Vous souhaitez offrir un téléphone ou, pire encore, choisir votre futur précieux ? Si les fiches techniques affichées par les revendeurs en ligne et les boutiques physiques vous laissent perplexes, ce dossier est fait pour vous. Nous y décortiquons l’essentiel des éléments à prendre en compte pour comprendre de quoi il retourne, et choisir votre smartphone en parfaite connaissance de cause. Parce que non, le “il est vraiment bien, d’ailleurs je l’ai acheté” lancé par un vendeur à l’air convaincu, ce n’est suffisant.

guide achat smartphone

 

L’écran : HD, Full HD, QHD ?

L’écran est l’un des éléments primordiaux à considérer lors de l’achat d’un téléphone, puisque c’est lui qui assurera l’essentiel du confort qu’il vous procurera. Il est d’ailleurs d’autant plus important d’y accorder l’attention qu’il mérite que, et c’est bien dommage, il est en première ligne chez les constructeurs cherchant à rogner sur le coût des composants de leur appareil. Et pour bien le choisir, il n’est pas question de se contenter de vérifier s’il “est HD”.

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L’écran du HTC One M9 (1920 × 1080, 441 ppp)

La HD (1280 × 720 pixels), c’est très bien, la Full HD (1920 × 1080 pixels), c’est encore mieux, sans compter sur le QHD (1440 × 2560 pixels). Mais pour bien comprendre ce que ces jolis chiffres recouvrent, il faut d’abord les mettre en regard de la diagonale de l’écran. Car ce qui importe, c’est non seulement la définition de l’écran (HD, Full HD…), mais aussi sa résolution, soit le nombre de pixels affichés par pouces, les fameux “ppp” (pixels par pouce”) ou ppi (pixels per inch, dans la langue de Shakespeare). Ainsi, la différence d’affichage entre un smartphone qHD (960 × 540 pixels) de 4,5 pouces et un smartphone HD de 5,5 pouces sera minime : on obtiendra 244 ppp pour le premier et 267 ppp pour le second. Si vous souhaitez un très bel écran — qui généralement, fera gonfler le prix de votre appareil — préférez une résolution dépassant les 400 ppp, le seuil à partir duquel le commun des mortels ne perçoit pour ainsi dire plus les pixels.

D’autres éléments sont bien sûr à prendre en compte pour bien comprendre les fiches techniques. Regardez s’il est fait mention d’un quelconque traitement anti-rayures, qui accroîtra sensiblement la durée de vie de votre appareil, mais aussi réduira les traces de doigts. Le plus répandu, le Gorilla Glass de Corning, est très efficace. Les smartphones les plus haut de gamme commencent à adopter le Gorilla Glass 4 tandis que les milieux de gamme proposent du Gorilla Glass 3, largement suffisant. En cas d’absence, posez-vous des questions. Dans la même veine, si vous avez l’occasion de prendre en main le téléphone qui vous fait de l’œil dans une boutique, pensez à pencher l’appareil pour vérifier que la vitre qui recouvre sa dalle tactile n’en est pas trop éloignée. Plus elle est loin, plus il souffrira de reflets au soleil. Vous pourrez d’ailleurs voir quelques constructeurs parler de technologies OGS ou Zero Air Gap, gages de proximité entre ces deux éléments de l’écran.

LG G Flex

L’écran du LG G Flex 2 est courbé. C’est presque le seul dans ce cas.

Pour finir, il existe pléthore de types d’écran à considérer. Samsung, mais aussi quelques marques dont il est fournisseur, propose de l’AMOLED, soit une technologie misant sur d’importants contrastes et sur des pixels noirs tout simplement éteint, ce qui permet de limiter la consommation d’énergie par ce type de dalles. D’autres proposent de l’IPS, réputé pour ses couleurs fidèles, ou du TFT LCD (bien souvent de type TN) plus basique. L’idéal serait évidemment de connaître la provenance de chaque écran pour en évaluer la qualité, chaque fabricant ne fournissant pas la même qualité, à caractéristiques techniques équivalentes. Vous pouvez du moins être sûr que les dalles TN, héritages du temps où les téléphones étaient l’ennemi de l’homme, sont ce qui se fait de plus laid et de moins confortable. Et si vous voyez des mesures de type cd/m2, sachez qu’elles se rapportent à la luminosité de votre écran. Plus cette donnée sera élevée (au-dessus de 500 cd/m2), mieux ce sera. Dans le doute, si le téléphone est allumé, penchez-le sur le côté : si l’image devient blanche ou noire (ou de toute autre couleur inattendue), c’est le moment de prendre vos jambes à votre cou.

