Lors de mon test de la Nyxi Hyperion 3, mon avis était assez tranché : j’avais enfin trouvé une alternative qui m’évitait les crampes infligées par la finesse des Joy-Con officiels, mais l’accessoire souffrait de quelques manques et d’une qualité de finition améliorable. Les vibrations à rotor étaient brutales et bruyantes, il n’y avait ni mode souris ni NFC, et la finition faisait bon marché.
Avec l’Hyperion 3 Ultra, Nyxi entend corriger la quasi-totalité de ces défauts. Sticks analogiques à magnétorésistance à effet tunnel (TMR), moteurs haptiques linéaires HD2, détection des Amiibo, mode souris et croix directionnelle métallique magnétique : Nyxi vise directement les Joy-Con 2 officiels et la Mobapad M12 HD. Après plusieurs semaines branchée sur ma Switch 2, voici mon avis complet et il est plutôt élogieux.
Fiche technique
| Modèle | Nyxi Hyperion 3 Ultra |
|---|---|
| Dimensions | 157,3 mm x 116,7 mm x 52,2 mm |
| Compatibilité OS | Nintendo Switch 2 |
| Prise jack | Inconnu |
| Type de connecteur | USB Type-C |
| Fiche produit |
Le design monte en gamme
L’Hyperion 3 Ultra conserve les lignes massives du modèle standard. Les contrôleurs affichent un gabarit généreux qui vient combler le creux de la paume, rappelant l’ergonomie d’un Steam Deck. Les petites mains seront toujours aussi peu à l’aise. Le dos intègre un revêtement texturé qui assure une tenue ferme en main.
Pour gommer le côté cheap de l’Hyperion 3, Nyxi a revu la finition de son plastique PC + ABS. Le matériau est légèrement plus mat et moins granuleux que sur la première mouture, ce qui offre un toucher un peu plus dense. On a aussi la croix directionnelle qui n’est plus en plastique, mais en métal.

Sur la face avant, les manettes dépassent toujours d’environ 3 millimètres par rapport à la bordure de la console. On n’a pas l’alignement parfait avec l’écran comme avec les Joy-Con d’origine. Le poids reste contenu à 225 grammes pour la paire. C’est le même poids que l’Hyperion 3, mais bien plus que les Joy-Con 2 officiels, qui pèsent 133 grammes la paire (137 grammes pour la nouvelle version à batteries remplaçables).
Nyxi fournit un pont central qui permet d’assembler les deux contrôleurs en une manette classique sans fil. L’accroche magnétique de ce pont garde un petit jeu perceptible quand on force sur les côtés. Aucune manette ne s’est pourtant décrochée pendant mon test, même en plein match de TowerFall. Sur les rails magnétiques de la console, la fixation reste quant à elle parfaitement rigide.
Côté transport, comme sur l’ancien modèle, le volume général exclut l’usage des housses de transport standard pour Switch 2.
Des sticks TMR !
La grande évolution matérielle de ce modèle Ultra se situe au niveau des sticks analogiques. L’Hyperion 3 standard exploitait des capteurs à effet Hall traditionnels. L’Hyperion 3 Ultra monte d’un cran en passant sur des modules à magnétorésistance à effet tunnel (TMR), fournis par K-Silver/Ginful. Ces capteurs mesurent les variations magnétiques plus finement que l’effet Hall et, comme lui, fonctionnent sans contact, ce qui limite l’usure mécanique et le risque de drift.

Nyxi adjoint à ces capteurs une bague de guidage interne en silicone, similaire à celle employée sur la manette Pro officielle de Nintendo et sur la Mobapad M12 HD. La friction contre le cercle de coque disparaît totalement. Le stick se déplace sans bruit, avec une résistance un peu plus marquée. Le dôme du capuchon est légèrement plus resserré que sur l’Hyperion 3 classique et les sticks sont aussi moins hauts, ce qui limite le débattement, mais soulageant les pouces. Aucune latence à déplorer, ils réagissent comme ceux des Joy-Con d’origine. Enfin, la zone morte interne par défaut est réglée à 5 %, éliminant tout flottement indésirable en ligne droite dans les jeux de tir ou de course.
Je n’attendais pas d’amélioration de ce point de vue et je dois bien avouer que c’est sans doute l’un des meilleurs aspects de cette version Ultra. Le confort d’utilisation a été largement rehaussé grâce à ça.
Des boutons toujours très fermes
Toutes les commandes d’action reposent sur des micro-switchs mécaniques Kailh, offrant une course ultra-courte et un clic tactile franc évoquant un bouton de souris gaming. Pas de changement ici. De fait, les boutons de façade ABXY conservent leur réactivité immédiate, tout comme leur bruit claquant. Le soir, au fond du lit, c’est plutôt gênant. Nyxi aurait aussi pu retravailler ses boutons pour qu’ils soient plus en accord avec le silence des nouveaux sticks.

