Après les réseaux sociaux, Emmanuel Macron envisage l’interdiction des IA et des jeux vidéo pour les jeunes

 
Emmanuel Macron semble mener une croisade pour limiter l’exposition des jeunes au numérique sous toutes ses formes. Missionné par le président de la République, un comité d’experts devra statuer sur l’impact des jeux vidéo et de l’IA sur la santé mentale des jeunes.
Une manette Xbox // Source : Unsplash – Eugen

Interdire les jeux vidéo et les agents d’intelligence artificielle pour préserver la santé mentale chez les jeunes. Voilà la nouvelle proposition qu’Emmanuel Macron a formulée dans un long entretien accordé au média Brut. Après les réseaux sociaux, le président s’intéresse donc au reste des pratiques numériques de la jeunesse… avec une vision assez vieillotte.

Plutôt que de proposer tout de suite une loi visant à interdire l’accès aux jeux vidéo et aux agents d’IA aux jeunes, le locataire de l’Élysée veut confier une mission « à des experts, et au Conseil national du numérique et de l’IA » pour « essayer de mesurer scientifiquement l’effet » de ces pratiques sur les plus jeunes.

Pousser les jeunes à « commettre le pire »

D’une durée de deux mois, ce projet devra déterminer ou non s’il y a un « consensus scientifique » autour du sujet. « Peut-être qu’il faudra interdire, il ne faut rien exclure », avoue le président de la République.

Lui semble avoir son avis, estimant que « quand vous passez cinq ou six heures par jour à tuer des gens […] c’est clair qu’à un moment donné, ça conditionne des jeunes ». Il estime même que cela peut « les désinhiber complètement et parfois leur faire commettre le pire ». Une remarque loin d’être anodine au moment où un élève de collège a poignardé une professeure dans le Var.

Un consensus scientifique qui existe déjà

Si le débat sur les agents d’IA est encore vif, du fait de leur relative nouveauté, celui sur les jeux vidéo est lui bien fourni, avec plus de 20 ans d’études, d’hypothèses et de controverses. Le « consensus scientifique » cherché par Emmanuel Macron existe déjà et statue qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour établir un lien concluant entre l’utilisation des jeux vidéo et le recours à la violence.

À court terme, la pratique du jeu vidéo peut stimuler des zones du cerveau associées aux activités agressives, mais cela concerne surtout des comportements mineurs, comme des cris, rappelle l’American Psychological Association. On est loin du « pire » dont parle Emmanuel Macron. Le jeu vidéo est plus souvent l’arbre qui cache la forêt de violences ou de problèmes physiques et mentaux plus systémiques et plus exogènes.

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Pour autant, ce discours revient régulièrement dans le débat public à l’occasion d’actualités funestes ou de la sortie de jeux vidéo très attendus. L’ouverture du débat sur les agents d’IA qui pourraient faire naître « des troubles, des dépendances, de la souffrance en termes de santé mentale chez les jeunes et les adolescents » reste à trancher par contre.


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