
L’arrivée des switchs magnétiques a changé beaucoup de choses. Jusqu’ici, si vous vouliez du Rapid Trigger pour strafer (se déplacer latéralement sans jamais tourner la tête avec la souris), il fallait passer à la caisse et dépenser presque 200 euros chez Wooting ou SteelSeries.
Rekt débarque avec son Shogun 68, une promesse : vous offrir la même technologie pour 99,90 €.
On parle ici d’un clavier au format 68 % compact, des switchs à effet Hall et un polling rate de 8000 Hz. La marque française ne cache même pas ses intentions, le design transpire l’inspiration (pour ne pas dire le copier-coller) de la référence absolue du secteur. Mais est-ce qu’on a vraiment les mêmes sensations sous les doigts ?
Fiche technique
| Caractéristiques | Shogun 68 |
| Format | 68 % |
| Switchs | Magnétiques Amber Pro (Effet Hall) |
| Distance d’activation | 0,01 mm à 3,5 mm (ajustable) |
| Polling Rate | 8000 Hz |
| Keycaps | PBT (AZERTY FR) |
| Connectivité | USB-C détachable |
| Prix | 99,90 € |
L’exemplaire de ce test nous a été fourni par la marque. Autre petit point de transparence : je connais personnellement Julien Tellouck, actionnaire de REKT, depuis quelques années en tant que confrère journaliste. Cela ne change rien à ma rigueur de testeur, s’il y a des défauts, je ne vais pas les rater, mais je préfère que vous le sachiez.
Design et ergonomie
Dès qu’on le sort de la boîte, l’illusion est presque parfaite : si vous possédez un Wooting 60HE, vous ne serez pas dépaysés. On retrouve ce châssis compact en ABS noir, très sobre, qui ne prend pas de place sur le bureau et laisse tout l’espace nécessaire à votre souris. La petite sangle amovible sur le côté est là, pur gadget esthétique mais qui donne ce look que j’aime bien.
À l’intérieur, Rekt a intégré une plaque en aluminium qui apporte beaucoup de rigidité. Le clavier ne grince pas sous la torture et pèse son poids. C’est solide.

Le choix des keycaps en PBT est une excellente nouvelle pour la durabilité : elles ne vont pas briller après trois semaines de transpiration. Par contre, gros carton rouge sur la visibilité : les légendes ne sont pas transparentes. Du coup, le RGB qui « glow » en dessous est très timide, presque invisible en plein jour. Avantage… c’est discret.


Les switchs Amber Pro sont un peu plus « secs » que ce que j’ai pu tester ailleurs. La frappe est un poil plus dure et surtout plus bruyante, avec un son très « clacky » qui résonne pas mal. Si vous jouez sans casque, vos potes sur Discord vont vite vous demander d’arrêter de marteler votre clavier, à moins de passer par la case lubrification manuelle pour calmer ses ardeurs.

L’ergonomie reste basique : pas de pieds réglables pour l’inclinaison, il faudra faire avec l’angle naturel du boîtier. Le port USB-C est situé en haut à gauche, un standard efficace qui permet d’utiliser n’importe quel câble « custom » si celui de 1,50 m fourni vous semble trop cheap. C’est un outil de travail (et de frag), pas un objet de déco, et ça se sent dans chaque millimètre de plastique.

Fonctionnalités
RAKT sur ce Hiro 60, ils mettent en avant le Rapid Trigger. Pour ceux qui ne connaissent pas, cela permet à la touche de se désactiver dès que vous commencez à la relâcher, sans attendre qu’elle remonte au point initial. En jeu, c’est top : vos arrêts sont instantanés, vos strafes sont d’une précision diabolique. Sur ce point, Rekt n’a pas menti, la réactivité est au rendez-vous et je n’ai senti aucune différence de performance pure avec des modèles deux fois plus chers.

