
Quelques jours après l’entrée fracassante de Moore Threads, une autre entreprise chinoise vient de mettre le feu à la bourse de Shanghai. Son nom ? MetaX Integrated Circuits.
Le scénario est identique, mais les chiffres sont encore plus fous. L’action, introduite à 104,66 yuans, a terminé sa première journée à 829 yuans. Une hausse monumentale de 692 %. La valorisation de l’entreprise atteint désormais les 280 milliards de yuans (environ 38 milliards d’euros).
Le précédent Moore Threads
Il y a quelques jours à peine, Moore Threads, souvent qualifié de « Nvidia chinois », a connu une trajectoire similaire avec une hausse de plus de 400 % lors de son IPO. Mais l’euphorie a été de courte durée. L’action a rapidement dévissé de 20 % après que l’entreprise a dû admettre une vérité qui fâche : ses puces ne génèrent pas encore de revenus significatifs.
C’est tout le paradoxe actuel. Les investisseurs chinois ne cherchent pas de la rentabilité immédiate, ils cherchent un champion national capable de s’affranchir des sanctions américaines. Et pour ça, ils sont prêts à surpayer.
Des anciens d’AMD aux manettes
MetaX a un argument que Moore Threads n’a pas forcément : son ADN. L’entreprise a été fondée en 2020 par Chen Weiliang et deux autres anciens cadres d’AMD. C’est un détail qui change tout. Ces gens savent comment on fabrique un GPU complexe.
Leur modèle est calqué sur les géants américains : ils sont fabless. Ils conçoivent l’architecture à Shanghai et font fabriquer les puces par des fondeurs, TSMC tant que c’est possible, ou SMIC localement.
Leur produit phare, le GPU C500, ne cherche pas à humilier la dernière H100 de Nvidia. L’objectif est plus pragmatique : remplacer la Nvidia A100, cette puce devenue introuvable en Chine.
La réalité technique : 75 % d’une A100 ?
MetaX annonce que son C500 délivre une puissance de 15 TFLOPS. Selon l’entreprise, cela équivaut à environ 75 % des performances d’une Nvidia A100.

C’est un chiffre honorable, mais comme pour Moore Threads, le matériel n’est rien sans le logiciel. La force de Nvidia, c’est CUDA. MetaX affirme que ses puces sont compatibles avec l’écosystème CUDA, ce qui permettrait aux entreprises chinoises de faire tourner leurs modèles d’IA sans réécrire tout leur code.
Si cette compatibilité est réelle, c’est un tour de force. Mais MetaX admet elle-même être « en retard ». Ils préparent un C600 et un C700, mais pour l’instant, ils courent derrière le train américain.
L’argent brûle, l’État paie
Contrairement à Moore Threads qui a effrayé les marchés avec ses revenus quasi inexistants, MetaX a fait entrer 1,23 milliard de yuans (environ 160 millions d’euros) depuis le début de l’année. C’est cinq fois plus que prévu.
Mais ils perdent toujours de l’argent. Beaucoup. 345 millions de yuans de pertes sur la même période. Ici, les investisseurs n’achètent pas des fondamentaux économiques. Ils achètent du patriotisme technologique. Avec Washington qui serre la vis sur les exportations de puces H200, Pékin doit créer un écosystème local, coûte que coûte.
Le risque ? Que MetaX suive la même courbe que Moore Threads : une explosion au lancement, suivie d’un retour brutal à la réalité quand il faudra présenter des bilans comptables.
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