La grosse modification de cette partie concerne la croix directionnelle. La croix en plastique de l’Hyperion 3 est remplacée par une pièce en métal, maintenue magnétiquement sur son socle. Nyxi fournit toujours deux formes interchangeables : une croix classique à quatre branches et une coupelle concave facettée façon Xbox Elite.
La structure interne de ce D-pad métallique est plus basse et encastrée dans la coque. Le pouce est un peu moins à l’aise à mon sens. Il faut pousser les branches plus loin vers l’extérieur pour enregistrer les diagonales, mais je n’ai pas eu de souci particulier en jeu à cause de ça. Un peu moins de confort, éventuellement.

Les tranches L/R et gâchettes ZL/ZR exploitent également des micro-switchs Kailh très dynamiques. À l’arrière, les deux boutons programmables GL et GR reprennent des interrupteurs tactiles à dôme (160 gf).
La programmation de touches individuelles ou de macro reste, pour sa part, cloisonnée à chaque demi-manette respective avec l’impossibilité d’attribuer une commande de droite sur la manette gauche.
En jeu à deux, les commandes de tranche intérieures SL et SR ont été modifiées. Comme le pad directionnel, elles passent sur un alliage métallique.
Enfin, le bouton Turbo (T) est toujours présent sur chaque manette. Il permet de configurer l’autofire sur trois fréquences d’impulsion (5 Hz, 12 Hz, 25 Hz) et sert d’interface de réglage rapide sans ouvrir l’application compagnon.
Enfin des vibrations HD
Je les avais désactivées dès le début de mon test de l’Hyperion 3. Les vibrations étaient horribles sur ce modèle.
Il utilisait de gros moteurs asymétriques à balourds dont la violence déplaçait la manette sur une table et générait un bourdonnement qui résonnait dans la coque.
Sur l’Hyperion 3 Ultra, Nyxi a retiré ces rotors traditionnels au profit de moteurs linéaires haptiques HD2, et la différence se sent tout de suite.
Les vibrations sont désormais douces, précises et capables de retranscrire des nuances de texture impossibles à reproduire sur l’ancien modèle. La manette se conforme désormais aux signaux haptiques de la Switch 2, éliminant le besoin de baisser la puissance manuellement à 30 % pour éviter les désagréments.
Le rendu n’atteint pas la précision de localisation spatiale d’un véritable Joy-Con 2 d’origine. On a ainsi un petit effet écho lors des secousses les plus intenses. L’onde vibratoire continue de résonner légèrement contre les parois internes en plastique.
Malgré tout, le fossé qualitatif avec l’Hyperion 3 de base est immense. Cette fois, je n’ai absolument pas désactivé les vibrations et je me régale.
Éclairage RGB
L’éclairage reste le même que sur l’Hyperion 3. Chaque manette intègre deux zones de LED : un halo entourant la base du joystick analogique et une réglette verticale positionnée sur le flanc intérieur de la façade.
La manette propose plusieurs modes d’animation : couleur fixe, respiration, cycle chromatique arc-en-ciel ou extinction complète. La personnalisation peut s’effectuer directement via la combinaison physique de la touche T et des sticks, ou depuis l’application mobile dédiée Nyxi Controller (qui remplace l’ancienne interface KeyLinker). L’application autorise le choix de teintes unies prédéfinies (rouge, vert, bleu, turquoise, fuchsia) et la gradation de l’intensité lumineuse par paliers (25 %, 50 %, 100 %), mais seulement pour les sticks. Les bandes restent à 100 %, ce qui personnellement me gêne quand je joue.
De plus la gestion des deux zones lumineuses n’est pas dissociable au sein d’un même bloc. Couper les diodes pour jouer dans l’obscurité totale éteint l’ensemble des indicateurs visuels.
Connectivité et batterie
L’Hyperion 3 Ultra adopte le protocole de communication natif de la Nintendo Switch 2.
On a ainsi toutes les fonctions des Joy-Con d’origine. La console reconnaît les manettes de Nyxi comme de vrais Joy-Con 2, éliminant le passage par le sous-menu de connexion filaire forcée.
On a accès à un capteur de mouvement 9 axes, qui combine accéléromètre, gyroscope et magnétomètre. La visée est précise et sans plus de latence qu’avec une manette officielle.

