Comme prévu, Deutsche Telekom a écarté poliment l’offre de rachat de T-Mobile par Iliad, la maison-mère de Free. Après la publication de ses résultats financiers, Deutsche Telekom n’est d’ailleurs pas forcément pressé de revendre sa filiale américaine : T-Mobile a en effet réalisé d’excellents résultats au deuxième trimestre de cette année.

T-Mobile

Ce n’est pas vraiment une surprise, Deutsche Telekom vient de repousser l’offre de rachat d’Iliad sur T-Mobile. À l’occasion d’une conférence téléphonique avec les actionnaires, relayée par Les Echos, Tim Höttges, le président du directoire de Deutsche Telekom a expliqué très clairement : « Nous avons toujours dit que nous sommes ouverts à toute offre pour T-Mobile US qui améliore sa position et celle de ses actionnaires (…) à l’heure actuelle, nous n’avons pas d’offre qui satisfasse ces conditions ». Autrement dit, l’offre d’Iliad n’est pas suffisante. Tim Höttges n’a d’ailleurs pas caché sa surprise lors de l’annonce de l’offre de Free : « l’offre d’Iliad nous a surpris » a-t-il expliqué.

De fait, si Xavier Niel désire réellement mettre la main sur T-Mobile, il va devoir revoir son offre initiale à la hausse. Car Deutsche Telekom peut se permettre d’attendre que de potentiels acheteurs se manifestent puisque les résultats de T-Mobile pour le deuxième trimestre de cette année se sont révélés excellents. Le troisième opérateur américain a gagné plus de 1,5 million de nouveaux clients au deuxième trimestre de cette année, permettant de dépasser la barre symbolique des 50 millions de clients. Son chiffre d’affaires est par ailleurs celui qui a vu sa croissance le plus grossir par rapport aux autres opérateurs américains sur le trimestre. Bref, Deutsche Telekom revend une société en pleine croissance.

De son côté, Iliad semble rechercher de nouvelles pistes pour formuler une seconde offre. Selon les rumeurs, Xavier Niel est actuellement en cours de discussion avec des fonds d’investissements et des câblo-opérateurs américains, et réfléchit à une nouvelle proposition. La défection de Sprint, hier, pourrait en effet lui permettre d’emporter plus facilement la mise. Deutsche Telekom, toujours via Tim Höttges, affirme de son côté que le retrait de Sprint n’est pas forcément un problème et qu’il existait de « nombreuses autres options » pour une cession sur le marché américain. Il ne reste plus qu’à attendre la réponse de Free pour connaître la suite des événements.