
Pendant quatre ans, Midjourney a appris au monde entier une seule chose : taper une phrase, obtenir une image. Le 17 juin, son fondateur David Holz a présenté tout autre chose. C’est sans doute un des pivots les plus impressionnants.
Un scanner corporel à ultrasons, baptisé Midjourney Scanner, censé photographier l’intérieur du corps en une minute. David Holz a lui-même reconnu que ça n’a plus grand-chose à voir avec les images de chats que produit son IA.
Le principe : on monte sur une plateforme qui descend dans un bassin d’eau, le long de rails. Le corps traverse alors un anneau de capteurs immergés.

Ces capteurs envoient des ondes ultrasonores sous tous les angles, puis enregistrent comment elles ricochent dans les tissus, un peu comme l’écholocation d’un dauphin.

À partir de ces échos, le système reconstruit une image 3D des muscles, de la graisse, des os et des organes. D’après Engadget, le projet est piloté par Ahmad Abbas, recruté fin 2023 après avoir travaillé sur le casque Vision Pro chez Apple. Une douzaine de personnes auraient déjà été scannées.


Jusqu’au 28 juin, profitez de 15 % de réduction sur le preneur de notes IA le plus avancé au monde. Il enregistre vos réunions, les transcrit et les synthétise pour vous : il suffit d’appuyer sur un bouton. Déjà plus d’un million d’utilisateurs !
Une IA d’images qui ne sert quasiment à rien ici
Premier point qui dérange : la technologie n’a presque rien à voir avec l’IA générative qui a fait la réputation de Midjourney.
La brique de base vient d’ailleurs. Midjourney a signé en novembre 2025 un accord de licence exclusive avec Butterfly Network, une société spécialisée dans l’échographie sur puce, qui mise des transducteurs directement sur un semi-conducteur.
Selon le communiqué de Butterfly, Midjourney paie 15 millions de dollars (environ 13 millions d’euros) à la signature, plus 10 millions de dollars par an (environ 9 millions d’euros) sur un contrat de cinq ans, avec des paiements supplémentaires possibles.
Chaque machine utilise 40 modules de capteurs fournis par Butterfly. L’IA maison de Midjourney sert surtout à reconstruire et à segmenter les images obtenues, pas à les inventer. The Verge le résume bien : même après la présentation en direct, on peine à voir le lien réel entre le générateur d’images et ce scanner, au-delà d’un débouché pour de la puissance de calcul inutilisée.
Le marketing va plus vite que la physique
Midjourney parle d’« Ultrasonic CT » et promet une qualité d’image comparable à une IRM. Les deux formules posent problème.
Un CT, c’est un scanner à rayons X, or l’appareil n’utilise aucun rayon X, mais des ultrasons. Et une IRM fonctionne avec des champs magnétiques, pas du son.
Autrement dit, le nom mélange trois technologies différentes. David Holz est allé jusqu’à suggérer que ces scans pourraient un jour dépasser l’IRM, sans radiation ni aimant. Pour l’instant, aucun radiologue indépendant n’a validé ces affirmations de résolution.
Côté ambitions, l’entreprise vise plus de 50 000 scanners déployés d’ici 2031 et un milliard de scans par mois. Le premier lieu public sera le Midjourney Spa, prévu à San Francisco fin 2027, avec dix machines installées au milieu de saunas, de bains froids et de jacuzzis.
Pour éviter le mur réglementaire, Midjourney commence prudemment : pas de diagnostic médical au lancement, seulement des « cartes de composition corporelle », sans prétention de détecter une maladie. C’est le même créneau que des services d’IRM corps entier comme Prenuvo, qui restent dans la case « bien-être » pour ne pas dépendre d’une autorisation de la FDA, l’agence américaine du médicament.
L’idée d’un examen rapide, sans radiation et accessible a de quoi intéresser. Mais entre un prototype testé sur une douzaine de personnes et un appareil médical fiable et validé, le chemin est long, et le vocabulaire choisi par Midjourney brouille déjà les pistes. Et le milieu médical nécessite beaucoup d’études avec des données indépendantes, mieux vaut traiter le scanner comme une démonstration spectaculaire plutôt que comme un futur outil de santé. Mais sait-on jamais…
Abonnez-vous à Frandroid sur Google pour ne manquer aucun article !

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.