Le Festival de Cannes est un bon moyen pour parler aux médias. Ted Sarandos, Directeur des programmes chez Netflix, a profité de l’événement pour critiquer la chronologie des médias en France.

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Selon Ted Sarandos, la réglementation française « n’est bonne pour personne » et « ne protège pas le cinéma ». Aucun chiffre n’a été donné, et aucune étude n’a été publiée, bien entendu. Pour rappel,  la chronologie des médias empêche un film sorti au cinéma et âgé de moins de trois ans (36 mois) d’être disponible sur les services SVOD. D’ailleurs, Netflix respecte cette réglementation depuis son lancement, bien que la société américaine n’y soit pas obligée.

Aurélie Filippetti, ancienne Ministre de la Culture, avait soumis l’idée de passer à 2 ans (24 mois). Néanmoins, l’idée n’était pas allée plus loin car l’État souhaite favoriser les services qui participent au financement et à l’exposition des œuvres françaises et européennes. Ce qui n’est pas encore le cas de Netflix.

 

Passer de 3 à 2 ans, la solution magique ?

L’idée n’est pas mauvaise : un raccourcissement de 3 à 2 ans des délais de l’exploitation SVOD, mais uniquement pour les services de streaming qui financent les œuvres françaises. Ce raccourcissement des délais était déjà l’une des propositions avancées par le rapport Lescure, qui incitait même à mettre en place un délai de 18 mois.

Mais les discussions n’avanceront pas tant que Netflix n’aura pas obtenu le « label », selon le Centre National (CNC) et les organisations professionnelles. Qu’est ce que ce « label » ? Pour l’obtenir, il faut respecter la réglementation française et avoir passé des accords avec les organisations cinématographiques françaises. De plus, il sera nécessaire de financer « la production d’œuvres cinématographiques audiovisuelles européennes et d’expression originale française à hauteur de 21 % et 17 % de leur chiffre d’affaires dont au moins 25 % en préfinancement ». La situation semble loin d’être simple.

Cette absence de financement semble donc être un blocage pour une évolution rapide de la réglementation. De son côté, Netflix finance une nouvelle série, Marseille, « produite en France et avec des acteurs français ».