Pourquoi les vélos électriques en acier sont grandement menacés aux USA

 
Aux États-Unis, les vélos électriques dont le cadre est en acier et plusieurs équipements de fitness sont désormais soumis aux droits de douane de l’article 232, avec des surtaxes pouvant grimper jusqu’à 50 %.
Brompton G Line vélo électrique pliant
Source : Brompton

Aux États-Unis, l’administration applique désormais les tarifs douaniers de l’article 232 — instaurés sous Donald Trump — à de nouvelles catégories de produits finis contenant de l’acier. Les importations de vélos électriques, de vélos cargo mais aussi de home trainers sont directement concernées. Le tarif peut atteindre 50 % pour la plupart des pays, et 25 % pour le Royaume-Uni.

Un avis publié par le bureau du Département du Commerce détaille les centaines de codes HTUS désormais intégrés à cette mesure. Le code 8711.60.00 vise les vélos électriques, les vélos cargo et certaines motos électriques. Le code 9506.91.00, auparavant réservé aux vélos d’appartement et aux home trainers, est également inclus.

Brompton s’en sort le mieux

Concrètement, la teneur en acier de ces produits sera soumise à la surtaxe, sauf si le métal a été fondu et coulé sur le sol américain avant assemblage ailleurs, nous apprend Bicycle Retailer.

La plupart des vélos électriques vendus aux États-Unis reposent sur des cadres en aluminium ou en fibre de carbone. Mais plusieurs fabricants utilisent encore l’acier, à l’image de Marin, Benno, Schwinn et Brompton, ainsi que de certains modèles cargo de Yuba, Surly, Xtracycle ou Bunch Bikes. Pour le britannique Brompton, qui assemble ses vélos pliants en acier au Royaume-Uni, le tarif réduit de 25 % constitue un moindre mal.

Yuba Mundo EP801
Source : Yuba

Cette décision devrait se traduire par une hausse sensible des prix de vente. Powell, PDG de Bunch Bikes, a déjà annoncé un passage futur à des cadres en aluminium, tout en anticipant que l’administration américaine élargira bientôt ces droits aux produits dérivés de l’aluminium. La précédente vague de mesures douanières ciblant la Chine avait déjà touché les chaînes de vélo et certains câbles.

La manière dont les droits seront calculés reste une zone d’ombre. Certains importateurs expliquent que leurs usines détaillent sur les factures le coût des matériaux d’un côté, et le coût de main d’œuvre et de sa valeur ajoutée de l’autre.

Des perturbations de marché à venir

Dans ce cas, les droits seraient appliqués uniquement sur la valeur de l’acier, bien inférieure à celle d’un cadre complet dont coût inclut également la valeur ajoutée apportée inhérente à la main d’œuvre. D’autres estiment au contraire qu’ils devront s’acquitter des droits sur le prix total du produit en acier, qu’il s’agisse d’un cadre ou même d’un simple boulon.

Au-delà des fabricants, c’est tout le marché des vélos en acier qui se retrouve sous tension. Avec des hausses de prix quasi inévitables, ces droits de douane risquent de freiner l’adoption de certains vélos électriques et de limiter l’essor d’un marché encore en pleine structuration outre-Atlantique.


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