Le Français Archos annonce aujourd’hui une opération d’envergure, en entrant au capital de la société Logic Instrument, spécialisée dans les terminaux mobiles durcis. Il annonce son objectif de se muer en « premier constructeur européen de terminaux mobiles pour le monde professionnel« .

Logic Instrument

L’une des tablettes Logic Instrument

Archos, que l’on voyait il y a quelques jours présenter son premier smartphone destiné aux sportifs, et notamment aux randonneurs – le Quechua Phone vendu dans les enseignes Decathlon – entre aujourd’hui au capital de Logic Instrument. La firme, créée à la fin des années 1980, est notamment spécialisée dans la conception de tablettes et d’ordinateurs renforcés, et destinés précisément aux professionnels. Un investissement logique d’Archos, qui, jusqu’ici, s’adresse plutôt au grand public, même s’il cible une niche demandeuse de solidité avec le Quechua Phone, dont la structure interne est renfoncée, ne répond pas exactement aux exigences de professionnels travaillant en extérieur, et dont l’appareil est sujet aux chocs. L’idée est donc, pour Archos, de concurrencer des marques telles que Sonim ou Caterpillar, probablement moins connues auprès du grand public, et de se positionner en tant que numéro un en Europe dans le domaine des smartphones solides. La force d’Archos, c’est aussi sa polyvalence : la marque ne se contente pas de smartphones, puisqu’elle compte des tablettes à son actif, elles-mêmes désormais sollicitées par les professionnels. Or les solutions, housses exclues, sont encore inexistantes sur ce marché… quand Archos table sur un marché mondial de 270 millions de tablettes vendues en 2014, dont 15 % destinées au monde professionnel.

Une grosse opération pour Archos

L’entrée d’Archos au capital de Logic Instrument passera par le biais d’une émission de 2,2 millions d’Actions à Bons de Souscription d’Actions (ABSA) d’une valeur unitaire de 1,62 euros, et dont Archos va acquérir 70 %, sachant que la firme « pourrait se substituer certains managers du groupe Archos pour les 30 % restants, conformément aux projets de résolution ». Au total, ce rachat représentera 48,9 % du capital de Logic Instrument, dont le chiffre d’affaires montait à 13,1 millions d’euros en 2012, mais dont la capitalisation boursière a baissé de 3,4 millions d’euros depuis le début de l’année 2013.

Pour Archos, l’enjeu  n’est pas anodin : après des années difficiles, la marque française connaît une santé financière sur la pente ascendante, mais toujours avec un résultat opérationnel négatif à 2,3 millions d’euros dernier trimestre. En bourse, l’annonce de l’opération semble avoir porté ses fruits, le titre d’Archos ayant bondi de + 6,5 % pour porter la capitalisation de la firme à 106 millions d’euros.