
Tout pour empêcher la triche pendant le bac 2026. Selon le ministère de l’Éducation nationale, toutes les académies sont désormais équipées de détecteurs de téléphones portables, répartis de façon aléatoire entre les centres d’examen pendant les épreuves écrites.
Concrètement, un surveillant n’a, en théorie, plus besoin de fouiller une trousse ni de scruter minutieusement le moindre regard en biais. Il lui suffit de passer dans le couloir avec un boîtier qui détecte les ondes radio.

Ces appareils traquent les signaux qu’émet n’importe quel objet connecté allumé : smartphone, montre connectée, écouteurs sans fil. Pas besoin que l’appareil sonne ou vibre : dès qu’il communique avec une antenne ou un réseau, il devient repérable.


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Un dispositif pensé pour dissuader, pas pour rafler
Le ministère assume le côté épouvantail. Il présente le dispositif comme avant tout préventif, destiné à dissuader et à identifier les tentatives de triche. Le déploiement aléatoire renforce justement cet effet : comme on ignore quel centre sera équipé, mieux vaut laisser son portable au vestiaire.
« Quand je n’en dispose pas, j’utilise un ersatz. Il s’agit d’un boîtier noir qui ressemble au détecteur de téléphones, et les élèves n’y voient que du feu », explique au Parisien un proviseur de lycée et secrétaire académique du SNPDEN. Il précise par ailleurs que le dispositif repère même les appareils en mode avion.
Le détecteur utilisé
On connaît la référence de l’appareil utilisé par les surveillants : DF-2345G-LCD-INOUT. Plus classiquement présenté sous le nom de « Détecteur professionnel de smartphone GSM 2G 3G 4G 5G avec écran LCD et alerte détection sur sortie alarme relais ».
Sur la boutique en ligne Secutec, on peut d’ailleurs aussi lire que le boîtier alerte toute détection par un « bip sonore ou silencieux avec écouteur et sur sortie d’alarme (NO-COM-NC) » tandis qu’une « détection de quelques centimètres jusqu’à 20 mètres de portée » est aussi évoquée.

En outre, le produit s’affiche à 678 euros sur Secutec, mais ça ne veut évidemment pas dire que c’est le tarif auquel l’Éducation nationale s’est procuré chacun de ses exemplaires.
Hausse de la triche
Selon les chiffres officiels, en 2025, 1 208 cas de fraude ont été recensés, dont 833 poursuivis devant la commission de discipline du baccalauréat, soit 273 poursuites de plus qu’en 2024 (où 560 cas avaient été soumis à la commission). Une hausse que le ministère relie à l’usage du smartphone, devenu l’outil de triche numéro un depuis qu’une simple photo d’énoncé envoyée à une application suffit à récupérer une réponse en quelques secondes.
Enfin, ces détecteurs ne fouillent pas, ils repèrent simplement une émission d’ondes. Charge ensuite au surveillant de localiser l’appareil et de prouver l’usage frauduleux.
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