Le Nokia 2 est le nouveau smartphone d’entrée de gamme de Nokia, à un prix plancher : 99 euros. Pas d’écran OLED, pas d’intelligence artificielle, mais la promesse de deux jours d’autonomie. Mais dans quelles conditions ? Sa fiche technique ne rassure pas…


Ceci est un smartphone. Avec une grosse batterie.

Faut-il y voir une simple coïncidence ou une amusante synchronisation des montres ? HMD, en charge de la marque Nokia, annonce son Nokia 2 à 99 euros, le jour de la levée des embargos sur l’iPhone X. Oui, pour le prix de base de la neuvième merveille du monde d’Apple, 1 159 euros, vous pouvez vous payer 11 Nokia 2. Du coup, se croisent dans les flux d’actualité high-tech un des smartphones les plus chers de tous les temps et le plus abordable que l’on ait vu depuis longtemps en Europe.

Mais ça n’est pas qu’une question de prix. Derrière, il y a surtout deux extrêmes. D’un côté le smartphone de luxe : une caméra 3D qui détecte votre visage parmi des millions ! Un écran bord à… presque bord à bord ! Une puce dédiée à l’intelligence artificielle ! Un design méticuleux, d’acier et de verre parfaitement usiné et (insérez votre blabla de Jony Ive dans un anglais apaisant et distingué).

De l’autre, Nokia présente un smartphone. Avec une grosse batterie. Qui tient deux jours complets. Pour 99 euros. Eh bien sur le papier au moins, il est aussi important ! L’innovation sur le haut de gamme, les écrans OLED qui épousent la totalité de la surface en verre (enfin presque), l’intelligence artificielle, c’est beau. OK, soit, on peut faire de superbes smartphones ultra performants en les vendant au prix d’un ordinateur portable de milieu de gamme.

Mais HMD vend la promesse d’une vraie entrée de gamme, sous la barre psychologique des 100 euros, avec une jolie petite réputation déjà, les premiers Nokia/HMD ayant fait plutôt bonne impression. Et tout miser sur l’autonomie est un choix intéressant qui parlera sans doute à de nombreux utilisateurs.

Malgré tout, ce Nokia 2 nous laisse quelque peu perplexes. En soi, on aimerait beaucoup que ce soit une réussite et un retour à cette époque pas si lointaine où Nokia, le vrai Nokia, occupait un segment à part sur l’entrée de gamme avec ses Lumia, et notamment le Lumia 520, un terminal certes faiblement équipé, mais en adéquation avec un OS, Windows Phone 8, qui cohabitait très bien de ces limitations, au point d’en faire un best seller notamment en France.

Android et Snapdragon 212 : un mariage risqué

Et c’est là que l’on se pose des questions. La fiche technique du Nokia 2 a été pensée pour une consommation minimum : un écran 5 pouces 720p, un processeur Qualcomm Snapdragon 212, 1 Go de mémoire vive et 8 Go de stockage interne, extensible via un slot Micro SD. Soit, mais le Nokia 2 exécute Android. Et franchement, si ces caractéristiques auraient été largement suffisantes pour un Windows Phone, on doute de leur pertinence sur l’OS de Google.

Certes, Nokia a le mérite de ne pas surcharger Android et de livrer une version « stock », avec en plus la promesse d’une mise à jour rapide vers Android 8.0 Oreo. Et à vrai dire, je crois que ça fait tellement longtemps que je n’ai pas vu un smartphone Android tourner sur un processeur Snapdragon de série 200, que je n’ai pas vraiment d’idée précise sur les performances finales de ce Nokia 2. Si ça se trouve, on sera agréablement surpris et j’en serais ravi : il est toujours appréciable d’avoir une référence de smartphone à conseiller à n’importe qui.

Et pourquoi pas un Nokia Mini ?

L’innovation sur l’entrée de gamme est tout aussi nécessaire que dans les hautes sphères du marché. Le Jelly, ce tout petit téléphone de 2,45 pouces financé par Kickstarter est une autre idée récemment lancée dans ce sens. Et je me demande justement s’il ne fallait pas aller encore plus loin dans la différenciation, notamment sur la taille de l’écran, alors qu’on manque toujours de « mini » de qualité. Le Nokia 2 va en tous cas susciter la curiosité, car ses qualités potentielles ne manquent pas non plus. Espérons qu’il y aura un produit réussi derrière le coup de comm.