En savoir plus : Dalles IPS

 

Le design : plastique, verre ou métal ?

On ne va pas vous l’apprendre, l’appréciation du design d’un téléphone est surtout subjective. En revanche, la prise en main, la qualité des matériaux et le toucher peuvent (et doivent !) être des critères que l’on ne peut pas toujours juger devant la fiche d’une boutique en ligne. Dans un monde idéal, tous les potentiels acheteurs devraient prendre au moins une fois en main  le téléphone qu’ils visent. Et si ce n’est pas le cas, encore une fois, il faut se fier aux différents tests.

Si la forme des smartphones change assez peu, il faut faire attention aux matériaux utilisés. Depuis l’année dernière, les smartphones haut de gamme font la part belle au métal et au verre. Il y en a pour tous les goûts : les HTC One M8 et M9 sont entièrement recouvert de métal, les Xperia Z de Sony sont en verre, tandis que LG commence à courber ses téléphones. J’imagine toutefois que si vous êtes prêt à dépenser plus de 500 ou 600 euros dans un smartphone haut de gamme, vous prendrez le temps de l’essayer au moins une fois en boutique (si ce n’est pas le cas, laissez-moi vous dire que vous ne savez plus ce que représente 600 euros).

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Le Samsung Galaxy S6 allie verre et métal.

Le cas des smartphones de milieu et d’entrée de gamme demande un peu plus d’attention. Bien souvent, les smartphones à moins de 300/350 euros sont entièrement en plastique. Il faut donc prendre soin de vérifier que les finitions sont bien au rendez-vous : la coque grince-t-elle quand vous la serrez ? Si la coque est amovible, vous semble-t-elle fragile ? Pensez-vous que ce tiroir à carte microSD ou carte SIM puisse tenir deux ans ? Est-ce que je supporterai d’avoir un en main un tel téléphone pendant plusieurs années ? Attention, dans le domaine du design des smartphone d’entrée de gamme, ce n’est pas parce que vous prenez une grande marque (Samsung, HTC, LG) que les matériaux utilisés et les finitions seront de meilleure qualité que ceux de smartphones de marque moins connues.

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Le OnePlus One (350 euros) est beau téléphone. Mais attention à sa taille : petites mains proscrites !

Dernier point de design, une poignée de téléphones (chez Sony notamment, mais aussi chez Samsung) sont résistants à l’eau ou étanches. Nous vous expliquions le pourquoi du comment des smartphones étanches l’année dernière dans notre dossier dédié.

 

La version d’Android : KitKat au minimum

Lorsque l’on s’intéresse à la version d’Android installée sur le téléphone, deux questions se posent. La première est de savoir sous quelle version d’Android est installée le téléphone et la seconde de savoir s’il bénéficiera de mise à jour au cours de sa vie.

android lollipop

Les généralités tout d’abord. Google n’impose pratiquement rien aux constructeurs qui désirent installer Android sur leurs appareils. L’une des seules contraintes provient de la version d’Android à installer sur les téléphones. Depuis le milieu de l’année dernière, les constructeurs qui veulent installer Android et bénéficier des applications Google doivent installer au minimum la version 4.4.2 d’Android, plus connue sous le nom de KitKat. Le reste est à la discrétion du constructeur. Et c’est un reste très large : les constructeurs peuvent personnaliser Android comme ils le souhaitent et rajouter une interface graphique de leur propre cru. Samsung utilise TouchWiz, HTC utilise Sense, Wiko intègre la Wiko UI depuis quelques mois à ses nouveaux appareils, mais d’autres constructeurs, peuvent également installer une version « pure » d’Android, sans surcouche, ce que l’on appelle une version Stock d’Android. Ces surcouches ajoutent bien souvent des fonctionnalités supplémentaires à Android, des services ou des applications préinstallées. Elles peuvent également se montrer plus ou moins gourmandes en RAM et en espace de stockage utilisé et peuvent parfois ralentir le téléphone. De ce point de vue, toutefois, les constructeurs ont fait beaucoup de progrès ces derniers mois.

