
Incontournable sur le marché de la micro-mobilité, Segway-Ninebot continue de structurer sa gamme de scooters électriques avec une logique implacable. Après avoir testé le très chic E125S (équivalent 50 cm³) et l’excellent E300SE (équivalent 123 cm³), je me retrouve cette fois-ci au guidon du Segway E250S.
Ce modèle s’inscrit pile entre ses deux frères. C’est un équivalent 125 cm³ « bridé » à 90 km/h, une vitesse de pointe qui le destine naturellement aux trajets périurbains et aux voies rapides limitées. Sa promesse ? Offrir la maniabilité d’un petit gabarit tout en conservant le punch et la technologie de pointe qui font la force de la marque. Un scooter que Segway annonce comme fun, maniable et résolument technologique.
Sur ce dernier point, la marque a procédé à quelques améliorations depuis nos essais de ces aînés, avec notamment l’arrivée d’un superbe écran couleur.
Après une semaine passée à l’utiliser comme mon fidèle destrier, voici mon verdict.
Un design compact et pratique, mais non sans compromis
Au premier regard, le E250S ne trompe personne sur son identité. Il reprend les lignes fluides et minimalistes du E300SE, avec ce fameux carénage unibody qui élimine presque toutes les vis apparentes. L’assemblage est précis et les matériaux respirent la solidité, bien que le plastique reste omniprésent. La signature lumineuse à LED, typique de la marque, assure une présence visuelle forte sur la route. Le phare avant offre un faisceau large et rassurant, tandis que l’anneau lumineux arrière permet d’être identifié de loin par les autres usagers.

C’est en s’installant à bord que l’on découvre la particularité ergonomique de cette plateforme. Comme sur le reste de la gamme, Segway a fait le choix de loger les batteries sous le plancher pour abaisser le centre de gravité et libérer de l’espace sous la selle.
Le revers de la médaille est immédiat : le plancher se retrouve assez haut par rapport à l’assise. Pour un conducteur de taille moyenne, cela se traduit par une position avec les genoux sensiblement relevés, ce qui peut s’avérer fatigant sur de longs trajets périurbains.

Ce choix technique permet toutefois de conserver un espace de rangement généreux pour la catégorie. Le coffre peut accueillir un casque intégral sans encombre, une rareté sur le segment des scooters électriques où les batteries occupent souvent tout l’espace sous la selle.

On trouve également un vide-poches pratique à l’avant, accompagné d’une double prise USB-A et USB-C, indispensable pour maintenir son smartphone en charge lors de l’utilisation de la navigation.

Malgré son format compact, le Segway E250S convient parfaitement pour se déplacer à deux, notamment grâce à la grande selle moelleuse, mais aussi aux repose-pieds bien placés, qui évitent que le conducteur ne se prenne les pieds du passager dans les mollets.

Terminons par l’ergonomie du guidon, qui offre dans l’ensemble une bonne, même sa position peut-être un peu trop basse, notamment pour les plus grands conducteurs. Sur la partie gauche, on retrouve les commandes classiques avec les les clignotants (à retour automatique), le klaxon et le bouton dédié au régulateur de vitesse et à la marche arrière. Une molette permette quand à elle de faire défiler les différents écrans et informations, tandis qu’un bouton menu permet de revenir à l’accueil. Enfin, une sorte de gâchette, située proche de la manette de freins, permet de contrôler les pleins phares.
Segway a placé sur la droite la commande des feux de détresse, très peu pratique à activer en plein interfile, ainsi qu’un bouton de démarrage et d’ouverture électrique de la selle et le sélecteur de mode de conduite. Les manettes de frein tombent assez bien sous les doigts, mais peuvent sembler un peu éloignées, ce qui peut tirer sur le poignet à la longue.
Une technologie embarquée de pointe
Segway conserve son avance sur la partie logicielle avec une interface qui rappelle le monde de l’automobile électrique. L’écran central couleur centralise toutes les informations de conduite. La lisibilité est bonne, même en plein soleil, grâce à un contraste élevé.


