
Après 5 robots tondeuses testées cette année pour ma part, j’ai pris l’habitude de voir débarquer des marques chinoises bardées de LiDAR, de doubles caméras et d’IA à tous les étages. Dreame, Mammotion, Segway, Roborock : la course aux capteurs est lancée.
Husqvarna, lui, joue une autre partition. Le constructeur suédois mise sur trente ans d’expérience dans la tonte robotisée et une fabrication européenne, là où la concurrence asiatique aligne les fonctionnalités.

L’Automower 308V se place au milieu de la dernière gamme. Sans fil périmétrique, équipé d’une caméra à vision IA et d’une navigation satellite, il vise les jardins jusqu’à 800 m². On l’a fait tourner pendant plusieurs semaines, en conditions réelles, pour voir ce que vaut vraiment ce pari du « solide à l’européenne ».
Fiche technique
| Caractéristiques | Husqvarna Automower 308V |
|---|---|
| Surface couverte | Jusqu’à 800 m² (mode motif) / 500 m² (mode aléatoire) |
| Navigation | Vision IA (caméra frontale) + positionnement satellite EPOS, corrections via Husqvarna Cloud |
| Installation | Sans fil périphérique, couverture Wi-Fi requise sur toute la pelouse |
| Largeur de coupe | 22 cm |
| Hauteur de coupe | Réglage manuel (pas d’ajustement automatique) |
| Lames | 3 lames pivotantes type rasoir (3 g), 6 lames de rechange incluses |
| Motifs de tonte | Bandes, damier, triangle, aléatoire |
| Pente max franchissable | 40 % dans la zone de tonte / 15 % en périphérie |
| Autonomie / recharge | Environ 100 min / 100 min |
| Connectivité | Wi-Fi 2,4 GHz (obligatoire), Bluetooth, application Automower Connect (iOS/Android) |
| Sécurité | Code PIN, alarme de soulèvement, géorepérage réglable (jusqu’à 5 000 m, 500 m par défaut) |
| Étanchéité | IPX6 |
| Inclus | Station de charge, bloc d’alimentation, câble basse tension 10 m, 6 lames |
| Indice de réparabilité | 8,9 / 10 |
| Garantie | Jusqu’à 5 ans sous conditions |
| Conception | Pensée en Suède, fabriquée en Europe |
| Prix | 1 399 € (France) |
Présentation générale
Premier point à poser clairement, parce qu’il structure tout le reste : l’Automower 308V n’est pas un robot chinois. Husqvarna existe depuis 1689, revendique plus de trente ans dans la tonte robotisée et plus de quatre millions de clients sur ce créneau. La machine est conçue en Suède et assemblée en Europe. Ça ne fait pas tout, mais sur un produit qu’on laisse dehors des mois durant et qu’on espère réparer plutôt que jeter, ça compte.

Le 308V occupe le milieu de la gamme. Husqvarna le destine aux pelouses jusqu’à 800 m² en mode motif, 500 m² en mode aléatoire. Son principal argument, c’est l’absence de fil périmétrique : plus besoin de dérouler des centaines de mètres de câble enterré le long des bordures. À la place, le robot se repère grâce à un positionnement satellite (système EPOS) et une caméra à vision IA chargée de détecter et de contourner les obstacles.

Sur le papier, le programme est cohérent : navigation moderne, sécurité complète, indice de réparabilité de 8,9/10 et garantie pouvant aller jusqu’à 5 ans sous conditions.

Reste à voir si l’exécution suit, parce que c’est précisément là que le robot suédois montre ses limites face à des concurrents asiatiques plus jeunes mais plus aboutis côté logiciel.
Design
Le 308V respire la robustesse. Châssis bien fini, plastiques épais, l’ensemble inspire confiance et donne le sentiment d’un objet pensé pour durer. En revanche, l’ergonomie n’est pas le point fort de la machine : quelques choix nous ont paru datés, et l’expérience générale reste très basique. Solide mais minimaliste… vous allez comprendre.

Sous le robot, on retrouve trois petites lames rasoir montées sur un disque pivotant, protégées par un patin en aluminium qui limite l’enroulement de l’herbe et préserve le moteur.