En savoir plus : Lollipop

On le disait plus haut, depuis juillet dernier, tous les smartphones sous Android sont installés au moins sous KitKat. Il est toutefois encore possible de trouver sur le net des stocks d’anciens téléphones installés sous des versions plus anciennes d’Android. On ne va pas expliquer dans le détail les fonctionnalités de chaque version d’Android. Ce qu’il faut retenir, c’est que si vous optez pour un smartphone d’entrée de gamme et donc plus limité en terme de puissance, il vaut mieux disposer d’Android KitKat (4.4) ou Lollipop (5.0). Google, bien conscient du développement des smartphones d’entrée de gamme, a considérablement allégé son OS et fait en sorte qu’il tourne correctement sur des petites configurations. Sans être infréquentables, on vous déconseillera d’opter pour des versions d’Android inférieures à KitKat. La fluidité et la stabilité ne sont pas toujours au rendez-vous et certaines applications peuvent être incompatibles. Enfin, la dernière version d’Android, dites version 5.0 ou Lollipop, est généralement installée d’office sur les smartphones haut de gamme et de plus en plus fréquemment sur les téléphones de 2015. D’une manière générale, et comme dans tous les domaines des nouvelles technologies, plus la version est récente, mieux c’est.

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Avoir un appareil installé sous une version précise d’un OS c’est bien, mais que cette version soit régulièrement mise à jour, c’est mieux. De ce point de vue, Google n’impose (encore) absolument rien aux constructeurs qui décident eux-mêmes des appareils qu’ils mettent à jour, ou non. Dans les faits, et comme en témoigne notre tableau des appareils mis à jour vers Android Lollipop, tout dépend des constructeurs. Wiko est un mauvais élève par exemple, mais Samsung fait des efforts sur ses smartphones de milieu et de haut de gamme. Sur ce genre de smartphones ou de tablettes, certains grands constructeurs (Samsung, HTC) garantissent implicitement de mettre à jour leurs smartphones haut de gamme durant 18 à 24 mois. Si l’aspect logiciel est quelque chose qui compte pour vous, c’est à prendre en compte. Notez pour finir que si les mises à jour logicielles sont bien le fait des constructeurs, elles dépendent également des opérateurs chez qui l’on peut aussi acheter des téléphone. Les mises à jour des opérateurs sont souvent plus tardives que celles sur les smartphones achetés nus.

 

Le processeur et la RAM

L’évaluation de la partie hardware du téléphone est sûrement la chose la plus délicate à réaliser pour le novice. Et en la matière, les fiches techniques, qu’elles soient affichées en magasin ou sur les boutiques en ligne, sont souvent obscures, pour ne pas dire très floues. Les constructeurs, comme les distributeurs n’hésitent pas à indiquer « processeur quad core cadencé à 1,2 GHz » ou plus tout simplement « processeur : Snapdragon dual core ». Pour s’y retrouver, il n’y a malheureusement pas de miracle, il faut faire quelques recherches pour comprendre ce que recouvrent ces spécifications.

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Un SoC

Commençons par la base. Les processeurs des smartphones, les puces centrales qui s’occupent de la majorité des calculs et dont dépend la puissance du téléphone, ne sont pas tout à fait identiques aux processeurs que l’on retrouve, par exemple dans les PC. Pour les téléphones et les tablettes on parle plutôt de SoC, pour System on a Chip. Il s’agit en fait d’une puce qui comprend à la fois le processeur (CPU), mais aussi le GPU, l’équivalent d’une carte graphique sur un PC. Mettons de côté le GPU, pour nous intéresser au processeur. Ce processeur peut comprendre deux, quatre ou huit cœurs, être 32 ou 64 bits. Et, soulignons-le immédiatement, le nombre de cœurs ainsi que leur cadence n’est pas forcément synonyme plus ou moins grande puissance. Un processeur haut de gamme à quatre cœurs cadencé à 1,2 GHz peut être bien plus performant qu’un processeur à huit cœurs cadencé à 1,5 GHz. Tout dépend à la fois du constructeur du téléphone, du fabricant du processeur, de la qualité de gravure des composants, la quantité de RAM utilisée et plus généralement de la technologie (qui évolue très rapidement d’une année sur l’autre dans le domaine des SoC) utilisée. Un camion équipé d’un V12 n’ira pas forcément plus vite qu’une voiture à quatre cylindres.

