Très bien placé pour étudier les comportements mobiles sur ses réseaux, Ericsson publie son rapport portant sur le comportement des mobinautes et sur l’avenir du trafic data. Et livre une analyse intéressante des usages que nous ferons de nos smartphones.

Ericsson

Ericsson, l’équipementier spécialisé dans les réseaux, et désormais concurrent d’un Nokia en cours de fusion avec Alcatel-Lucent, livre son rapport sur les usages mobiles pour le mois de juin 2015. Outre ses observations liées à la répartition des nouvelles souscriptions à des abonnements mobiles – sans surprise, l’entreprise prévoit qu’il y aura plus d’abonnement à des smartphones à qu’à des téléphones basiques d’ici 2016 à l’échelle mondiale – il précise le comportement des mobinautes en matière de data. Rien que l’on n’imagine déjà, mais des précisions utiles à la clé.

En 2020, le trafic Internet mobile sera multiplié… par 10

D’après Ericsson, c’est à une véritable explosion du trafic data que l’on assiste aujourd’hui, la faute à une 4G en pleine expansion dans la plupart des pays occidentaux. L’équipementier relève une croissance du trafic de 12 % d’un semestre à l’autre et, entre le premier trimestre 2014 et le premier trimestre 2015, il observe une croissance du trafic data de 55 %. « Il faut toutefois remarquer qu’il y a de grandes différences dans les niveaux de trafic entre les marchés, les régions et les opérateurs », précise le rapport. Ericsson entrevoit une explosion du trafic data à l’horizon 2020, finalement assez proche : une multiplication par 10 du trafic data sur les smartphones, qui représenteront selon lui carrément 80 % du trafic data global (ordinateurs inclus). Son rapport n’envisage qu’une petite croissance de l’usage d’Internet sur les PC, tablettes et les routeurs dans les cinq prochaines années, et voit pratiquement disparaître les appels vocaux, stables, mais n’occupant plus qu’une place minime face à cette augmentation des autres usages. Le rapport relève un détail important. Selon ses prévisions, 45 % du trafic data provenant de smartphones sera localisé en Asie Pacifique, mais réparti sur un nombre d’abonnements beaucoup plus élevé que dans le reste du monde. Comprenez que chaque mobinaute y consommera 4 Go par mois tandis que, moins nombreux, ils consommeront en moyenne 14 Go en Amérique du Nord et 9,5 Go en Europe.

La vidéo, dévoreuse de data

Consommation vidéo

Une augmentation du trafic en perspective, on sait comment, mais pour quoi faire ? Ericsson prédit que 60 % du trafic mobile sera accaparé par les vidéos, avec une augmentation annuelle de 55 % ces cinq prochaines années, et une multiplication du trafic par 13. 60 % du trafic contre 45 % en 2014, cela ne semble pas grand-chose… mais il faut se rappeler qu’avec une multiplication par 10 du trafic sur les smartphones, cela représente des Go en pagaille. Autres grands consommateurs de data, les réseaux sociaux vont également faire partie des plus grands consommateurs de data mobile. Ericsson confronte cette donnée au format des terminaux mobiles et, sans surprise, les propriétaires d’appareils de plus de 5,5 pouces dépassent de loin la moyenne de consommation de vidéos des mobinautes dans leur ensemble.

Petit nombre, grosse consommation

Consommation data

Cette consommation est-elle à ce jour répartie équitablement ? Pas franchement, selon les données d’Ericsson. D’après lui, les 10 % des mobinautes les plus gourmands en data génèrent 55 % du trafic, et les 20 % des plus gros consommateurs en utilisent environ 70 %. Quant aux abonnés à des petits forfaits à moins de 100 Mo, il ne représentent qu’environ 1 % du trafic, tandis qu’ils comptent pour 35 % des abonnés. La moyenne, quant à elle, s’établit entre 1 et 5 Go par mois « sur les réseaux avancés qui ont été mesurés », et seulement sur des appareils Android. En toute logique, ces gros consommateurs visionnent 20 fois plus de vidéos que leurs comparses plus modérés, et les plus fous (qui dépensent plus de 100 Go par mois) consacrent environ 20 % de leur enveloppe data à des transferts de fichiers. Un point commun entre tous : les mobinautes sont généralement particulièrement actifs pendant les grands événements sportifs. De rendez-vous connectés incontournables, en somme.