Essai du Volvo XC40 : le suédo-partage par une simple application

 

Il semble aujourd’hui, seuls les SUV parviennent à séduire le public. Espace intérieur, conduite en hauteur… ils en offrent plus. Et chez Volvo, on propose de partager ces atouts : le nouveau petit XC40 est la première auto à offrir de série une fonction connectée qui permet de prêter son auto à distance, sans clé. Test dans la région de Barcelone.

Volvo a réussi un tour de force. La marque suédoise est passée dans les mains de Ford à la fin des années 90, puis a été revendue au Chinois Geely en 2010. Un parcours qui avait tout pour risquer de lui faire perdre son âme et devenir une marque standard. Mais la firme de Göteborg a eu la chance de passer entre les mains de propriétaires intelligents qui ont compris l’importance de conserver l’ADN d’une marque, surtout lorsqu’elle est premium.

Un design unique

Volvo, c’est avant tout un design, massif et unique — quitte à manquer de subtilité — pour assurer une expression de la réputation de robustesse et de sécurité, le leitmotiv de la marque. Cela se retrouve aussi dans une ambiance intérieure qui n’a jamais cherché à singer les constructeurs allemands. Une personnalité marquée, clivante, mais forte d’une grosse fan base.

La sécurité passive (résistance en cas d’impact) et active (aides pour prévenir un accident) est un ingrédient majeur de l’image de Volvo et bien évidemment, avec l’évolution à vitesse grand V des technologies, elle se doit de progresser constamment, avec en ligne de mire, une automatisation de la conduite tendant vers la voiture autonome. L’autre tournant de l’automobile est bien entendu la connectivité et, dans ce domaine, Volvo a négocié remarquablement ce virage en intégrant un grand écran de 9 pouces en mode portrait avec un système d’exploitation unique et bien pensé, ainsi qu’une instrumentation numérique devant le conducteur (12,3‘’ sur le XC40, de série comme l’écran central). Une base saine qui se décline au fur et à mesure du renouvellement de la gamme.

Dernier en date, le petit SUV XC40, qui s’offre au passage de nouvelles fonctionnalités connectées.

Une appli pour prêter son auto

Commençons par une nouveauté qui apparaît avec ce tout dernier modèle de la gamme (disponibilité courant 2018). Il s’agit du bundle de services « Care by Volvo »,  un abonnement comprenant la location, l’assurance et l’entretien de l’auto, et qui ouvrira la porte au fur et à mesure à différents services à bord d’une voiture ultra-connectée, comme des services de conciergerie (plein de carburant ou lavage sur un lieu de parking, livraison de colis dans le coffre, voiturier…).

Indépendamment de cela, le XC40 est livré de série avec le hub de connectivité Sensus Connect, qui comprend des applis comme Spotify ou TuneIn pour la musique, Facebook Messenger ou Exchange Mail, ainsi que des commandes vocales avancées. Android Auto et Apple CarPlay sont de série, avec le chargement du smartphone par induction Qi. Lorsqu’ils sont utilisés, ils ne prennent pas tout l’écran, ce qui permet d’accéder aux autres fonctions habituelles.

Le système intègre aussi Volvo on Call, qui permet une alerte automatique des secours en cas de collision, un service SOS, une assistance, un appel du call center en cas de vol, suivi du tracking du véhicule volé et une fonction hotspot Wi-Fi.

De série également, une application mobile permet à distance d’avoir accès sur son smartphone à la localisation de la voiture, au verrouillage/déverrouillage des portes, à la lecture des données de l’ordinateur de bord, des statistiques de conduite, à un calendrier lié pour intégrer les destinations dans la navigation de bord, voire au démarrage du moteur pour le chauffage ou le refroidissement de l’habitacle à distance (versions boîte automatique uniquement) — une fonction pas très écologique, mais appréciée dans les pays au climat extrême.

Dommage, le système de navigation intégré et l’excellent régulateur de vitesse adaptatif permettant la conduite semi-autonome restent l’apanage des versions haut de gamme ou sont dans la liste des options.

Mais la nouveauté la plus marquante est sans doute le car sharing de « Volvo on Call ». Il s’agit d’un système de clé numérique qui permet de partager son auto à distance avec famille et amis, sans avoir à donner physiquement la clé. Comment cela fonctionne ? Il suffit de laisser ce que Volvo appelle une « clé rouge » dans la boîte à gants, en réalité un transpondeur similaire à la clé mains libres d’une auto normale, mais dont le fonctionnement est impérativement lié à l’application Volvo on Call.

De votre smartphone, vous pouvez ainsi autoriser l’accès à l’auto à une personne spécifique, équipée de l’appli sœur, pour un laps de temps donné. L’heureux bénéficiaire géolocalisera l’auto et n’aura qu’à l’ouvrir et la mettre en fonction, prête à démarrer, au moyen de son appli. Les fonctionnalités sont appelées à s’étendre, avec la possibilité de géofencing (limitation de la zone de conduite autorisée), voire des limites de vitesse (pour votre enfant jeune conducteur par exemple). Cette fonctionnalité sera incluse au lancement en avril sur tous les modèles de la gamme (à partir de 30 850 euros).