En savoir plus : GPU et puces graphiques : qui sont-elles et à quoi servent-elles ?

Snapdragon Qualcomm

Il y a aujourd’hui trois principaux fabricants de SoC : Qualcomm, MediaTek et Intel (quatre, si l’on compte Nvidia, plus rare cependant). Et chacun d’entre eux disposent de SoC plus ou moins performants et donc plus ou moins cher. Qualcomm, un constructeur américain, pour commencer, divise actuellement (et pour faire simple) ses processeurs en trois catégories : les Snapdragon 400 et 410, les Snapdragon 615 et les Snapdragon 801, 805, 808 et 810, qui correspondent schématiquement à l’entrée de gamme, au milieu de gamme et au haut de gamme et qui peuvent aussi bien disposer de 4 ou 8 coeurs. Nous parlons déjà longuement des performances de ces différents SoC dans nos différents tests. Pour résumer, on pourrait dire que les SoC de Qualcomm sont une valeur sûre. À condition d’être épaulés par une quantité de RAM suffisante (au moins 1 Go pour de l’entrée de gamme, 2 Go pour du milieu de gamme), leurs performances sont dans l’ensemble très correctes, même si Qualcomm a eu tendance à nous décevoir ces derniers temps avec ses SoC d’entrée et de haut de gamme, parfois moins puissants que les SoC de l’année dernière. Surtout, ces SoC sont équipés de très bons GPU, qui assurent une bonne fluidité graphique lorsque l’on fait tourner des jeux.

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Les SoC MediaTek se retrouvent généralement sur les smartphones d’entrée et de milieu de gamme. Le problème de MediaTek, c’est que ce dernier ne dispose pas d’une classification aussi claire et ordonnée que Qualcomm. Il est donc bien souvent très difficile de savoir à quel processeur on a affaire et si celui-ci est plutôt d’entrée ou de milieu de gamme. Pas de secret pour vérifier leur puissance, il faut consulter des tests. Néanmoins, les derniers SoC à huit cœurs de MediaTek sont très convaincants et parfois plus puissants que les SoC d’entrée et de milieu de gamme de Qualcomm. Le GPU est en revanche souvent bien inférieur à ce que l’on retrouve chez l’américain. Si on peut vous donner un conseil pour les puces Mediatek, préférez des puces comportant des Cortex-A57, A72 ou A15 et A17 à celles intégrant uniquement des Cortex-A7, A9 et A53. Une recherche sur Google vous aidera rapidement, il suffit généralement de taper le nom du SoC (MT6752 par exemple) pour tomber sur la page d’information de Mediatek.

Intel, que l’on connaît bien pour ses processeurs sur PC, est le petit dernier sur le segment des SoC. Et il a de grandes ambitions pour le marché mobile. D’une manière générale, ses processeurs sont relativement performants et peu coûteux. Ce qui explique pourquoi on les retrouve sur des smartphones de milieux de gamme. Ils disposent toutefois de GPU inférieurs à ce que l’on retrouve chez Qualcomm.

Sur la question de la puissance des smartphones, d’une manière générale, il n’y a pas trop de questions à se poser sur les téléphones haut de gamme. Tous, ou presque, disposent de composants haut de gamme et souvent très performants. Au point que l’utilisateur n’utilisera pratiquement jamais à fond son SoC. La prudence est surtout de mise sur les smartphones d’entrée et de milieu de gamme. N’hésitez pas à chercher la référence sur le net et à regarder les performances dans des tests d’appareils équipés du même processeur, de la même quantité de RAM et de la même définition d’écran que le smartphone visé. Sur FrAndroid, par exemple, nous prenons toujours le temps de lancer quelques benchmarks sur les téléphones que nous testons pour évaluer leur puissance et les comparer à des appareils de la même gamme de prix.