Le réveil à distance est disponible via une pression prolongée sur le bouton Home.
Enfin, un bouton C, dédié à GameChat, est situé sous le stick droit. Il ouvre directement le menu de communication vocale de la Switch 2.
Côté alimentation, chaque manette embarque une batterie de 600 mAh (contre 500 mAh sur certains premiers lots de l’Hyperion 3 standard). En jeu réel, avec le rétroéclairage actif, l’autonomie mesurée oscille entre 6 et 8 heures en continu.
C’est nettement moins que les Joy-Con 2 officiels, pour lesquels Nintendo annonce environ 20 heures d’autonomie avec une batterie de 500 mAh.
L’Hyperion 3 Ultra se recharge en revanche plus vite : Nintendo compte environ 3 h 30 pour ses manettes, ici c’est entre 2 heures et 2 h 30.
Trois modes de charge sont possibles : fixées à la Switch 2, en mode portable comme sur le dock, insérées dans le support Nyxi branché en USB-C, ou directement par câble USB-C sur la prise située sous chaque manette.
Les nouveautés exclusives : mode souris et lecteur NFC
Avec cette version Ultra, Nyxi ajoute deux fonctions qui manquaient cruellement à l’Hyperion 3 pour concurrencer efficacement les manettes de Nintendo.
En premier lieu, l’Hyperion 3 Ultra gagne un lecteur NFC positionné au niveau du stick droit. Il permet de scanner instantanément les figurines et cartes Amiibo.
D’autre part, chaque contrôleur dispose maintenant d’un capteur optique inférieur pour émuler le mode souris de la Switch 2.

J’ai sorti Metroid Prime 4: Beyond pour l’occasion. Diriger Samus en mode FPS PC, ça me disait bien d’essayer même si au final ce n’est pas la meilleure maniabilité sur ce titre.
La détection des mouvements sur surface plane est précise. Néanmoins, j’ai vite eu un problème d’ergonomie. Le gabarit bombé de la poignée fait basculer le contrôleur vers l’extérieur lorsqu’on le pose sur un bureau.
Plus gênant encore, les boutons de tir deviennent inaccessibles quand la paume repose sur le bureau. Bref, l’option dépanne pour pointer dans des menus ou naviguer rapidement, mais elle ne remplace pas l’aisance d’une véritable souris ou des Joy-Con d’origine plus fins.
Je me rends compte qu’il était difficile de concilier une prise en main plus confortable en mode classique et un mode souris efficace, à moins de revenir à des manettes plus compactes.
Prix et disponibilité
L’Hyperion 3 standard se trouve actuellement entre 70 et 90 euros. L’Hyperion 3 Ultra coûte nettement plus cher.
Nyxi l’affiche à 179 euros sur son site officiel, avec une promotion en cours à 143 euros. Sur AliExpress, on la trouve à 113 euros environ. À titre de comparaison, une paire de Joy-Con 2 officiels est vendue 89,99 euros par Nintendo, et se trouve souvent autour de 70 euros, tandis que la Mobapad M12 HD se trouve à partir de 75 euros. La manette de Mobapad reprend les mêmes arguments que l’Hyperion 3 Ultra, sans le mode souris, mais dans un format un peu plus compact.
Cependant, Mobapad a ouvert les précommandes de sa M12 Pro, plus proche de l’Hyperion 3 Ultra sur le papier : sticks TMR, vibrations HD2.0, NFC, capteur de mouvement 9 axes et prise en charge du mode souris. Elle est affichée à 119,99 dollars (environ 100 euros, hors taxes) sur le site de la marque, contre 129,99 dollars à terme.





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