Google Editions sera lancé avant la fin de l’année aux Etats-Unis et en 2011 pour le reste du monde.

Google a confirmé le lancement de sa boutique de livres numériques (e-books) d’ici à la fin de l’année, afin de concurrencer le store du Kindle d’Amazon (qui occuperait 65% du marché). Originellement prévu pour l’été dernier, le projet n’avait pu aboutir pour des raisons techniques et légales. Le service sera lancé dans un premier temps aux États-Unis, avant de conquérir de nouveaux pays dès le premier trimestre 2011. Google se lance dans ce projet car ce marché est en forte croissance, de 301 millions de dollars de ventes en 2009, les prévisions s’établissent à 966 millions pour 2010, selon comScore.

Ce projet, nommé Google Editions (qui aura peut être un nom français différent) se caractérisera par le fait que les livres ne seront pas nécessairement téléchargés sur un appareil (tablette, reader…), mais seront associés à un compte Google. Cela signifie qu’une fois le livre acheté, il sera accessible sur n’importe quel appareil disposant d’une connexion internet. À l’heure actuelle, nous ne savons pas si le contenu sera livré sous forme d’une page web spécialement formatée, ou bien au travers d’une application dédiée. Dans un cas comme dans l’autre, les terminaux Android pourront profiter de cette nouvelle opportunité. La tablette Notion Ink Adam qui disposera d’un écran E-Ink aura une réelle valeur ajoutée, car ce type d’écran permet la lecture en plein soleil. Cela ajoutera un nouvel avantage dans la course contre ses concurrents et notamment Apple qui propose déjà des livres sur iTunes.

Google mettra en place des mesures de sécurité, comme le contrôle d’accès à un compte. Mais cela restera perfectible dans le sens où une personne pourra partager les identifiants de son compte pour qu’une (ou plusieurs) personne tierce puisse accéder à ses achats. Les sites tiers pourront rejoindre un programme d’affiliation qui prendra deux formes : la première consistera à envoyer les internautes vers le site de Google Editions, alors que la seconde permettra à des sites de vendre directement les produits. Les négociations pour offrir un tel service ont été longues et il semblerait que Google ait réussi un consensus pour le partage des revenus. Les prix de ventes devraient donc être similaires à ceux affichés par les concurrents.

Il ne faut pas confondre ce projet avec Google Books (Google Livres), qui consiste à numériser des livres pour les rendre consultables sur un terminal électronique. Dans le cas où les éditeurs ont lié un contrat avec Google, il est possible d’acheter ses livres et les droits d’auteur sont alors reversés à la maison d’édition. Ce projet a eu de nombreuses controverses dans le sens où Google avait forcé la main, sans prendre en compte l’avis des différents acteurs. Ceci explique pourquoi des poursuites judiciaires avaient eu lieu pour violations de copyrights, comme avec le Syndicat National de l’Edition. Mais la situation semble s’améliorer légèrement car Hachette Livre vient de signer un accord permettant la numérisation du catalogue des livres épuisés.

Source : WSJ