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Un exemple de benchmark (ici issu du test du HTC One M9). Ce tableau permet de comparer les performances de trois téléphones de la même catégorie et voir comment ils se situent les uns par rapport aux autres.

Enfin, sur le sujet de la RAM, nous serons catégoriques : n’achetez pas de smartphone avec moins d’un (1) Go de RAM, c’est le minimum syndical pour faire tourner correctement et l’OS et les applications en 2015. 2 Go est confortable, 3 Go du luxe et 4 Go pratiquement inutile à l’heure actuelle.

 

Appareil photo : le nombre de mégapixels ne fait pas tout

À l’heure où les ventes d’appareils photo compacts s’effondrent au profit des smartphones, l’aspect photo des fiches techniques est à étudier de près. En gardant à l’esprit que le nombre de mégapixels, c’est bien, mais que c’est loin d’être l’essentiel lorsqu’il s’agit d’un smartphone.

HTC One M8

Le HTC One M8 dispose de deux capteurs photo. Une innovation qui a disparu du HTC One M9.

Comme sur un appareil photo traditionnel, plusieurs données importent. Si elle est mentionnée, la taille du capteur devra rentrer en ligne de compte. Plus ce capteur est grand, mieux ce sera. Mais retenez tout de même qu’un capteur photo de smartphone aura bien du mal à équivaloir celle d’un appareil photo traditionnel : et pour cause, le format d’un téléphone est bien trop petit pour y loger un gros capteur, à moins d’y concéder une excroissance disgracieuse.

L’ouverture est généralement mentionnée par les constructeurs de smartphones haut de gamme. Un HTC One M9 propose ainsi une ouverture de f/2,2, un LG G4, de f/1.8 et un Samsung Galaxy S6, de f/1,9. Retenez que plus ce chiffre est petit, mieux ce sera pour restituer une illusion de profondeur de champ et capter beaucoup de lumière.

Toujours dans le domaine du haut de gamme, certains constructeurs évoquent leur système “OIS”, soit Optical Image Stabilization, la stabilisation optique de l’image. Celle-ci est mécanique et non logicielle, et permet d’atténuer l’effet de flou lorsque vous bougez et donc de capter plus de lumière en basse luminosité sans avoir un cliché flou. Si vous prenez beaucoup de photos avec votre téléphone, vous souhaitez certainement cette option, présente chez les derniers LG, chez les Galaxy S6, mais aussi chez un Huawei P8.

À côté de l’appareil photo, il est bien rare de ne plus trouver de flash LED. Les Moto E de première génération en étaient dépourvus, de même qu’ils faisaient l’impasse sur l’autofocus. Non seulement vous deviez vous passer d’une mise au point sur n’importe quelle zone de l’image, ce qui est bien souvent problématique, mais en cas de faible luminosité, vous ne pouviez plus rien tirer de votre téléphone. Conclusion : sur les appareils d’entrée de gamme, il vous faudra vérifier la présence de ces deux éléments.

Toujours au rayon du flash, certains proposent deux petites LED, généralement baptisées “flash dual-tone”. Elles permettent d’adapter la couleur de l’éclairage en fonction de la situation. Mais ne rêvons pas tout de même : utiliser un flash avec un téléphone mobile est rarement une bonne idée.

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LG G4 : à droite du capteur se trouve les deux flash LED, à gauche un laser permettant de faire le point plus rapidement.

Ces points ne sont rien sans une partie logicielle adaptée, puisque le traitement photo est à la base de la photographie numérique. Certains téléphones, notamment sous Lollipop, satisferont les utilisateurs de logiciels à la Lightroom, puisqu’ils produisent des clichés au format RAW, c’est-à-dire des photographies brutes. C’est notamment le cas du HTC One M9 depuis sa dernière mise à jour. Attention, si vous souhaitez en profiter, il vous faudra beaucoup de mémoire disponible puisque les fichiers atteignent plusieurs dizaines de Mo. Même combat pour les amateurs de vidéo : le format offrant la plus haute définition est bien sûr la 4K (au-dessus des Full HD et HD 720p), mais tout cela encombrera sérieusement la mémoire de votre téléphone.