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Celui-ci se contrôle grâce à la molette latérale, permettant de défiler entre la visualisation des messages, de la navigation, des informations de conduite, des paramètres et même le contrôle de la musique en Bluetooth. En effet, via une connexion avec le smartphone, vous pourrez notamment afficher les instructions de navigation vers votre destination, qui reste pour l’instant limitées à des flèches sur l’écran, assorties des noms de rue et distances.
Sur l’écran, on retrouve en permanence l’affichage de l’heure, les conditions météo et bien sûr de la vitesse, ainsi que l’état des batteries et l’odomètre.
La partie technologique ne se limite cependant pas à l’écran. On retrouve notamment un des meilleurs systèmes de démarrage sans clé du marché. Grâce à la connexion Bluetooth avec le smartphone, il suffit de s’asseoir et d’appuyer sur le bouton de démarrage.
Le Neiman est entièrement électrique, verrouillant la direction dès que l’on s’éloigne du véhicule. Si besoin, il reste possible d’utiliser une clé, ainsi qu’un badge NFC fourni avec le scooter. Si vous le souhaitez, vous pouvez également définir un code à saisir sur l’écran pour démarrer le scooter, pratique si vous n’avez pas vos clé et égarez votre smartphone.
L’application Segway-Ninebot complète l’expérience avec une richesse de fonctionnalités impressionnante. Elle permet de géolocaliser le scooter avec précision, de recevoir des alertes en temps réel en cas de déplacement suspect et de paramétrer finement le comportement de l’engin.
On peut ainsi ajuster l’intensité du freinage régénératif ou régler le volume des alertes sonores. L’interface est fluide, moderne et se place sans difficulté parmi les meilleures applications de mobilité actuelles. J’ai particulièrement apprécié la notification après avoir branché le scooter qui m’indique le temps restant afin la fin de la recharge.
En parlant de batterie, l’application permet également d’appairer les batteries au scooter, limitant ainsi le risque de vol. Par ailleurs, vous pouvez paramétrer un pourcentage de charge maximal à ne pas dépasser ou une puissance de charge maximal. Il n’est toutefois pas possible de définir des plages horaires de charge pour profiter des heures creuses.
Une conduite nerveuse et agile
Dès les premiers mètres, le Segway E250S affiche une nervosité surprenante. Le constructeur a doté l’engin de quatre modes distincts pour s’adapter à toutes les situations : Walk, Eco, Drive et Sport. Le premier, comme son nom l’indique, est destiné à aider à faire avancer le scooter en marchant à côté, par exemple pour le déplacer dans un garage. Le second privilégie quant à lui la douceur et l’économie d’énergie, tandis que le mode Drive convient dans la plupart des cas.
C’est véritablement en mode Sport que le scooter révèle son caractère. Les accélérations sont super punchy et le moteur se montre extrêmement réactif à la moindre sollicitation de la poignée.

Pour atteindre les 45 km/h, il ne faut que 4,3 secondes, permettant de s’extraire de la circulation urbaine avec une facilité déconcertante. Restons sur terre, c’est bien plus que les 2,9 secondes du E300SE, mais les accélérations restent tout de même très punchy, au point où je n’ai jamais manqué de peps au démarrage durant mon test. Au contraire, j’ai pris un malin plaisir à filer au feu vert, laissant les deux-roues thermiques à la traîne derrière.

Cette vivacité est complétée par un freinage régénératif qui permet de ralentir efficacement sans toujours solliciter les manettes, tout en récupérant quelques précieux watts. Celui-ci est limité à une récupération de 1.5 kW, et on aurait apprécié pouvoir le rendre encore plus mordant. Lorsque l’on doit s’arrêter net, le système de freinage mécanique se montre excellent, offrant un mordant sécurisant et une puissance parfaitement répartie. La dotation en ABS et TCS de série assure également une stabilité et une sécurité accrues, notamment en cas de freinage sur sol glissant.
La maniabilité est sans aucun doute l’un des points forts de ce modèle. Le scooter est d’une stabilité exemplaire, même lors de changements de direction brusques. En ville, il se transforme en véritable anguille grâce à un rayon de braquage très court. Segway a également intégré des aides à la manœuvre particulièrement bienvenues comme la marche arrière et le mode Walk, qui facilite les déplacements à basse vitesse lors des stationnements complexes.
Une mention spéciale doit être faite à la fonction Hold : très pratique à l’usage, elle permet de maintenir le scooter immobile lors d’un arrêt ou d’un démarrage en côte sans avoir à serrer les freins manuellement. C’est un confort dont on a du mal à se passer une fois goûté.
Pour ce qui est de l’interfile, le E250S s’en sort globalement très bien. Si le format arrondi des rétroviseurs peut demander un peu de vigilance pour ne pas accrocher ceux des voitures, leur visibilité est globalement bonne et permet de surveiller ses arrières sans difficulté. L’ensemble dégage une impression de sécurité et de maîtrise qui rend la conduite à la fois ludique et sereine.