Tout se configure via le Web Driver. C’est génial parce qu’il n’y a rien à installer sur votre PC, vous allez sur le site et hop, vous réglez tout. Vous pouvez ajuster la distance d’activation de chaque touche de 0,01 mm à 3,5 mm. C’est tellement sensible qu’au réglage minimum, effleurer la touche suffit à déclencher l’action. C’est grisant, mais attention aux fautes de frappe si vous décidez d’écrire un mail avec ces réglages.


Le clavier embarque aussi des fonctions avancées comme le SOCD (pour ne pas bloquer quand on appuie sur deux directions opposées) ou le DKS (Dynamic Keystroke). Ce dernier permet de lier plusieurs actions à une seule touche selon la profondeur de pression : vous enfoncez un peu pour marcher, vous enfoncez à fond pour courir. C’est puissant, même si ça demande un temps d’adaptation certain pour ne pas faire n’importe quoi en plein combat.
On trouve également le Rappy Snappy, qui privilégie la touche la plus enfoncée entre deux directions. C’est clairement taillé pour les joueurs de haut niveau qui cherchent à optimiser chaque milliseconde.

Le logiciel permet de créer plusieurs profils, pratique si vous passez de Fortnite à Valorant, car les besoins en sensibilité ne sont pas les mêmes. L’interface est moins « sexy » que chez la concurrence, mais tout est là et ça fonctionne sans bug.
Enfin, le clavier est Hot-Swappable. Si un switch rend l’âme (ce qui est rare avec du magnétique, mais sait-on jamais), vous pouvez le changer en un clin d’œil avec les trois exemplaires de rechange fournis. C’est un gage de longévité qu’on apprécie.
Connectivité
Comme on est sur un clavier filaire, l’autonomie n’est pas un sujet, mais la qualité de la liaison l’est. Le polling rate de 8000 Hz promet une latence de 0,125 ms. Est-ce qu’on le sent vraiment par rapport à du 1000 Hz ? C’est difficile à affirmer, mais la sensation de « connexion directe » avec le jeu est indéniable. On a l’impression que l’action se passe avant même d’avoir fini de presser la touche.
Le scan rate de 128K assure que chaque micro-mouvement est capté par les capteurs à effet Hall. C’est cette précision qui permet au Rapid Trigger d’être aussi efficace. Le clavier traite les informations à une vitesse folle, et même en martelant toutes les touches en même temps, aucune ne manque à l’appel. C’est du solide, l’électronique embarquée ne semble jamais s’essouffler.

Le câble fourni est un USB-A vers USB-C assez basique. Il fait le job, mais il est un peu rigide. Si vous avez investi dans un setup ultra-propre, vous aurez probablement envie de le remplacer par un câble « coiled » plus esthétique. Heureusement, la compatibilité est totale, que vous soyez sur Windows, Mac ou même Linux.
Un petit mot sur la stabilité de la connexion : aucun décrochage à signaler durant mes tests. Le clavier est immédiatement reconnu et les profils enregistrés dans la mémoire intern, ce qui permet de l’emmener en LAN sans avoir à repasser par le site web pour tout configurer.
Prix et disponibilité
Le REKT Shogun 68 est vendu à 99,90 €. Disponible sur leur store officiel et chez les revendeurs spécialisés. C’est le prix d’un clavier mécanique « classique » de milieu de gamme, sauf qu’ici, vous embarquez une technologie qui était réservée à des claviers très chers il y a encore 12 mois.
REKT a également un modèle nommé Hiro 60, un peu moins cher mais techniquement semblable. Ce dernier s’arrête net après la touche Entrée. Pas de flèches directionnelles, pas de touches « Suppr » ou « Page Précédente » dédiées. Le Shogun 68 testé ici est à peine plus large (environ 3 cm), mais il intègre les flèches directionnelles.

Évidemment, la principale alternative est le Wooting 60HE. Si vous avez 190 € en poche et que vous cherchez la perfection absolue, c’est toujours lui le patron.

Leur logiciel est une merveille et le feeling de frappe est bien plus qualitatif, plus « premium ». C’est le choix des puristes, de ceux qui veulent le produit original sans aucun compromis.
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