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Rares sont les constructeurs à communiquer sur le fabricant de leur capteur photo. Le leader en ce domaine reste Sony qui, lorsque ses capteurs (les IMXxxx ou Exmor RS) sont couplés à de bonnes applications photos, sont capables du meilleur. D’autres proposent leurs propres solutions, à l’image de LG, dont le dernier G4 est équipé par sa branche LG Innotek : ici, on manque clairement de recul, mais les premières impressions offertes par l’appareil sont convaincantes. HTC, pour son One M9, s’est quant à lui approvisionné chez Toshiba qui, malgré ses 20 mégapixels, est à la peine face à ses concurrents. Notez également que Samsung produit des capteurs ISOCELL que l’on retrouve aléatoirement chez ses Galaxy S6, et qui promet une meilleure absorption de la lumière par ses photosites. Rappelons que les photosites (grosso modo, les pixels) d’un capteur photo peuvent être de taille différente. Plus ils sont gros, plus ils laissent entrer de lumière, et mieux ils sont isolés entre eux (comme chez les ISOCELL), plus l’image sera nette. C’est d’ailleurs sur cette sombre histoire de taille de pixels que HTC a joué lorsqu’il a lancé pour la première fois son UltraPixel (sur le HTC One M7). Avec moins de pixels, mais des pixels plus gros, ce capteur promettait de faire mieux que ses concurrents dans les situations de basse luminosité. C’était d’ailleurs le cas, mais au prix d’un comportement beaucoup moins convaincant de jour, et d’une définition de seulement 4 mégapixels, un peu juste pour afficher des photos sur de grands écrans.

 

Espace de stockage : des indications trompeuses

Vous allez investir dans un smartphone, l’heure est donc à la sagesse : demandez-vous quels usages vous en ferez. Si vous êtes un gros consommateur de films, que vous adorez enregistrer des vidéos et prendre des photos, que votre musique vous suit partout et que vous téléchargez des jeux en pagaille ? Il vous faut donc de quoi stocker tout cela.

Les affaires commencent du côté de la mémoire interne, souvent réduite comme une peau de chagrin chez les smartphones d’entrée de gamme. Si 4 Go étaient acceptables il y a deux ans, Lollipop a tendance à prendre ses aises sur un smartphone d’aujourd’hui, avec 4 à 6 Go occupés par le système. Autant dire que les 8 Go de stockage concédés par les smartphones d’entrée de gamme ne laissent que bien peu de place à ceux qui téléchargent des applications en nombre, et ne seront adaptés qu’aux usagers les plus modérés. Avec 16 Go, vous aurez l’assurance de disposer de 10 à 12 Go d’emblée, ce qui vous laisse de quoi voir venir — en gardant à l’esprit que certains jeux aux graphismes soignés occupent parfois près de 1 Go. Plus vous montez en gamme et plus — généralement — vous obtenez d’espace de stockage. 32 Go, 64 Go par exemple voire, chez le dernier Samsung Galaxy S6, 128 Go.

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Ici un OnePlus One équipé de 64 Go de mémoire interne. Il n’y en fait que 54,92 Go de réellement disponible.

 

Deuxième point à noter : votre téléphone dispose-t-il d’un port microSD ? Si les applications que vous téléchargez sur le Play Store s’installent sur la mémoire interne de votre appareil, les téléchargements supplémentaires, mais aussi les photos que vous prenez et chaque autre contenu peut être placé sur une carte mémoire. Là aussi, il faudra faire attention à la capacité de carte mémoire maximale autorisée par votre téléphone (grosso modo, de 32 Go à 2 To) : on vous explique le pourquoi du comment dans ce dossier consacré aux cartes microSD.

Dernier détail, mais d’importance, chez les smartphones double-SIM. Certains téléphones sont en effet capables d’accueillir deux cartes SIM, généralement logées dans des tiroirs situés sur le côté du téléphone. Mais à l’image de l’Acer Liquid Jade Z, le deuxième port pour carte SIM peut également se transformer en port microSD. Chez ce type d’appareils, il faudra donc choisir entre mémoire et double-SIM, ce qui n’est pas sans conséquence, selon les usages.