Côté confort, le bilan est un peu plus nuancé, notamment en ce qui concerne le confort de roulement. Bien que les suspensions fassent un travail correct dans l’ensemble, elles ont tendance à retranscrire un peu trop fidèlement les aspérités et les défauts de la chaussée. Sur ce point précis, le E250S se montre un cran en dessous du E300SE, dont l’amortissement est plus onctueux. Concernant la protection contre le vent, la petite bulle installée de série n’est pas très adaptée aux voies rapide et peine à dévier l’air du buste.
Néanmoins, ce point n’est pas réellement rédhibitoire puisque la Vmax est ici limitée électroniquement à 90 km/h en mode sport, voire 80 km/h en mode éco, une allure où les turbulences restent tout à fait gérables pour des trajets périurbains quotidiens.
Une autonomie correcte
Le Segway E250S embarque de série deux batteries amovibles logées sous le plancher. Cette configuration permet d’abaisser le centre de gravité tout en libérant de l’espace de rangement.
Sur le papier, les promesses des constructeurs sont souvent optimistes, mais la réalité de notre essai s’est révélée très satisfaisante. Segway annonce une autonomie de 105 km. Sur un parcours mixte alternant ville et voies rapides, et avec une conduite plutôt agressive sollicitant régulièrement le mode Sport, nous avons pu parcourir entre 80 et 85 kilomètres avant de devoir repasser par la case recharge.
C’est une performance solide pour la catégorie, qui permet d’envisager sereinement des trajets périurbains quotidiens sans avoir l’œil constamment rivé sur la jauge d’énergie. On est certes loin des 130 km de certains concurrents, mais dans un format plus compact et pour un prix bien plus accessible.

Il faut toutefois rester vigilant sur la gestion de la fin de charge. Lorsque le niveau de batterie descend sous la barre des 10 %, le scooter limite volontairement l’énergie délivrée. L’accélération se retrouve alors fortement bridée par le système électronique pour préserver les dernières cellules. Dans le flux de circulation, ce passage en mode dégradé peut devenir dangereux, car le véhicule perd toute sa superbe et peine à s’insérer ou à maintenir une allure sécurisante face aux voitures.
J’ai par exemple plafonné à une cinquantaine de km/h sur voie rapide, me faisait dépasser par d’autres véhicules à vive allure. Il est donc vivement conseillé de planifier ses trajets pour ne pas atteindre cette zone critique, sous peine de se retrouver en difficulté au milieu du trafic.
Pour faire le plein d’énergie, deux options s’offrent à vous : brancher directement le scooter via la prise située sur le tablier ou extraire les batteries pour les charger sur une prise domestique. Chaque pack pèse son poids, mais les poignées ergonomiques facilitent la manipulation.

Une recharge complète de 0 à 100 % prend environ 4 heures en branchant directement le scooter, un temps relativement court qui permet de repartir avec une autonomie totale après une demi-journée de bureau ou une soirée.
Dans les deux cas, il faut utiliser un transformateur assez volumineux pour recharger les batteries, ce qui rend l’opération bruyante et moins pratique que l’utilisation d’un système intégré comme chez Silence, qui nécessite un simple câble C13.

Pour les plus gros rouleurs, Segway propose en accessoire une troisième batterie qui vient s’installer sous la selle. Si cet ajout condamne logiquement une partie de l’espace de rangement pour le casque, il permet d’étendre le rayon d’action d’une cinquantaine de kilomètres pour ceux dont les trajets dépassent les limites de la configuration standard.
Une excellent rapport qualité-prix
Le Segway E250S se positionne avec une agressivité tarifaire certaine sur le marché des équivalents 125 cm³. Commercialisé aux alentours de 3 999 euros dans sa configuration de série avec deux batteries, il affiche un rapport prix-équipement difficile à battre, surtout lorsqu’on prend en compte la présence de l’ABS et du TCS de série.
Pour ceux qui auraient besoin de l’autonomie maximale, une version incluant directement la troisième batterie est proposée pour 1 000 euros de plus. Si vous préférez l’acheter plus tard, sachez que cette batterie supplémentaire est également vendue en accessoire, mais son installation nécessite un support spécifique pour le compartiment sous la selle.

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