François Hollande voyagera aux États-Unis à partir du 11 février prochain. Grande tournée en perspective avec des rencontres officielles, des négociations mais aussi des visites de lieux emblématiques comme la Silicon Valley.

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Le président français François Hollande a pas mal de choses en tête en ce moment. Impopularité, histoire de mœurs, ce voyage officiel sera certainement l’occasion pour le chef d’État français de prendre un bol d’air au pays des géants de l’électronique. Et pour cause, François Hollande fera un crochet par la Silicon Valley. Gigantesque hub d’entreprises portées sur les nouvelles technologies et d’universités prestigieuses situé dans la baie de San Francisco, en Californie, la Silicon Valley constitue la vitrine essentielle des États-Unis, véritable symbole de l’innovation à l’américaine. À noter que la visite du président interviendra 30 ans après celle de François Mitterrand en mars 1984.

On sent bien la préoccupation de François Hollande à investir le terrain des nouvelles technologies et la Silicon Valley constitue un arrêt obligatoire sur son programme. C’est aussi une question de prestige pour le président américain Barack Obama : il s’agit de montrer la réussite américaine, un exemple que la France aimerait bien imiter. Mais le président pourrait bien parler plus français qu’anglais durant sa visite dans la baie de San Francisco. Comme le souligne RudeBaguette.com, « avec plus de 50 000 expatriés français dans la Baie, la France est le pays européen le plus présent, et probablement le pays le plus représenté, si on fait abstraction de la Chine et l’Inde ».  L’attraction y est suffisamment forte pour former des communautés françaises autour de cet endroit, à l’instar du site Silicon-Valley.fr.

Ces expatriés (comme Jean-Louis Gassée, ex-collègue de Steve Jobs) constituent un exemple de la fuite des cerveaux français à l’étranger. Nul doute que le président de la République française aura cet état de fait en tête lors de son passage. Car, rappelons-le, la France souffre d’une situation ambivalente. D’un côté, une capacité à former des ingénieurs et des chercheurs performants grâce à un filière enseignante à la pointe, ainsi que des entreprises parmi les plus innovantes ; et de l’autre, les contraintes entrepreneuriales, la difficulté – présumée ou effective – à « lancer sa boîte », à se faire reconnaître parmi les grands noms des technologies, quand la Silicon Valley américaine jouit d’un prestige inégalé, comme souvent les salaires qui accompagnent ses emplois. Quel est le problème des Français ? Certains considèrent que les entrepreneurs du pays souffrent d’un mal qui leur est propre, celui de ne pas aimer se vendre, et d’assumer leurs faiblesses plutôt que de les dissimuler.

Espérons  en tout cas que le président français n’oubliera pas, au contraire de sa ministre Fleur Pellerin, pendant et après sa visite qu’un large écosystème de startups (le deuxième en Europe) existe déjà dans l’Hexagone.