Les SoC Snapdragon de Qualcomm sont les puces qui ont fait la réputation de l’entreprise chez le grand public. Mais sa branche modem est bien plus rémunératrice. L’un des principaux investisseurs demande donc à Qualcomm de scinder l’entreprise en deux entités distinctes.

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Jana Partners LLC est l’un des principaux investisseurs de Qualcomm. Comme tout bon investisseur qui se respecte, Jana Partners cherche à optimiser les revenus du géant de San Diego. Et selon l’investisseur, cela passerait par le démantèlement de Qualcomm en deux entreprises distinctes : l’une spécialisée dans la partie réseau et l’autre dans la partie processeur. Si la plupart du temps, les modems de Qualcomm – qui ont récemment été renommés de Gobi en Snapdragon X – sont intégrés avec les SoC Qualcomm (comprenant notamment le processeur et la puce graphique), il est aussi possible pour les constructeurs d’acheter les modems de manière indépendante, pour par exemple les intégrer dans un smartphone doté d’un processeur autre qu’un Snapdragon, à l’instar de l’iPhone. Et si Qualcomm acceptait cette proposition de scinder l’entreprise en deux entités indépendantes ?

Cette idée n’est pas saugrenue puisqu’elle avait déjà été défendue par l’entreprise elle-même en 2000. Le projet avait été toutefois abandonné l’année suivante. Même si les SoC Snapdragon rapportent moins d’argent que les modems Snapdragon et que ses brevets, Qualcomm a réussi à se faire une image de marque avec ses processeurs. L’entreprise peut ainsi proposer une solution complète SoC + modem et rares sont les firmes à proposer ce genre de produits. Mais le marché des SoC devient de plus en plus tendu, avec de nombreux constructeurs qui développent leurs propres puces, à l’image de Huawei, LG, Apple ou encore Samsung. La concurrence vient aussi des spécialistes asiatiques de SoC avec des acteurs comme MediaTek de plus en plus présent en Europe. De plus, le Snapdragon 810, dernier SoC en date chez Qualcomm, connaît quelques soucis de performances qui nuisent à son image.

Qualcomm a répondu aux investisseurs par l’intermédiaire d’une lettre. Si l’entreprise se dit prête à entendre les remarques et idées des investisseurs, elle indique que la structure actuelle de la société est celle qui crée le plus de valeurs pour les investisseurs. L’entreprise n’est donc pas encore prête à se débarrasser de ses processeurs maison, sauf si les investisseurs peuvent vraiment y trouver leur compte. Et justement, quoi de mieux que de revendre la partie processeur à un acteur déjà en place et intéressé par les brevets (Intel par exemple)…