Les réseaux 4G du monde entier exploitent une multitude de bandes de fréquence différentes. Pour bénéficier d’une connexion optimale, il convient de marier le bon téléphone avec le bon opérateur. Voici comment.

Dossier mis à jour en juin 2019.

Généralités

Depuis l’avènement de la 4G LTE, choisir un téléphone n’est plus aussi anodin. Pour bénéficier d’une connexion optimale, c’est-à-dire pour avoir toutes les chances de capter et pour obtenir les meilleurs débits, il faut marier téléphone et opérateur.

En France, chacun des quatre opérateurs dispose d’une licence pour plusieurs bandes de fréquence :

  • 700 MHz (B28)
  • 800 MHz (B20)
  • 1800 MHz (B3)
  • 2100 MHz (B1)
  • 2600 MHz (B7)

Chacune de ces bandes offre une balance entre couverture et « capacité » (débit) : plus la fréquence est basse, meilleure est sa portée, et meilleure est sa pénétration à l’intérieur des bâtiments. Mais en contrepartie un plus grand nombre d’utilisateurs est susceptible de se connecter à un relais, et donc plus la bande passante fixe du relais est partagée. Et réciproquement à mesure que la fréquence augmente.

Aux débuts de la 4G, chaque opérateur a adopté une stratégie différente et privilégié une bande plus que les autres. L’écart se réduira à mesure que la couverture augmentera, mais à ce stade chaque opérateur est leader sur une bande de fréquence.

C’est la raison pour laquelle le choix d’un téléphone optimal dépend de l’opérateur, ou inversement. Certes, la quasi-totalité des téléphones fonctionne avec la quasi-totalité des réseaux 4G, mais parfois en partie seulement.

Free Mobile et 700 MHz (B28) : les meilleurs smartphones pour profiter de 100 % de la 4G

Fréquences des opérateurs

Voici pour chaque opérateur le nombre de relais qui exploitent chacune des 4 bandes de fréquence en France métropolitaine (données ANFR détaillées par ailleurs plus précisément dans notre dossier sur le réseau des différents opérateurs) :

Opérateurs 700 MHz (B28) 800 MHz (B20) 1800 MHz (B3) 2100 MHz (B1) 2600 MHz (B7)
Orange 434 17 422 13 038 7 102 9 289
SFR 16 17 425 11 947 5 398 6 751
Bouygues Telecom 1 196 16 831 10 992 2 737 5 487
Free 8 251 0 12 565 0 12 785

Certaines généralités se dégagent de ce tableau :

Pour SFR, veillez à ce que votre appareil soit compatible avec la bande des 800 MHz. Un grand nombre des téléphones destinés au marché chinois ne sont pas compatibles avec cette fréquence. Chez Xiaomi par exemple, certains sont compatibles, d’autres non.

Bouygues Telecom a initialement misé sur les 1800 MHz, Orange sur les 2600 MHz, mais l’écart se réduit peu à peu. Ces deux bandes sont largement répandues à travers le monde et la plupart des terminaux les supportent. Pour bénéficier d’une connexion optimale, n’éludez pas les 800 MHz pour autant, qui reste la bande principale chez ces deux opérateurs aussi.

Attention à Free Mobile qui n’a pas de licence sur les 800 MHz, mais sur les 700 MHz, et depuis peu. Tous les smartphones ne sont pas compatibles avec cette bande, encore utilisée pour la télévision TNT dans certaines régions, mais elle fait toute la différence. Et méfiez-vous, Free lui-même propose à la vente des appareils qui ne sont pas compatibles.

On peut aussi déterminer les fréquences utilisées par les relais à proximité de sa résidence principale, de son bureau, de son éventuelle résidence secondaire, afin de nuancer les généralités précitées. On peut pour cela consulter la carte de l’observatoire de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) ou un site comme AntennesMobiles.fr, qui cartographie différemment les mêmes données.

Fréquences des smartphones

Le meilleur moyen de vérifier avec quelles fréquences un téléphone est compatible, c’est de consulter le site internet du constructeur, où l’information est généralement renseignée, ou nos fiches produit.

À défaut, consultez des sites comme GSMArena ou WillMyPhoneWork. Ils ne référencent pas tous les téléphones (en particulier les marques locales telles que Wiko) et font parfois des erreurs. En cas de doute, contactez le fabricant du téléphone.

