Quatre modèles, quatre usages : le plan pas très subtil mais efficace de Meta pour dominer le marché des lunettes connectées

 
Meta a présenté quatre paires de lunettes pour quatre usages très différents : la réalité virtuelle, la caméra, l’audio seul et l’écran intégré. Quel que soit le format, la firme veut s’imposer sur le marché des lunettes connectées.
Les quatres modèles de lunettes connectées de la Meta Connect 2026 // Source : Frandroid

Il y a cinq ans, Meta ne vendait qu’une seule paire de lunettes : les Ray-Ban Stories. Quelques années, plus tard, à la Meta Connect 2026, la firme a parlé de quatre modèles aux approches très différentes. On a des lunettes qui filment, d’autres qui filment et qui intègrent un petit écran, une paire dont l’argument principal est, au contraire, de ne pas avoir de caméra et enfin d’impressionnantes lunettes de réalité virtuelle.

Se dégage alors une impression : Meta ne sait pas encore quel format va gagner dans ce marché en effervescence, alors le groupe a choisi de jouer sur tous les tableaux.

Chaque paire prépare un avenir différent

Les Meta VR Glasses représentent le plus gros pari. Ces lunettes de réalité virtuelle pèsent environ 100 grammes. Pour y arriver, Meta a sorti le processeur et la batterie de la monture et les a placés dans un boîtier relié par un câble, à garder dans la poche. Le groupe vise le cinéma, le jeu avec le catalogue de son casque Quest et le travail sur des écrans virtuels. Elles ne sortiront qu’au printemps 2027, à 1 299,99 dollars aux États-Unis.

Premier essai des Meta VR Glasses // Source : Arnaud Gelineau – Frandroid

Meta les montre aussi tôt pour prouver que la réalité virtuelle peut tenir dans une monture de lunettes. Un petit tacle subtil au passage contre l’Apple Vision Pro (et dans une moindre mesure le Samsung Galaxy XR).

Avec les Ray-Ban Meta Gen 3, Meta défend le terrain qu’il a déjà gagné. Elles gardent la caméra de 12 mégapixels. Elles gagnent aussi une heure d’autonomie, jusqu’à neuf heures selon Meta, et un bouton qui lance directement l’assistant Meta AI. Elles sont en vente en France à 449 euros.

Ray-Ban Meta (Gen 3) // Source : Arnaud Gelineau – Frandroid

Les Ray-Ban Meta Audio prennent le chemin inverse. Ce sont les premières lunettes connectées de Meta sans caméra et elles profitent au passage d’un design beaucoup plus classique et passe-partout. Elles pèsent 43 grammes, tiennent jusqu’à 12 heures selon Meta (48 heures de plus avec l’étui) et arrivent en France le 13 octobre à 349 euros.

Difficile de ne pas y voir une réponse à la méfiance envers les lunettes qui filment. Au Royaume-Uni et en Irlande, cette méfiance a donné lieu à une pétition pour les faire interdire tandis que la justice française se penche aussi sur la question.

Ray-Ban Meta Audio // Source : Arnaud Gelineau – Frandroid

Enfin, les Meta Ray-Ban Display ajoutent un petit écran couleur devant l’œil droit. On les commande avec un bracelet qui capte l’activité électrique des muscles du poignet. Elles sont vendues aux États-Unis depuis un an et arrivent en France le 13 octobre à 899 euros, bracelet compris. Meta avait repoussé leur sortie hors des États-Unis en expliquant que la demande était très forte.

Les nouveaux itinéraires à vélo et en transports en commun annoncés pendant la conférence arriveront d’abord aux États-Unis et au Canada. Les premiers acheteurs français n’y auront donc pas accès tout de suite.

Meta Ray-Ban Display // Source : Arnaud Gelineau – Frandroid

Les lunettes à caméra paient pour le reste

Si Meta peut se permettre de partir dans autant de directions, c’est qu’un de ses paris a déjà payé. En février, EssilorLuxottica a annoncé avoir vendu plus de 7 millions de lunettes connectées en 2025. Sur 2023 et 2024 réunis, il en avait vendu 2 millions.

EssilorLuxottica prévoyait déjà de porter sa capacité de production à 10 millions de paires par an d’ici fin 2026. Depuis, selon des informations de Bloomberg reprises par UploadVR, Meta et le lunetier discutent de porter cette capacité à 20, voire 30 millions de paires.

Pourtant, la division qui les conçoit perd toujours beaucoup d’argent. Reality Labs, la branche de Meta qui fabrique aussi les casques Quest, a perdu plus de 4 milliards de dollars au premier trimestre 2026, pour 402 millions de dollars de ventes. Depuis fin 2020, ses pertes cumulées dépassent 80 milliards de dollars. En janvier, Meta y a supprimé environ 1 000 postes pour mettre moins de moyens dans la réalité virtuelle et plus dans les lunettes dopées à l’IA. L’intelligence artificielle était d’ailleurs un sujet central de la Meta Connect 2026.

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Les quatre paires donnent en effet toutes accès à l’IA de Meta. Mark Zuckerberg a d’ailleurs présenté la gamme autour de Muse, son agent d’IA personnel, et beaucoup moins autour du métavers, son ancien rêve devenu gouffre financier. Il a expliqué sur scène qu’il est « maintenant clair que la superintelligence personnelle arrivera en premier ».

Meta vend aussi une gamme Meta Glasses lancée en juin sans la marque Ray-Ban et à un prix plus bas. Avec autant de modèles, Meta prend aussi de l’avance sur ses concurrents, à commencer par Samsung et ses Galaxy Glasses équipées de Gemini.

Finalement, Meta n’a besoin que d’un succès sur quatre pour garder son avance, et ses Ray-Ban à caméra lui en donnent déjà un (malgré les polémiques).

Toutes les annonces de la Meta Connect 2026

Voici, ci-dessous, toutes les annonces importantes à retenir de la Meta Connect 2026. Sachez que la conférence animée par Mark Zuckerberg s’est tenue dans la nuit du 23 au 24 septembre.

On en retient donc un vaste plan de Meta pour dominer coûte que coûte le marché des lunettes intelligentes : l’entreprise joue sur tous les segments pour être sûr d’avoir au moins un pari gagnant malgré l’incertitude de ce marché en pleine effervescence.


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