Notons que de telles possibilités sont déjà offertes par des boîtiers fabriqués par certains spécialistes et employés, par exemple, par des services d’auto-partage comme Car2Go (Mercedes), mais c’est la première fois qu’un tel système est intégré à une voiture de série, à destination d’un usage privé. Une utilisation un peu différente a vu le jour récemment avec Nissan et sa dernière Micra, qui peut être commercialisée sous forme de « colocation » nommée Getandgo : jusqu’à 5 personnes partagent l’auto via une appli qui centralise toutes les infos et permet d’ouvrir la voiture.

Et sur la route ?

La XC40 inaugure la nouvelle plateforme compacte et modulaire de la marque, nommée CMA. Elle sera partagée avec d’autres modèles (Volvo et Geely) et pourra recevoir des versions micro-hybrides, hybrides, ainsi que 100 % électriques. Rappelons que Volvo a annoncé intégrer une part d’électrique dans chacun de ses modèles d’ici 2019 (et non de passer en tout électrique, comme beaucoup l’ont écrit…).

Nous avons pu rouler avec les deux versions haut de gamme à l’essai, le D4 (diesel 190 ch, plus pataud et bruyant) et le T5 essence 247 ch (vif et efficace, mais sans grand caractère), tous les deux en 4 roues motrices. De prometteurs plus petits moteurs 3 cylindres et des versions traction avant rejoindront la gamme au fur et à mesure et constitueront probablement de meilleurs choix, tant en agrément qu’en tarif.

La voiture nous est apparue très typée confort plutôt que dynamique, malgré des performances tout à fait respectables.

On se sent bien au volant de cette auto spacieuse et bien présentée. L’ergonomie du très réactif écran de bord est satisfaisante une fois que l’on s’est fait à sa logique. Perdu dans les menus ? Un bouton physique home façon iPhone permet toujours le retour au menu principal. L’écran suit d’ailleurs une logique très proche du monde des smartphones avec l’accès aux réglages en glissant un onglet sur le bord haut de l’écran et des sous-menus (applis ou réglages du véhicule) en glissant l’écran d’accueil vers la gauche ou la droite. L’écran d’accueil est partagé en 5 modules, affichant quelques informations de base et des commandes d’accès direct à la navigation GPS (fournie par Here), la radio et les sources musicales, la téléphonie, la dernière rubrique consultée et la climatisation, heureusement toujours affichée pour un accès direct.

Objectif conduite autonome

Volvo est l’auteur d’une annonce très spectaculaire concernant la sécurité : le constructeur revendique un objectif de zéro mort à bord de ses autos d’ici 2020 ! Cela paraît malheureusement statistiquement impossible, mais il faut saluer cette saine ambition. Voici comment le suédois s’en donne les moyens.

D’abord en renforçant toujours la sécurité passive, protégeant en cas de choc. Les ingénieurs tiennent une faramineuse base de données de toutes leurs voitures accidentées pour analyser les sinistres. Et bien sûr, avant tout, le travail se fait en amont, pour prévenir tout risque d’accident, avec le développement d’aides à la conduite (appelées communément ADAS chez les constructeurs – Advanced Driver Assistance Systems) de plus en plus efficaces.

Le XC40 reçoit de série le City Safety, système d’anticipation de collision intelligent avec la capacité de détection de jour comme de nuit des véhicules, cyclistes, piétons et grands animaux (important en Suède) avec freinage automatique à pleine puissance, la détection des véhicules aux intersections avec freinage automatique et la préparation des freins et ceintures de sécurité avant. La voiture veille aussi sur route, corrigeant la trajectoire d’un coup de volant si elle détecte une dérive vers une sortie de route ou une collision frontale.

Ces aides à la conduite sont autant de briques tendant vers la solution sécuritaire ultime, la conduite autonome. Car, rappelons-le, on impute environ 90 % des accidents à des erreurs humaines… Ainsi des tests grandeur nature ont débuté à Göteborg : des familles locales commencent cette expérimentation avec, à terme, une cinquantaine de véhicules capables de conduite autonome sur des trajets publics prédéfinis. Volvo utilise aussi le centre de test AstaZero, une ville fantôme construite pour simuler toutes les situations de danger les plus complexes. Là, un réseau 5G a été déjà mis en place par Ericsson, partenaire de Volvo pour la connectivité, un des éléments indispensables pour assurer la communication de la masse d’informations entre véhicules autonomes et infrastructures.

Volvo semble confiant sur ses capacités de développement : un contrat portant sur 24 000 voitures « compatibles avec la conduite autonome » — des grands SUV XC90 — a été ainsi signé avec Uber de 2019 à 2021, date à laquelle le constructeur annonce sa première version autonome…

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