
Est-ce le début de la fin pour les Meta Ray-Ban, Snap Specs et toutes les autres lunettes connectées de chez Samsung, Google ou Apple qui ne sont même pas encore sorties ? Alors que le débat sur l’enregistrement sauvage permis par ces accessoires fait rage un peu partout dans le monde, y compris en France, la Norvège envisage carrément d’interdire l’usage de tels gadgets au niveau national.
Comme le raconte l’agence de presse APNews, le gouvernement de Jonas Gahr Støre voudrait faire passer un texte de loi ambitieux pour limiter les potentielles atteintes à la vie privée permises par cette nouvelle catégorie de produits.
Une interdiction au cas par cas
Sans interdire complètement leurs usages dans le pays, il deviendrait ainsi interdit de porter des lunettes connectées là où « la préservation de la vie privée est primordiale », soit les hôpitaux, les salles de sport, les vestiaires, mais aussi les écoles, les aires de jeux, et tout autre espace où les enfants se réunissent. Le débat pour un élargissement aux salles de spectacles, parcs, plages, musées et centres commerciaux est également sur la table.
« Nous ne voulons pas d’une société où les gens s’inquiètent d’être photographiés, enregistrés ou filmés dans des endroits ou des situations où ils ne sont pas habitués à l’être », a résumé le ministre du numérique, Torgeir Micaelsen, qui s’inquiète des effets délétères de cette « puissante nouvelle technologie ».
Si le gouvernement veut faire examiner le texte par la représentation nationale « le plus rapidement possible », il s’agirait en premier lieu d’une interdiction temporaire le temps que le débat puisse se tenir sereinement quant à une potentielle interdiction permanente.
La rue, un angle mort ?
D’autres initiatives moins institutionnelles ont déjà vu le jour à droite à gauche, notamment au Royaume-Uni où une pétition pour interdire les lunettes dans l’espace public a déjà récolté plus de 10 000 signatures. En France, l’association e-Enfance a déjà reçu une trentaine de signalements pour harcèlement et diffusion de vidéos captées par des lunettes connectées.
« L’humiliation et les violences faites aux femmes deviennent un spectacle rentable, pour ceux qui fabriquent ces contenus comme pour les plateformes qui les diffusent », s’indignait, il y a peu, l’association Féministes contre le cyberharcèlement. La Cnil, elle, s’est contentée d’ouvrir le dialogue sur le sujet et d’alerter sur les risques que posent ces gadgets.
Pour aller plus loin
« Lunettes de pervers » : Meta corrige une faille inquiétante sur ses lunettes connectées Ray-Ban
Si l’initiative norvégienne pouvait inspirer certains pays européens, notons tout de même que même ce texte-là ne prévoit pas l’interdiction de l’utilisation de ces lunettes dans la rue, lieu où beaucoup de ces agressions se déroulent.
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