La croissance de LeEco est trop rapide selon son fondateur. Présente dans trop de domaines, l’entreprise chinoise doit faire face à son avenir, alors qu’elle rencontre de graves problèmes de financement.

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LeEco est une firme chinoise qui opère dans des domaines aussi variés que les services de streaming, les véhicules autonomes ou la conception de smartphones et téléviseurs. L’entreprise, fondée par le milliardaire chinois Jia Yueting, rencontre actuellement de graves problèmes de financement, ce qui à notamment poussé le fondateur et PDG à couper son salaire à seulement 1 yuan (13 centimes d’euros). De plus, dans une lettre à ses employés, Jia Yueting s’explique sur les difficultés d’une entreprise qui, à selon lui, grandi trop vite et dépensé sans compter.

 

A vouloir tout faire trop vite, on fait tout mal

Depuis quelques années, l’entreprise connue surtout en Chine pour son service de streaming LeTV s’est diversifiée dans plusieurs secteurs avec des investissements massifs. D’abord, dans les véhicules électriques autonomes, domaine où LeEco investit dans plusieurs projets dont celui de Faraday Future, qui a pour ambition de détrôner Tesla. Ensuite dans la fabrication de TV, puisque la société chinoise s’est engagée cet été dans le rachat de la société américaine Vizio.

Et à chaque fois que LeEco investit de nouveaux domaines, c’est à coups de milliards. 1 milliards de dollars dans le cas de sa gigantesque usine dans le Nevada aux Etats-Unis pour concurrencer Tesla. 2 milliards pour le rachat du constructeur Vizio. Mais cela ne pouvait pas durer. Depuis quelques temps, comme le rapportait alors Bloomberg, les analystes s’inquiétaient de la capacité de LeEco à financer ses projets, quand bien même l’entreprise chinoise avait affiché une croissance extraordinaire, de plus de 75 % en 2015 et alors qu’elle annonçait être prête à se lancer en 2016 sur le marché américain.

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PDG, Jia Yueting, de LeEco

A force de vouloir mener trop de projets en même temps, le fondateur et PDG Jia Yueting s’est retrouvé dans une situation délicate, et a récemment annoncé une nouvelle vague d’investissements de plus de 600 millions de dollars dans son groupe. Il a également annoncé qu’il investissait personnellement 10 millions de dollars (environ 9,6 millions d’euros) dans la société et qu’il réduisait son salaire à 1 yuan (quelques centimes d’euro).

Un recentrage sur les activités les plus importantes

Malgré de nouveaux investissements, LeEco à décidé de prendre des mesures supplémentaires afin de réduire ses dépenses. Ainsi, les travaux concernant l’usine à 1 milliard dans le Nevada destinée à être utilisée par Faraday Future ont été stoppés, avant de reprendre en 2017, sans plus de précisions. Afin de calmer les rumeurs sur les dettes de la société, LeEco à également commencé à rembourser le taïwanais Compal Electronics, un des plus grands fabricants au monde d’ordinateurs et de moniteurs qui fabrique les smartphones LeEco. Compal a d’ailleurs été obligé d’intervenir publiquement pour clarifier la situation et indiquer que LeEco avait commencé à lui rembourser sa dette. Quant au rachat du fabricant Vizio, nous restons dans l’incertitude s’il sera retardé ou abandonné.

Une période décisive s’annonce pour LeEco

Si l’on ne peut pas prédire le futur de LeEco, il s’agit en tout cas d’une période critique pour l’entreprise de Jia Yueting. Il faudra surveiller avec attention comment se déroule son lancement aux Etats-Unis en cette fin d’année. En effet, ce lancement sur un marché important mais extrêmement concurrentiel, pourrait bien être un indicateur du futur économique de la société.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les produits que la firme lance sur le sol américain, tel que le smartphone LeEco Le Pro 3 nous nous étions penchés sur ceux-ci il y a quelques semaines.

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