Ces lames pèsent à peine 3 grammes et sont conçues pour s’effacer au moindre contact, un choix de sécurité que Husqvarna met en avant, notamment au regard des études sur le danger des robots tondeuses pour les hérissons. La largeur de coupe s’établit à 22 cm.

La commande physique se résume à l’essentiel : un bouton stop (rouge) et un bouton de lancement, le tout verrouillé par un code PIN. On y revient plus loin, mais retenez déjà que ces boutons jouent un rôle plus important qu’il n’y paraît, faute d’une application capable de tout piloter sereinement. Certifié IPX6, le robot supporte le jet d’eau et peut rester dehors en permanence sans crainte.

Dernier point côté design, et non des moindres : le robot est d’un silence remarquable.

À tel point qu’on l’oublie. Lors de notre test, le 308V tournait par défaut la nuit sans qu’on s’en aperçoive, il a même fallu une alerte de blocage pour réaliser qu’il travaillait pendant qu’on dormait (ce qui est une très mauvaise idée de le faire fonctionner la nuit pour la faune).
Installation
Bonne nouvelle d’abord : pas de fil périphérique à enterrer, pas d’antenne RTK à planter au milieu de la pelouse.

La station se pose librement, et le câble basse tension de 10 mètres fourni laisse de la marge pour la placer à proximité de la box. Sur ce plan, on gagne un temps réel par rapport aux générations à fil.

Le revers de la médaille, c’est la dépendance au Wi-Fi. Husqvarna est formel : le robot a besoin d’une couverture Wi-Fi sur toute la surface de la pelouse pour fonctionner, puisque les corrections de positionnement transitent par le Husqvarna Cloud.

Si votre signal s’effondre au fond du jardin, il faudra passer à la caisse : kit Automower Connect (connectivité cellulaire) ou station de référence EPOS RS1, à faire installer par un revendeur agréé. Autrement dit, un robot déjà premium dont la facture peut grimper selon votre installation réseau.
La cartographie réserve la première vraie surprise, et c’est l’un des choix les plus étranges de la machine. On ne laisse pas le robot détourer la pelouse tout seul : on délimite le terrain manuellement, point par point. Concrètement, on déplace le robot à la télécommande virtuelle, et à chaque coin on dépose un point. La carte se construit ainsi, jalon après jalon.
Déroutant au premier abord, le système se révèle finalement précis une fois pris en main : on peut sélectionner n’importe quel point a posteriori, orienter une flèche et le décaler de quelques centimètres pour affiner la bordure. Le réglage fin est donc possible, mais il demande de la patience. La méthode est moins fluide que la cartographie automatique de nombreux concurrents, et le robot n’apprécie guère les angles trop marqués. Sur une pelouse aux contours simples, ça reste accessible.

À noter aussi : pas de cartographie automatique, et pas de réglage automatique de la hauteur de coupe. C’est à vous de remonter ou descendre la lame à la main selon le terrain. Lors de notre test, on l’a par exemple relevée pour passer sur des bordures béton ou sur une terrasse en pavés sans abîmer le mécanisme.
Performances
Commençons par ce qui fonctionne bien : la coupe. Le robot propose trois motifs (bandes, damier, triangle) sur 800 m², plus un mode aléatoire limité à 500 m². Après avoir testé les différents motifs, on est revenu au mode bandes : le rendu est plus net, façon terrain de foot, et les bordures sont mieux respectées. Le 308V suit quasiment le même tracé d’un jour à l’autre, et exécute un petit demi-tour soigné en fin de passage.

Comme la plupart des robots, il laisse une bande non tondue le long des murs et des clôtures. Il faut donc prévoir une finition au coupe-bordures autour des arbres et des limites. Rien de rédhibitoire, mais ce n’est pas le robot qui vous dispensera totalement de sortir le matériel d’appoint.

Husqvarna annonce des pentes franchissables jusqu’à 40 % dans la zone de tonte et 15 % en périphérie. Notre jardin de test étant relativement plat, on n’a pas pu pousser la machine dans ses retranchements sur ce terrain précis, on s’en tient donc aux chiffres constructeur, sans pouvoir les confirmer en conditions extrêmes.

Vient maintenant le gros sujet, celui qui occupe une bonne partie de nos échanges pendant le test : la vision et la détection d’obstacles. Husqvarna explique que la caméra IA identifie les objets sur la pelouse pour les éviter, mais précise que cette vision ne fonctionne qu’en journée. La nuit, le robot tond « à l’aveugle », tout en pouvant être programmé à n’importe quelle heure.

