Uber a décidé de mettre un terme à son projet de camions autonomes, lancé il y a deux ans après le rachat controversé de la start-up Otto.

Uber, le spécialiste des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) y croyait fermement, mais a dû se contraindre à fermer sa division dédiée au développement des camions autonomes sur longue distance, apprend-on dans les colonnes de TechCrunch. L’aventure avait pourtant bien débuté. Rappelez-vous : en octobre 2016, un premier test grandeur nature rencontrait le succès escompté, lorsqu’un poids lourd sans chauffeur est parvenu à parcourir 120 miles (environ 192 kilomètres) entre Fort Collins et Colorado Springs. Le tout en transportant pas moins de 50 000 bières de la marque Budweiser.

Une longue descente en enfer

Cet essai rempli de réussite ne présageait probablement pas la série de déconvenues survenue par la suite. Un petit historique s’impose : Otto, jeune pousse fondée par des anciens de Waymo (filiale de Google spécialisée dans les voitures autonomes), a été rachetée par Uber pour 680 millions de dollars en 2016. Plusieurs ingénieurs, dont un certain Anthony Levandowski, venait ainsi grossir les rangs de l’entreprise américaine. Rapidement, M. Levandowski est accusé d’avoir volé des brevets industriels appartenant à Waymo, dont le contenu faisait directement référence à des concepts de camions autonomes.

En février 2017, la filiale de la firme de Mountain View les attaque en justice. Deux mois plus tard, Anthony Levandowski prend la porte, signant ici la fin de son ascension jusque-là sans encombre. Au bout du compte, les deux compagnies tombent d’accord : Uber cède une partie de ses actions à Weimo pour un montant de 245 millions de dollars. Mais le karma continue de s’abattre sur le groupe actuellement dirigé par Dara Khosrowshahi. Une voiture autonome d’Uber percute mortellement une femme en mars 2018, le contraignant à interrompre ses tests.

Restructuration des équipes

Un accident qui n’empêche cependant pas la société basée en Californie de poursuivre ses efforts dans les voitures autonomes. Uber prévoit d’ailleurs de se restructurer en rassemblant au même endroit ses employés de SF (camions autonomes) et de Pittsburgh (voitures autonomes), de fait à ce que ses équipes travaillent conjointement sur la conduite autonome. Les poids lourds sans chauffeur devront donc attendre, mais pourraient bien resurgir plus vite qu’on le penserait.