de réussite de connexion supérieur à 99 %. Mais c’est surtout sur l’endurance qu’il creuse l’écart.
Puisqu’il n’a pas besoin de pause café, de sommeil ou de rentrer chez lui le soir, sa charge de travail quotidienne est tout simplement triplée par rapport à un ouvrier qualifié. Il peut même basculer en « mode inspection » pendant les micro-pauses opérationnelles pour vérifier que tout est en ordre.
C’est là tout l’enjeu pour CATL, qui pèse déjà plus de 38 % du marché mondial de la batterie de voitures électriques : augmenter la cadence sans sacrifier la sécurité. Le robot ne remplace pas (encore) tout le monde, mais il prend la place la plus exposée.
La course à l’humanoïde : Tesla et Mercedes en embuscade
CATL n’est pas seul sur ce créneau, loin de là. C’est même devenu la nouvelle obsession des constructeurs automobiles.
Mercedes-Benz teste depuis quelques mois le robot Apollo d’Apptronik. Son rôle est pour l’instant plus logistique : il apporte des pièces aux ouvriers sur la chaîne de montage (le fameux « kitting »). C’est moins risqué que de toucher à la haute tension, mais tout aussi crucial pour fluidifier la ligne.
BMW a fait tourner des robots Figure 02 dans son usine américaine de Spartanburg. Là, on parlait de placer des pièces de tôlerie avec précision dans le châssis.
Tesla, évidemment, continue de pousser son Optimus, qui pour l’instant se contente de rôle simple, comme trier les cellules de batteries.
Et l’humain dans tout ça ?
L’arrivée de Xiaomo dans les usines de Luoyang préfigure ce qui nous attend : une automatisation qui ne se contente plus de cages grillagées et de bras articulés fixes, mais qui adopte une forme humaine pour s’insérer directement dans des environnements conçus pour nous.
Pour l’instant, cela évite aux humains de risquer l’électrocution. La vraie question sera de voir jusqu’où cette « collaboration » ira avant de devenir une substitution pure et simple et de l’être humain.
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