Dans les faits, le comportement est franchement erratique. On a vu le robot éviter soigneusement une personne assise sur une chaise, contourner un pot de fleurs… puis foncer droit dans un arbre, le lendemain, exactement comme il l’avait fait la veille. La détection semble fonctionner par à-coups, sans logique évidente. Pire : entre la vision activée et désactivée, on n’a pas observé de différence notable. Dans les deux cas, le robot tape dans les chaises, dans les obstacles, dans le tronc.

Conséquence directe : on n’accorde qu’une confiance limitée à la détection des animaux, ce qui interroge pour un robot censé pouvoir tondre la nuit, au moment précis où la faune sort. Les lames légères qui s’effacent au contact restent une vraie sécurité, mais elles ne remplacent pas une détection fiable en amont.
Sur la terrasse en pavés, lame relevée, le robot s’en est bien sorti. Il lui est arrivé de descendre la marche de 12 cm sans pouvoir y remonter seul (il faut alors le reposer à la main), mais il a toujours su rejoindre sa station de charge.
Côté cycle, le 308V ne tond pas tout d’une traite : il travaille par passes successives, rentre se recharger (environ 100 minutes d’autonomie pour autant de recharge), puis repart. Il décide aussi de son propre planning : en milieu de semaine, il lui est arrivé de refuser de sortir en affichant « zone terminée, prochain démarrage demain minuit ».
Enfin, le volet antivol est complet et bien vu : code PIN, alarme de soulèvement et géorepérage réglable jusqu’à 5 000 m (500 m par défaut). On a constaté qu’à 200 m, l’alerte de sortie de périmètre se déclenchait un peu tard, mieux vaut donc ajuster ce réglage à son terrain.
L’application et les fonctions
Tout passe par l’application Automower Connect, sur iOS et Android. Et c’est sans doute le point le plus décevant du 308V. Notre expérience est contrastée : on l’a trouvée basique et surtout peu intuitive. Les fonctions sont là (zones de travail, zones d’exclusion, chemins entre zones, programmations, motifs, géorepérage), mais l’ergonomie générale donne l’impression d’un logiciel resté en arrière.
Le meilleur exemple, ce sont les messages d’erreur. Quand le robot s’arrête, on lit un message du type « Action manuelle requise, le bouton stop a été enfoncé, la tondeuse doit être démarrée manuellement ». Très bien, mais l’application ne dit jamais comment la redémarrer. Pas de « appuyez sur tel bouton », rien. On finit par trouver la combinaison à force d’essais : bouton rouge pour arrêter le clignotement, puis bouton play. Ce genre de difficulté, sur un produit à 1 399 €, surprend.
S’ajoutent des envois de commande qui restent bloqués (« patienter », « envoi de la commande »), des recherches de satellite parfois longues, et ces refus de sortie évoqués plus haut.
Rien de bloquant une fois la carte bien réglée et les habitudes prises, mais on est loin de la fluidité et des petites attentions des applications chinoises, qui multiplient les options de confort, les réglages fins et le pilotage en temps réel. C’est précisément là que le 308V montre son âge : il est fonctionnel, pas confortable.
Prix et alternatives
L’Automower 308V est affiché à 1 399 € en France. Le tarif inclut la station de charge, le bloc d’alimentation, le câble basse tension de 10 m et six lames de rechange.
À ce prix s’ajoute, le cas échéant, l’accessoire EPOS RS1 ou le kit Automower Connect si votre Wi-Fi ne couvre pas tout le jardin : facturés à part et posés par un revendeur, ils alourdissent l’addition.
Pour un jardin de taille moyenne bien couvert en Wi-Fi, la vraie question n’est donc pas la puissance, mais le compromis. D’un côté, Husqvarna offre la fabrication, la réparabilité et l’héritage. De l’autre, les marques chinoises proposent davantage de confort logiciel et de fonctions pour un budget souvent supérieur. À chacun de placer le curseur. Pour aller plus loin, retrouvez notre guide d’achat complet sur les robots tondeuses.
Retrouvez notre guide des meilleures tondeuses-robots par ici.
Pour aller plus loin
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