Le plus simple reste d’acheter son téléphone auprès de son opérateur — même si, on l’a vu, ce n’est pas un gage de compatibilité totale — ou au moins dans son pays. Attention aux offres trop alléchantes : il peut s’agir d’appareils importés d’autres pays. Ça ne signifie pas qu’ils ne sont pas compatibles, mais il faut alors être vigilant à la référence. Et naturellement si vous importez de plein gré, faites-le en connaissance de cause. Si vous recherchez un smartphone compatible avec la B28, vous pouvez retrouver notre sélection pour vous aider à faire votre choix.

Agrégations de fréquences, ou 4G+

Pour tirer au maximum parti des débits proposés par votre opérateur, il est important de se renseigner sur les possibilités d’agrégation de bandes de votre téléphone. En effet, afin de proposer un débit supérieur, la 4G+ LTE-Advanced, les téléphones passent simultanément par deux bandes de fréquences (800/ 1600 MHz, 800/ 2600 MHz ou 1800/2600 MHz), voire trois bandes pour la 4G++. Pour cela, il faut cependant que votre téléphone soit compatible, ce qu’on peut généralement supposer lorsque ce dernier propose de la 4G de catégorie 6 dans le premier cas et de la 4G de catégorie 9 ou plus dans le second.

Il existe cependant quelques exceptions à cette règle, puisque la catégorie se base sur le débit maximal agrégé et non le mode d’agrégation. Il existe deux types d’agrégations, l’intrabande (agrégation de bandes au sein d’une même fréquence), et interbande (agrégation de bandes de fréquences différentes). C’est cette seconde qui est utilisée par les opérateurs français et tous les téléphones ne le permettent pas. On a d’ailleurs constaté ce problème sur le Honor 9 (et plus généralement tous les smartphones pré-2018 de la marque chinoise), qui en raison d’une limitation technique imposée par le dual-SIM ne peuvent agréger des fréquences qu’en intrabande.

Pour en avoir le cœur net, n’hésitez pas à demander des compléments d’information directement à votre opérateur, le constructeur du téléphone qui vous intéresse, ou sur des forums spécialisés comme celui de FrAndroid.com.

Comment assortir le mieux son smartphone à son opérateur ?

Les quatre opérateurs français ont encore leurs spécificités en matière de réseau 4 G. Mais ils exploitent tous et exploiteront tous de plus en plus la totalité des fréquences pour lesquelles ils ont acheté de coûteuses licences. L’idéal est donc d’acheter des téléphones compatibles avec nos 4 fréquences, surtout si vous comptez conserver votre téléphone plusieurs années.

Vérifiez bien sur les fiches techniques du téléphone qui vous intéresse les bandes de fréquences avec lesquelles il est compatible.

Quelles sont les fréquences utilisées pour la 2G, la 3G et la 3G+ (H+) ?

Les opérateurs font de leur mieux pour proposer une large couverture 4G, mais ce n’est malheureusement pas encore suffisant pour être connecté sur le réseau de 4e génération 100 % du temps. Sur ce point, c’est généralement moins compliqué en revanche d’assortir son téléphone au réseau puisque les smartphones d’aujourd’hui sont habituellement compatibles avec toutes les fréquences de nos réseaux 2G (GSM + GPRS et Edge) et 3G (UMTS, basé sur la technique de codage WCDMA). Sur les smartphones un peu vieux importés de Chine, il est cependant important de vérifier la présence de la bande des 900 MHz.

En France, les opérateurs utilisent 2 bandes pour la technologie GSM (pour la voix) :

  • 900 MHz
  • 1800 MHz

Ce Type de réseau permet théoriquement un débit pouvant aller jusqu’à 384 Kb/s

Pour la 3G, le standard UMTS utilisé en France occupe également deux bandes :

  • 2100 MHz
  • 900 MHz (réutilisation des fréquences 2G)

Ces normes HSPA et HSPA+ (H+) permettent d’atteindre des débits théoriques de 42 Mb/s.

Et la 5G ?

À l’heure d’écrire ces lignes, le seul conseil que l’on peut fournir quant à la 5G est le suivant : ne cherchez pas un téléphone qui sera compatible avec le futur réseau mobile dès maintenant à moins de prévoir de le garder très longtemps. La 5G fera ses tout premiers pas en 2019, mais n’est pas attendue avant 2020 à grande échelle. Les constructeurs et opérateurs auront par ailleurs de nombreux défis à relever pour rendre l’usage de la 5G très étendu.