 

Batterie : la délicate question de l’autonomie

Il y a peu de choses à vérifier du point de vue des batteries lorsque vous achetez un smartphone. Elles sont globalement toutes de type lithium-ion (rares sont les batteries li-po) et leur qualité dépend essentiellement de leur fabricant. Leur capacité, c’est-à-dire l’énergie qu’elles peuvent accumuler, s’exprime en mAh.

En savoir plus : Tout savoir sur les batteries : mythes

Aujourd’hui, rares sont les smartphones dont la batterie se situe sous le cap des 2000 mAh. Si vous avez un écran Full HD (qui consomme beaucoup) et un processeur plutôt efficace, vous risquez d’avoir bien du mal à finir votre journée sans brancher votre téléphone à votre chargeur. Pour un petit modèle à faible définition d’écran, cela devrait suffire. Retenez que globalement, pour un écran dépassant les 5 pouces, on attend une batterie de 3000 mAh pour tenir une bonne journée, voire un peu plus, et que rares sont les exceptions. Un Samsung Galaxy S6, par exemple, se “contente” d’une batterie de 2550 mAh malgré son écran QHD et sa diagonale de 5,1 pouces : s’il se paie ce luxe, c’est grâce à une excellente efficacité énergétique de son écran, modèle d’économie en termes d’énergie. Un LG G4, plus classique en son genre, préfère une batterie de 3000 mAh, comme son prédécesseur, le G3, avec un écran de 5,5 pouces QHD et des composants internes haut de gamme.

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Vous verrez probablement des mentions de type “charge rapide”, “Quick Charge 2.0” et consorts sur quelques fiches techniques. Samsung sur ses propres téléphones (équipés de puces Exynos), mais aussi Qualcomm ou encore Oppo proposent des solutions permettant de charger rapidement la batterie de leur appareil, généralement autour de 50 % de la batterie en une demi-heure. Il faut alors disposer d’un chargeur adapté, fourni avec le téléphone, et se rappeler plusieurs éléments. D’abord, il ne s’agit pas d’une charge linéaire, c’est-à-dire que la première moitié de la batterie se charge très rapidement tandis que la deuxième est beaucoup plus lente à se remplir. Et ensuite, ce type de charge a tendance à abîmer plus que de raison votre précieuse batterie sur le long terme. Bref, ce type de technologie est un plus, mais il ne faudra pas en abuser.

Un dernier point, tout bête, mais capital pour certains, est à examiner : la batterie est-elle amovible ou non ? Petit piège : certains smartphones autorisent leur propriétaire à ôter leur coque dorsale, mais leur batterie est fixée (elle peut être retirée du corps de l’appareil, mais dans ce cas, c’est à vos risques et périls). Si vous comptez conserver longtemps votre téléphone, et en gardant à l’esprit que la batterie est souvent le premier composant à vous abandonner lâchement, c’est un point à vérifier. Si vous préférez un téléphone ultra-fin, il y a toutes les chances pour que sa batterie soit inamovible.

 

Les détails qui peuvent tout gâcher

Voici pour finir quelques détails auxquels il faut faire attention.

La ou les cartes SIM : si la majorité des smartphones sont simple SIM, de plus en plus d’appareils permettent d’embarquer deux voire trois cartes SIM au sein du même téléphone. Ne rêvez pas pour autant. Le téléphone ne captera pas autant de réseaux 3G/4G qu’il a de carte SIM. La première carte SIM fait office de carte principale et permet à la fois de recevoir les appels et d’utiliser Internet. Toutes les autres cartes SIM ne serviront ensuite que pour des appels ou des SMS. Enfin, faites attention au format de la carte SIM. Si les smartphones de 2014 sont majoritairement micro-SIM, désormais la plupart embarquent des slot nano-SIM. Ce serait bête d’avoir un nouveau téléphone et de ne pas pouvoir l’utiliser à cause d’une carte SIM trop grande.

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Il existe deux grandes catégories de technologies dual SIM : dual active (DSDA) ou dual stanby (DSDS). La première catégorie permet de recevoir un appel sur une carte SIM pendant que la seconde est déjà en ligne alors que ce fonctionnement est impossible en mode dual stanby. Au niveau de la data, il sera parfois possible de spécifier la carte SIM à connecter au réseau 3G/4G alors que dans d’autres cas, cela dépendra de l’emplacement physique de la carte SIM, empêchant de switcher à la volée.

La compatibilité 3G/4G : On ne l’a pas spécifié dans ce petit guide, mais il faut systématiquement vérifier la compatibilité avec les réseaux 4G du téléphone. La majorité des smartphones de 2015 le sont, mais pas ceux de 2014 et encore moins de 2013. Les constructeurs l’affichent toutefois en gros, que ce soit sur la fiche technique ou sur l’emballage du téléphone. Si la compatibilité avec la 4G ne pose aucun problème avec les smartphones vendus sur le sol français, c’est toutefois beaucoup moins évident pour les smartphones importés, qui sont parfois compatibles avec des bandes de fréquences 4G spécifiques. Pour savoir si ces smartphones sont compatibles avec les bandes de fréquences 4G française nous avons rédigé un guide des écueils à éviter lorsqu’on importe un smartphone d’Asie.

Le DAS ou débit d’absorption spécifique : on ne va pas vous expliquer en détail ce qu’est le DAS (nous publierons un dossier dans sur le sujet dans les semaines à venir). Ce qu’il faut retenir, c’est que plus le DAS est élevé, plus il est nocif pour la santé. En France, le DAS maximum autorisé par la loi est de 2 W/kg, maximum censé être bénin.

Le SAV : tous les SAV des constructeurs ne se valent pas. En effet, la grande majorité des constructeurs préfèrent maintenant sous-traiter le SAV. Comme nous l’avions vu dans notre dossier sur les écrans cassés, la prise en charge téléphonique varie grandement d’un constructeur à l’autre : numéros surtaxés, attentes longuettes et autres formulaires à remplir peuvent changer du tout au tout.

 

Pour finir

Gardez bien en tête que le choix d’un smartphone n’est pas anodin. Si vous l’achetez nu il vous coûtera forcément une ou plusieurs centaines d’euros, c’est un objet qui vous accompagnera partout au quotidien et à ce titre ses défauts vous sauteront plus rapidement aux yeux que n’importe quel autre objets technologique. D’une manière générale, voici les derniers conseils que nous pourrions vous donner :

  • Commencez par vous poser les bonnes questions : Quel prix maximum je désire mettre dans mon téléphone ? Quelle est la taille maximum d’écran que je désire ? Quelle est la taille maximum de la coque ? Pour quels usages mon smartphone va me servir : regarder des vidéos ? Utiliser les réseaux sociaux et se connecter à Internet ? Travailler ? Jouer ? Ce sont vraiment les premières questions obligatoires à se poser et c’est seulement ensuite que vous pourrez commencer à cibler des appareils et vous intéresser à leurs fiches techniques.
  • N’hésitez pas à mettre un certain prix dans votre téléphone. Cela ne signifie pas qu’il faille obligatoirement mettre le plus haut prix. Si pour vous, le smartphone est un élément important et indispensable dans votre vie, fixez-vous un budget d’au moins 250 ou 300 euros. En 2015, les smartphones de milieu de gamme compris entre 200 et 300 euros sont d’excellente qualité et peuvent facilement durer deux ans. Et si vous voulez un bon téléphone avant un téléphone dernier cri, n’hésitez surtout pas à regarder les smartphones haut de gamme de l’année précédente. Leur prix a souvent été divisé par deux en 12 mois !
  • Avoir un téléphone puissant, avec un bel écran et la dernière version d’Android, c’est bien, mais avoir un smartphone qui nous plaît, c’est encore mieux. C’est peut-être ce qu’il y a de plus dur dans le choix d’un smartphone aujourd’hui : allier puissance, capacité et beauté. Il y a toutefois plus de choix que jamais et dans toutes les gammes de prix. Vous trouverez forcément votre bonheur !

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